15/12/2009
14 décembre
Voici donc quelques mois, plutôt quelques semaines, qu'ils doivent affronter un délicat problème, qui dans leur vie paisible soudain s'est immiscé, comme trait dans leur coeur, dans leur mare un pavé. Ils font des ronds dans l'eau, enfin dans le salon, où un prof de tango les fait tourner en rond...
Inspirés par l'exemple de leur Brune adorée, enfin un beau matin tous deux se sont lancés, et nous sommes heureux de pouvoir annoncer que Mona y Chucho se sont mis à danser !
Que viva el tango argentino!
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10/12/2009
9 décembre - Ruca Hueney
A Omar, Estella, Carlos, Pepito...
A Andrea y Mate Cocido...
Y sobre todo a los niños de Lujan!
Une volée d'enfants qui crient, jouent, batifollent, puis se rangent enfin pour se rendre à l'école, une salle aux usages multiples et variés où l'on vient de servir du pain, des oeufs, du lait. Miracle quotidien, il y a de quoi manger. L'effacé cuisinier est l'homme du miracle, il fait tout avec rien, il faut voir le spectacle d'immenses casseroles remplies jusqu'à ras-bord, pour nourrir les enfants, les petits, les trésors...
Un gamin de treize ans récupère un petiot, qui était à la traîne et braillait un peu trop, il le prend dans ses bras, le rassure à moitié, tu es là pense-t-il, donc le plus dur est fait, t'es vivant, t'es sauvé, t'as quitté le quartier. T'es perdu, comme moi, mais viens je t'apprendrai à vivre solidaire dans la communauté. Il ne faudra pourtant pas vouloir qu'une mère te prenne dans tes bras et t'offre son amour, j'ai connu moi aussi cette sourde colère, de savoir mes parents disparus pour toujours.
Un Christ bientôt s'approche, nous offre l'abrazo de son regard tranquille, douceur déterminée. Omar est le pilier qui porte le foyer, avec le regard fier et sans courber le dos. Pourtant le poids est là, et la tâche est immense, pour guider vers demain ces enfants sans défense. Estelle à ses côtés n'était pas là hier, elle courait le quartier, à chasser la misère. Carlos nous a conduit, nous a fait visiter, par ici les cochons, par là le poulailler, ici quelques paillasses, là-bas un atelier. Ils veulent démontrer que la vie est possible même si à nos yeux, elle paraît impossible.
Ils sont bientôt soixante à vivre nuit et jour dans ce coin de Lujan, ce hâvre au bon secours. Un s'approche de moi, s'accroche et je soupire quand sa face fragile s'éclaire d'un sourire. Un me tend ses lunettes et veut les partager, comme s'il me donnait un gage d'amitié. On partage un repas, on comprend que c'est dur d'aider tous ces enfants à forger un futur.
Une main à la poche, une main sur le coeur, notre aide est dérisoire, nos tripes sont en pleurs, mais nous continuons à nous croire appréciés, du côté du foyer qu'on nomme Ruca Huaney.
Kronik, 10 décembre 2009
22:37 Publié dans Au jour le jour, Notes de voyage, Rencontres d'âmes | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
07/12/2009
7 décembre
C'est une grande salle travaillée à l'ancienne aux colonnes dressées de facture italienne, un carré harmonieux à la grandeur lassée par un siècle d'usure et un trop lourd passé qui nous attend dimanche non loin dans le quartier.
Le poids des ans est là et le danseur courbé, le geste moins précis, le pas précipité. La danseuse recherche ce vestige oublié, la splendeur des années où elle triomphait, son sourire éclatant sur profond décolleté...
S'ils ont le pas trop gourd, le coeur est plus léger, ils sourient à la ronde comme des écoliers ce jour de premier bal, de première récré, tropical ou tango, les rythmes surannés, les poussent vers la piste, et filles de tourner.
Un peu de leur histoire, hier j'ai visité, dans ce bal populaire, aux saveurs oubliées, il est bon de savoir ce qu'ils ont traversé, ces anciens, ces anciennes avec qui j'ai dansé, disons j'ai discuté, disons j'ai partagé...
16:13 Publié dans Au jour le jour, Chroniques ¡Tango! | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : poésie;littérature;nostalgie
06/12/2009
6 décembre
14:54 Publié dans Au jour le jour | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
02/12/2009
2 décembre

Elles sont alignées comme des enfants sages alors que dans leur coeur gronde un puissant orage contre un miroir sans fin qui renvoie leurs images, violon, viole, piano, bandonéon sauvages...
Ils sont très élégants, d'autres moins habillés, mais comme les danseuses, tout aussi alignés, faisant face à ces dames comme un mâle reflet de leur passion commune, s'enlacer et danser...
Ce n'est pas à Corrientes, son 3-4-1 fameux, mais bien à Maipu, par un mardi pluvieux, que nous dansâmes hier sous les regards curieux d'une foule en colère, manisfestants furieux.

Quand la rue noire crie, assourdissants tambours, quand le peuple s'éveille pour réclamer secours, quel étrange spectacle que les trois petits tours, de couples arrachés à la vie... pour l'amour.
Pourtant à l'unisson battent les coeurs portègnes et c'est un même sang qui coule dans leurs veines, si l'un exprime hurlant son malheur, sa déveine, l'autre avoue en dansant, l'infini de ses peines.
Kronik, 1er décembre 2009 (Buenos Aires)
12:25 Publié dans Au jour le jour, Chroniques ¡Tango! | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note











