01/11/2009
1er novembre 2009
12:13 Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : poésie;littérature;nostalgie
27/10/2009
27 octobre
La maison est bien vide, poussières de silence, la maison est bien grande, fragments de ton absence. La nuit est bien trop longue, nuages de fragrance, encore un jour sans fin à l'infinie béance...
20:23 Publié dans Au jour le jour | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
19/10/2009
17 octobre (bis)
Incrédule, il observe l’écran plat devant lui. Il attendait pourtant ce message, il en rêvait même la nuit. Combien de nuits, d’ailleurs ? Combien de fois, à quatre heures du matin, s’était-il déjà retrouvé, imbécile, dans sa cuisine, à tourner en rond et à broyer du noir yeux grand ouverts ?
Mais aujourd’hui, le cauchemar l’a rattrapé. Juste un message sur ce maudit ordinateur ! Pas un mot, pas un chef pour le recevoir, pas un geste. Où sont-ils les chefs, d’ailleurs ? Derrière d’autres écrans ou, comme lui, à tourner en rond dans leurs cuisines, lorsque les démons du silence deviennent trop lourds à affronter ? Plutôt derrière des claviers sans doute, à distribuer leurs messages dévastateurs…
D’un geste sec, en un sursaut, il appuie sur la touche « Effacer ». Le message disparaît. Un autre s’affiche. Un client le remercie pour sa disponibilité et sa gentillesse. Il éclate en sanglots. Heureusement, il est venu tôt, pour faire face à la charge de travail toujours plus lourde, aux trajets toujours plus longs. Il n’aura pas en plus à subir la honte de craquer devant les collègues.
Soudain trop las pour se battre, il explore la corbeille de sa messagerie. Il replace le message, qui lui annonce sa mutation d’office dans un autre bureau à six cents kilomètres de là, dans la boîte d’entrée. C’est la troisième restructuration, le troisième déménagement en vingt mois.
Alors qu’il baisse la tête et que ses épaules s’affaissent encore un peu plus, ses yeux tombent sur une touche du clavier : « Echappement ». Il jette un coup d’œil à la photo de son ex-femme et de ses enfants, perdus au cours de ces mutations successives. Il se lève, quitte son module de travail, traverse la plateforme de bureaux paysagers.
Ouvre la fenêtre.
Saute.
France Télécom – ou devrais-je dire Orange, avec un petit accent anglais pour montrer que je suis branché ? – France Télécom, disais-je, non contente d’avoir brisé une famille, viens d’envoyer son vingt-cinquième employé à la mort.
D’un simple message de trois lignes sur un écran d’ordinateur.
08:30 Publié dans Au jour le jour | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
17/10/2009
17 octobre
Incrédule, il observe l’écran plat devant lui. Il attendait pourtant ce message, il en rêvait même la nuit. Combien de nuits, d’ailleurs ? Combien de fois, à quatre heures du matin, s’était-il déjà retrouvé, imbécile, dans sa cuisine, à tourner en rond et à broyer du noir yeux grand ouverts ?
Mais aujourd’hui, le cauchemar l’a rattrapé. Juste un message sur ce maudit ordinateur ! Pas un mot, pas un chef pour le recevoir, pas un geste. Où sont-ils les chefs, d’ailleurs ? Derrière d’autres écrans ou, comme lui, à tourner en rond dans leurs cuisines, lorsque les démons du silence deviennent trop lourds à affronter ? Plutôt derrière des claviers sans doute, à distribuer leurs messages dévastateurs…
D’un geste sec, en un sursaut, il appuie sur la touche « Effacer ». Le message disparaît. Un autre s’affiche. Un client le remercie pour sa disponibilité et sa gentillesse. Il éclate en sanglots. Heureusement, il est venu tôt, pour faire face à la charge de travail toujours plus lourde, aux trajets toujours plus longs. Il n’aura pas en plus à subir la honte de craquer devant les collègues.
Soudain trop las pour se battre, il explore la corbeille de sa messagerie. Il replace le message, qui lui annonce sa mutation d’office dans un autre bureau à six cents kilomètres de là, dans la boîte d’entrée. C’est la troisième restructuration, le troisième déménagement en vingt mois.
Alors qu’il baisse la tête et que ses épaules s’affaissent encore un peu plus, ses yeux tombent sur une touche du clavier : « Echappement ». Il jette un coup d’œil à la photo de son ex-femme et de ses enfants, perdus au cours de ces mutations successives. Il se lève, quitte son module de travail, traverse la plateforme de bureaux paysagers.
Ouvre la fenêtre.
Saute.
France Télécom – ou devrais-je dire Orange, avec un petit accent anglais pour montrer que je suis branché ? – France Télécom, disais-je, non contente d’avoir brisé une famille, viens d’envoyer son vingt-cinquième employé à la mort.
D’un simple message de trois lignes sur un écran d’ordinateur.
10:33 Publié dans Cris ! | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : france telecom, orange
13/10/2009
13 octobre
Voici le vent coulis qui notre peau lacère, qui chasse les oiseaux vers d'autres hémisphères, qui ocre les feuillages des forêts alentours et du profond hiver annonce le retour…
Voici la bise noire qui fauche le plateau, qui couche les cyprès et poursuit les troupeaux, qui pose sur les routes un long manteau brillant et des milliers d’étoiles crochées au firmament…
Voici le Joran fou qui dévale l’alpage, qui pousse les voiliers bien trop loin du rivage, qui creuse sur le lac des rides torturées, et les marins transis soudain de menacer…
Voici venues du nord des bourrasques glacées, qui frappent ma demeure, font frémir le clocher, qui hurlent dans ma tête à la faire exploser, je n’aime pas le vent, lorsqu’il se veut mauvais…
Image Franck Cortot
11:38 Publié dans Au jour le jour | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : poésie, littérature, nostalgie












