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Rencontres d'âmes

  • 9 décembre - Ruca Hueney

     

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    A Omar, Estella, Carlos, Pepito...
    A Andrea y Mate Cocido...
    Y sobre todo a los niños de Lujan!

     

    Une volée d'enfants qui crient, jouent, batifollent, puis se rangent enfin pour se rendre à l'école, une salle aux usages multiples et variés où l'on vient de servir du pain, des oeufs, du lait. Miracle quotidien, il y a de quoi manger. L'effacé cuisinier est l'homme du miracle, il fait tout avec rien, il faut voir le spectacle d'immenses casseroles remplies jusqu'à ras-bord, pour nourrir les enfants, les petits, les trésors...

    Un gamin de treize ans récupère un petiot, qui était à la traîne et braillait un peu trop, il le prend dans ses bras, le rassure à moitié, tu es là pense-t-il, donc le plus dur est fait, t'es vivant, t'es sauvé, t'as quitté le quartier. T'es perdu, comme moi, mais viens je t'apprendrai à vivre solidaire dans la communauté. Il ne faudra pourtant pas vouloir qu'une mère te prenne dans tes bras et t'offre son amour, j'ai connu moi aussi cette sourde colère, de savoir mes parents disparus pour toujours.

    Un Christ bientôt s'approche, nous offre l'abrazo de son regard tranquille, douceur déterminée. Omar est le pilier qui porte le foyer, avec le regard fier et sans courber le dos. Pourtant le poids est là, et la tâche est immense, pour guider vers demain ces enfants sans défense. Estelle à ses côtés n'était pas là hier, elle courait le quartier, à chasser la misère. Carlos nous a conduit, nous a fait visiter, par ici les cochons, par là le poulailler, ici quelques paillasses, là-bas un atelier. Ils veulent démontrer que la vie est possible même si à nos yeux, elle paraît impossible.

     

    Ils sont bientôt soixante à vivre nuit et jour dans ce coin de Lujan, ce hâvre au bon secours. Un s'approche de moi, s'accroche et je soupire quand sa face fragile s'éclaire d'un sourire. Un me tend ses lunettes et veut les partager, comme s'il me donnait un gage d'amitié. On partage un repas, on comprend que c'est dur d'aider tous ces enfants à forger un futur.

    Une main à la poche, une main sur le coeur, notre aide est dérisoire, nos tripes sont en pleurs, mais nous continuons à nous croire appréciés, du côté du foyer qu'on nomme Ruca Huaney.

    Kronik, 10 décembre 2009

  • Gentleman danseur...

     

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    C'est le plus grand des danseurs,

    Oui et c'est un gentleman,

    Il s'empare de vos coeurs,

    Sans vous menacer d'une arme...

    Bon anniversaire, Roger !

  • 13 mars (bis)

    Anniversaire Elisa - small files-6.jpg


    D'anniversaire en anniversaire, d'Elisita en inglesita, passent les mois, passent les jours qui nous séparent de notre rencontre, enfin !

    Bon anniversaire Sylvia !

    Almatangueri e tutti quanti !

    PS - Pour ses 18 ans, elle travaillait ici. Curieux, ce qu'on trouve sur Internenettes !


  • 28 juin

    Ainsi s'approche l'été et les regards se tournent vers de nouveaux rivages... Mais avant de partir, si nous dansions ensemble une dernière fois, avant que l'automne ne nous rassemble de nouveau pour une farandole aux couleurs ocrées ?

    Ce fut une belle milonga, où Martin et Nicolas, fueye y guitarra, Lucila y Joe, baile y armonica, tissèrent des partitions pour en faire des manteaux de lumière...



  • 29 avril

    À l'abri d'un muret il prenait le soleil et contemplait le lac, la vigne et ses merveilles. Je demandai son nom, crus entendre "Voyage" mais ce n'était que vent, bruissant dans le feuillage...

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  • 22 avril (2)

    Il est des nuits sublimes qu'il faut avoir chantées lorsqu'un éclair illumine un spectacle et sa beauté...

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  • 8 avril 2008

    La nuit... Encore la nuit, qui me hante, m'accompagne et dans laquelle je me réfugie. À en oublier la lumière, cavernicole hideux aux couleurs émoussées. Je la parcours sans fin, perdu, tel un bateau sur son erre, amarres arrachées par un vent capricieux.

    Je me livre en esclave à la nuit qui me happe, pour oublier le jour et ses chemins fanés...

    Et puis soudain, tel l'arbre glissant en aube et aurore, je laisse passer entre mes branches endormies, le long de mes doigts gourds, quelques nobles rayons...

    Car tu es là, qui me sort de mon trou, souriceau égaré, mulot désemparé... Et le chemin est là, et la route tracée, tu m'as montré la voie.

    Dix-huit aujourd'hui, que pour la première fois, je vous aperçus, ma Brune...

    Et encore ce soir, vous brillez sur ma route, comme un éclair de lumière sur une page en feu.

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  • 4 mars... À Nicole

    Elle m’a dit aimer sa famille de cœur, errance du voyage et réconfort des pleurs

    La vie est ainsi faite de hasard, de rencontres, allez viens te blottir, ici, tout près, tout contre

    On s’est tenu la main, on a chanté des psaumes, pour saluer Merlin, ce drôle de bonhomme

    Ce voleur de mémoire qui t’a charmée un jour, ce mangeur de sourires, que t’as aimé toujours

    Il est loin ce matin, le chemineau sanglote, ton corps soudain s’effondre et tout en toi grelotte,

    Nicole, prends ma main, et donne à Roger l’autre, on sera tes bergers, on sera tes apôtres…

  • 15 février - À Philippe

    Tu m’as prêté ta guitare, je t’ai offert ma voix, tu voulais un peu d’espoir, tu souhaitais un chant de joie. Tu connus les grands du monde et la foule des grands soirs puis des douleurs bien plus sombres lorsqu’on pleure dans le noir.

    J’ai tissé deux-trois arpèges sur un rythme du grand Georges, j’ai oublié mon solfège, les mots sont restés dans ma gorge mais j’ai fait un grand sourire, le courage m’est revenu et de larmes en soupirs, je crois que tu m’as entendu.

    Un grand homme s’est levé pour danser à ta mémoire et sa blonde l’accompagnait pour combler son mal estar, ils ont fait trois pas intenses en tournant autour de toi, nous les suivions dans la danse, en priant, priant pour toi.

    J’ai reposé la guitare et je n’avais plus de voix, mais j’ai bien trouvé l’espoir si j’attends encore la joie. Demain je courrai la planète mon chemin s’en va là-bas, au retour de cette quête, j’irai saluer ton papa.

  • 29 janvier

    L’homme marche d’un bon pas.

    Malgré lui, il jette néanmoins un coup d’œil de temps en temps sur le côté, comme pour s'assurer que son nouveau compagnon ne le lâche pas. Car il sent bien que ses forces l’abandonnent parfois, au détour d’une image, d’un souvenir, d’un objet familier qui vous crie soudain tout l’amour que vous portez au fond de vous, bien caché derrière la routine d’un quotidien trompeur.

    Je souris encore. Je rassure ? Peut-être. Je ne sais pas vraiment. Mais je suis là. C’est pas grand-chose… mais c’est un peu de moi qui accompagne l’homme qui marche, le chemineau. Je l’accompagne même si je suis encore ici, au pied de cette même cime depuis laquelle il contemplait la vallée et si lui ce soir pleure au loin dans la nuit phocéenne. Il sait que je suis là qui veille à son côté.

    Et tout d’un coup je lui parle à l’oreille. Je lui parle du petit. Car je l’ai connu le minot ! Vous voulez savoir ? Les chiens ne font pas des chats. Ce regard pétillant, malgré la souffrance. Ce verbe haut et fort, ce charme et cette gouaille. Ce geste large et généreux.

    En fait, vous voulez que je vous dise vraiment ? Ce qui m’a frappé, chez vous deux, c’est cette exubérante générosité. Un beau garçon que t’as eu là, mon chemineau.

    Mais le vent s’est levé sur la cime… Une plainte qui faiblit puis renaît. Un souflle rauque, un sanglot ? Tiens, mon chemineau. Pose ta main sur mon épaule. Tu as besoin de souffler un peu.

    Je pense à vous.

  • 27 janvier - A Roger, à Philippe

    De l’autre côté de la colline, le ciel est différent… peut-être parce que nos regards sont guidés vers le nord par la longue ligne du Jura qui glisse peu à peu vers l’horizon pour se fondre, au-delà des brumes, dans un univers inconnu : là-bas.

    Debout sur la crête, face au lac, un homme se dresse, malgré ses épaules un peu affaissées. Le voyage a été long et, à ses pieds, le sac qui l’accompagne semble lourd, si lourd. On ne sait si l’homme marque une simple pause ou s’il réfléchit au but de son voyage.

    Se serait-il trompé ? La route qu’il a prise pour arriver jusqu’ici, sur cette cime entre hier et demain, certes tortueuse, lui a semblé la seule possible, ou à tout le moins la seule qu’il se sentait la force de parcourir. Et ce sac, ce sac qui sans cesse pèse sur ses épaules, ne lui a pas facilité la tâche, jour après jour.

    Ce matin, une nouvelle lui est parvenue, d’au-delà de l’horizon, mais au sud, cette fois. Un enfant – son fils, avait voulu l’aider à vider ce sac. Il avait pensé que son souvenir prenait trop de place dans le sac de son père. Alors, pendant la nuit, quand la ville dormait, il a volé le lourd carnet de son existence, que son père gardait soigneusement enfoui au fond du sac.

    C’est comme ça les enfants, ça fait des bêtises parfois.

    L’homme se penche, le sac est là, toujours aussi lourd. Si l’enfant n’est plus à ses côtés, son âme est bien là, qui prend presque toute la place au fond du sac. L’homme sourit, tendre pensée pour son enfant, là-bas, au sud. Il est pardonné, le petit.

    Je me suis approché, porté par son sourire et par celui de ma Brune, qui me poussait à aller de l’avant. Approche, disaient ces deux regards.

    Nous avons peu parlé. On est comme ça, tous les deux. Mais à deux justement, les sacs sont moins lourds. Alors, on a décidé de faire le reste du chemin ensemble. C’est mieux. Même si on parle peu.

  • Amis, merci !

    Hier je rencontrai la lune, qui me dit
    Vois, toi qui te pensais en solitude, combien d'amis
    Ont parcouru avec toi le chemin de tes nuits !

    Tel pensait, quand bien même ce sera la Bretagne
    C'est décidé aujourd'hui je l'accompagne.
    Tel songeait, je vais toucher deux mots à sa compagne,
    Elle me soufflera que lui dire, entre deux gouttes de champagne.

    Un troisième plus inspiré, a un discours tout préparé
    Mais l'émotion soudain l'emporte et il a la voix qui grelotte, brisée
    Et c'est bientôt enlacés que l'amitié fut exaltée !

    Amis, comment vous dire que ces messages
    Ont représenté bien plus que tous les paysages
    Et que ces mille émotions sur vos visages
    Me resteront comme le plus beau de mes voyages ?

    Vous m'avez suivi jusqu'à la cinquantaine
    Le cheveu rare, plus abondante la bedaine,
    Et les chaussures rouges... au fond de la benne !

    Amis, merci !

    Amis, je vous dédie ce petit poème,
    Un peu ma façon à moi de dire je t'aime
    Dans la famille dont je suis issu
    Il n'est pas fréquent de mettre son coeur à nu

    KroniK
    pour un vieil ami danseur... et ses amis !

  • Un retour pour un départ

    J'ai délaissé enfin les routes africaines pour retrouver tantôt les berges du Léman. Je croyais au retour de ces contrées lointaines m'assoupir fatigué, deux secondes, un instant. C'est compter sans la vie qui souvent nous taquine, et se joue de nos âmes de son humeur badine...

    Vous pensiez mon silence symbole de vacances ?

    De mission prolongée, de retraite inspirée, d'un saut discret là-bas, ce village de France où tout est réuni pour croquer sans vergogne aux plaisirs de la chère, aux joies de la Bourgogne ? Amis, si vous saviez, combien vous aviez tort... J'ai retrouvé Genève mais j'ai perdu le Nord.

    Me voici de retour mais toi tu es parti. Une porte entrouverte, deux piles de dossiers, aux murs quelques photos, je te vois qui souris, souvenirs de rencontres, blessure ravivée. Depuis plus de dix ans, contre vents et marées, nous luttions de concert, vraie solidarité. Je sais, tu n'es pas mort, mais le deuil est bien là ! C'est bien une autre page qui s'écrira demain, dans ta longue carrière au profit du prochain. Mon nom n'y sera pas, ni mon sourire las.

    Mon silence était bien symbole de vacance...

    Tu me manques déjà, un peu comme l'enfance qui doit un jour partir mais que par nostalgie, nous remplaçons souvent par la mélancolie. À bientôt, mon Venen, pardonne-moi ces larmes, je retrouve dès demain mes héros, leurs alarmes. Je cesse de pleurer ton départ solitaire, où que tu sois Venen, tu resteras mon frère !

    KroniK

  • Chez moi

    C’est chez moi, ici
    dit l’un
    la terre de mes ancêtres
    dit l’autre
    le sanctuaire de ma foi
    un autre encore
    le symbole de ma puissance
    un autre
    ma nation souveraine
    un autre
    l’école de mes enfants
    un autre
    un jardin pour ma famille
    un autre
    un havre après l’exil
    un autre
    j’y ai retrouvé mon père
    un autre
    nous vivions en paix
    un autre
    nous cultivions les champs
    un autre
    nous écoutions leurs chants
    un autre
    notre seul espoir
    un autre
    un champ de mine
    un autre
    voilà tout ce qui reste
    un autre
    nous avons tout détruit
    un autre
    ce n’était même pas chez nous
    dit l’un
    un enfant pleure
    dit l’autre
    une mère se lamente
    un autre encore
    un soldat meurt
    un autre
    une femme
    une autre
    un enfant
    un autre
    un homme aussi
    un autre
    un autre
    un autre
    un autre
    un autre
    un autre
    un autre

  • Insomnie

    L’éternité
    n’est qu’un souffle
    face à la nuit
    qui me traîne
    d’étoiles mortes
    faibles lueurs
    en aube grise

    J’attends
    le repos
    glisse s’évade
    le corps meurtri
    alangui
    faiblesse terne
    décharnée

    Tu dors
    unique fil
    qui me relie
    à ce monde
    étrange
    qui entoure
    notre lit

    Où est la porte
    la voie
    j’ouvre les yeux
    le noir encore
    en moi ce mal
    rongeur
    avide

    Vide mon cœur
    vide ma nuit
    vide mon âme
    flamme soufflée
    par l’éternité
    de cette nuit
    encore attendre