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20/09/2010

J1F - 1

Tout a commencé en 92, près de la Place d'Alésia, dans le XIVème. J'étais à Paris dans le cadre d'un accord d'échange entre les polices française et helvétique. La confédération s'était alors tournée vers les cantons francophones et la délégation comprenait un fribourgeois et plusieurs genevois, dont moi-même. Ce premier voyage devait être essentiellement une visite de courtoisie, plus tournée vers le tourisme et les cocktails de bienvenue que vers le travail en profondeur.

Néanmoins, mon "binôme" français, un certain Albert Legendre, fut appelé sur une affaire de rixe entre SDF et m'invita à le suivre. C'est là qu'on est tombé sur les cadavres de la rue Vercingétorix...

Il nous ne fallut que quelques minutes pour comprendre que quelque chose clochait dans le chaos de cartons, de bouteilles, de vêtements, de caddies et d'objets hétéroclites et divers qui entourait les deux cadavres. Legendre s'approcha de moi.

- Qu'est-ce que t'en penses ?

- C'est pas croyable. Combien de temps as-t-il eu pour...

- Pour décorer ? C'est le mot que tu cherches, n'est-ce pas ?

- Oui, c'est ça. Tout ce fouillis est ordonné autour des cadavres. Normalement, on aurait du les trouver autrement.

- On l'appelle "le décorateur". C'est la troisième fois qu'il frappe cette année.

- Bordel de merde. Ce gars est cinglé. C'est pas un décorateur, c'est un sadique...

08/09/2010

J1F - Prologue

J'ai décidé d'ouvrir ce carnet pour plusieurs raisons. D'abord, parce que cela m'a été conseillé : il paraît que cela m'aidera à "chasser mes fantômes" ou à soulager mes angoisses. En français courant, disons que cela m'aidera peut-être - enfin ! - à dormir la nuit.

Voilà bientôt vingt ans que je ne dors plus. Certes, je dors sans doute, sinon je serai probablement mort depuis. Mais ce qui est sûr, c'est que je ne dors plus sans "assistance", qu'elle soit pharmaceutique... ou alcoolique.

J'y ai laissé ma femme et nos deux gosses, la plupart de mes amis. Et je commence à perdre l'appui de mes collègues, sans parler de mes supérieurs, qui sont tout aussi fatigués que moi mais qui s'accrochent encore à leurs lambeaux de vie.

Pourquoi tout ça ? Parce que depuis cette sauvage agression de la Rue Vercingétorix je poursuis le même prédateur, la même bête immonde, qui m'échappe le jour et me hante la nuit.

Je lui ai donné un nom : le sadique des Halles.

Mais je vous le dit : tout le monde commet des erreurs. Depuis 1992, je traque les siennes. La sienne, devrais-je dire. Car jusqu'à présent, sa copie est parfaite.

Mais j'en suis sûr, tout le monde commet des erreurs. Même lui finira par laisser une trace, un indice.

07/09/2010

J1S - 2

La police est généralement bien aidée par la majorité des sadiques qui sont aussi des crétins.

Quand leur appétit, sexuel ou morbide, les pousse vers des parcs isolés ou des ruelles sombres, ils ont tendance à sauter sur la première proie qui leur convient. Animaux à l'affut, ils foncent tête baissée, assouvissent leurs pulsions, abandonnent leur victime et cherchent à se fondre de nouveaux dans l'épaisseur des taillis.

Mais, forts des traces multiples laissées par ces criminels peu aguerris, les forces de l'ordre ont tôt fait de remplacer les prédateurs en fuyards aux abois.

Mais je ne joue pas ce jeu-là. Si je choisis mes victimes au hasard, aucun de mes actes ne laisse de place à la chance. Je prépare mes plans avec le plus grand soin.

Jamais mes pulsions n'altèrent mon jugement. Je suis maître de mes choix et de mes mouvements en tout temps. Voilà pourquoi je n'ai jamais été inquiété, ni même approché, par le moindre policier.

Et je compte bien poursuivre ainsi mon chemin.

 

04/09/2010

J1S - 1

Je choisis mes victimes au hasard mais par n'importe comment. Je préfère d'ailleurs les appeler des proies, car je les repère toujours pendant le même rituel de chasse. Je déambule au hasard des rues jusqu’à trouver ce que je cherche.

Je n’ai pas de critère particulier, si ce n’est que la personne doit être seule au moment où je la croise et où je décide que c’est elle. Donc, si vous sortez toujours en groupe, vous n’avez pas de souci à vous faire ! A part ça, ni le sexe, ni l’âge n’ont d’importance même si, comme beaucoup de sadiques, je me suis fait d’abord la main sur des personnes plus fragiles, comme cette clocharde que j’avais croisée du côté de la Rue Vercingétorix en 1992...

En revanche, une fois la cible calée, je passe de la chasse à la guerre. Plus rien n’est fait à la légère. Ça peut prendre des mois, mais ça finit toujours par marcher !

Ah, vous vous retourner pour guetter par dessus votre épaule ? Vous avez bien raison, on n'est jamais trop prudent de nos jours !

01/09/2010

J1S - Prologue

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Je vous le dit : tout le monde commet des erreurs. Il n’y a aucune, je dis bien aucune exception à ce genre de règle. Et sûrement pas du côté des victimes. En fait, comment pourraient-elles échapper à leur inexorable destin, puisqu’elles n’imaginent même pas, sauf quand il est trop tard, qu’elles sont de futures victimes ?

Il faut dire que je change systématiquement de mode opératoire, afin de brouiller les pistes d'une part, et pour entretenir un certain niveau de créativité et d'excitation d'autre part. L'avantage, c'est que la police ne peut ni faire le lien entre les affaires, ni donner de consignes de sécurité à la population, puisque je n’utilise pas de profil type.

C’est vrai, vous m’intéressez tous. Et un jour ou l’autre, vous finissez par tomber dans mes griffes.

Délicieux sentiment, surtout lorsqu’on sait que l’on ne se fera pas prendre…

Ah, j'aime ce métier !