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Cris !

  • 17 octobre

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    Incrédule, il observe l’écran plat devant lui. Il attendait pourtant ce message, il en rêvait même la nuit. Combien de nuits, d’ailleurs ? Combien de fois, à quatre heures du matin, s’était-il déjà retrouvé, imbécile, dans sa cuisine, à tourner en rond et à broyer du noir yeux grand ouverts ?

    Mais aujourd’hui, le cauchemar l’a rattrapé. Juste un message sur ce maudit ordinateur ! Pas un mot, pas un chef pour le recevoir, pas un geste. Où sont-ils les chefs, d’ailleurs ? Derrière d’autres écrans ou, comme lui, à tourner en rond dans leurs cuisines, lorsque les démons du silence deviennent trop lourds à affronter ? Plutôt derrière des claviers sans doute, à distribuer leurs messages dévastateurs…

    D’un geste sec, en un sursaut, il appuie sur la touche « Effacer ». Le message disparaît. Un autre s’affiche. Un client le remercie pour sa disponibilité et sa gentillesse. Il éclate en sanglots. Heureusement, il est venu tôt, pour faire face à la charge de travail toujours plus lourde, aux trajets toujours plus longs. Il n’aura pas en plus à subir la honte de craquer devant les collègues.

    Soudain trop las pour se battre, il explore la corbeille de sa messagerie. Il replace le message, qui lui annonce sa mutation d’office dans un autre bureau à six cents kilomètres de là, dans la boîte d’entrée. C’est la troisième restructuration, le troisième déménagement en vingt mois.

    Alors qu’il baisse la tête et que ses épaules s’affaissent encore un peu plus, ses yeux tombent sur une touche du clavier : « Echappement ». Il jette un coup d’œil à la photo de son ex-femme et de ses enfants, perdus au cours de ces mutations successives. Il se lève, quitte son module de travail, traverse la plateforme de bureaux paysagers.

    Ouvre la fenêtre.

    Saute.

    France Télécom – ou devrais-je dire Orange, avec un petit accent anglais pour montrer que je suis branché ? – France Télécom, disais-je, non contente d’avoir brisé une famille, viens d’envoyer son vingt-cinquième employé à la mort.

    D’un simple message de trois lignes sur un écran d’ordinateur.

  • 11 février

    Il est tôt mais le muezzin a fait son oeuvre : je m'éveille dans un ciel de poussière, âcre et lourd devant un soleil tamisé. Le Caire est là qui m'observe par les meurtrières de ses maisons fermées...

    Il est temps de rompre le jeûne à ma manière, gazettes locales et fort café. Mais la tartine au miel reste suspendue lorsque mon geste se fige à la lecture d'un titre à la une, brandi comme un trophée:

    "Un troisième blogueur pro-Gaza arrêté au Caire par la police égyptienne."

    La liberté des Gazaouis exige-t-elle donc que l'on mette celle des Cairotes dans la balance des négociations ?

    Je n'ai plus faim...

  • CR#15

    Combien de coups sur le cèdre jusqu’à l’abattre à jamais ?
    Posez vos cognées, bûcherons sans vergogne !

  • CR#14

    Combien de souffrance l'homme portait-il, qui a frappé sans vergogne ?

  • CR#13

    Où est la morale, où est l'éthique... lorsque le mal-être des hommes les conduit à violenter des enfants ?

  • CR#12

    Je cherche en vain mes origines : de quel côté des Pyrénées, sur quelle rive de la Méditerranée ? Plus loin encore, peut-être ?

    Et pendant que je poursuis cette quête, celui qui sait bien mieux que moi d'où il vient me toise et me lance : "Sale étranger !"

  • CR#11

    Face au désespoir qui me hante, je ne vois que deux portes, deux chutes : dans l'inextricable complexité de l'art poétique, aux marges de la folie, ou dans l'insondable profondeur de notre amour.

    Refuge ou folie ?

    Quelle différence, en fait ?

    Je cherche encore...

  • Trente ans de vie pour battre la mort

    Un peu après 3h du matin, le 24 mars 1976, le général Jorge Rafael Videla consuisait un coup d'Etat et annoncait le renversement de la présidente Maria Estela Martinez de Peron, la veuve de l'ancien président Domingo Peron.

    Des dizaines de milliers d'Argentins se sont rassemblés vendredi sur la place de Mai, au coeur de Buenos Aires, pour marquer le 30e anniversaire du coup d'Etat militaire de 1976 et rendre hommage aux victimes de la "sale guerre" menée par la dictature. Ce rassemblement faisait suite à une cérémonie commémorative, durant laquelle le Président Kirchner jurait "Plus jamais!" en dévoilant une plaque commémorative dans une école militaire, en hommage aux victimes de ce qu'il a qualifié de "terrorisme d'Etat".

    A l'heure exacte de l'annonce du coup d'Etat, le 24 mars 1976, peu après 3h du matin, ils étaient des milliers rassemblés tôt vendredi sur la Place de Mai.

    Aujourd'hui vieillies, les Mères de la place de Mai, portant les mouchoirs blancs symboles de leur long combat pour connaître la vérité sur leurs enfants disparus, ont pris la place d'honneur sur la scène devant au moins 10.000 personnes qui ont applaudi les artistes reprenant les chants protestataires des années 70.

    La junte militaire argentine est resté au pouvoir jusqu'en 1983...

  • CR#10

    Laissons le dictateur disparaître avec les mêmes sentiments qui guidèrent sa vie.

  • CR#9

    Pour une plage, combien de favelas, pour un palace, combien de bidonvilles, pour une fortune, combien de miséreux ?

    Je vieillis... je n'arrive plus à détourner le regard assez vite.

  • CR#8

    J'ai vu tous les palais et les grands de ce monde, bu tous les élixirs, savouré tous les mets, j'ai goûté aux plaisirs, dansé toutes les rondes que la vie sait offrir à ceux qui sont bien nés, mais je n'oublie jamais ces terres plus profondes, celles où je suis né, où je fus élevé, et s'il est toujours vrai que notre terre est ronde, je suis enfant de peu, je suis fils d'ouvrier.

  • CR#7

    Pourquoi es-tu si loin alors que Buenos Aires nous invite à la milonga ?

  • CR#6

    Le jour se lève sur un São Paolo mouillé de brumes moites qui brouillent mon regard inquiet et cachent au loin les favelas et la misère qui se bat déjà, dès l'aube.

    Il n'y pas de nuit tranquille et la journée sera longue pour les oubliés du Brésil.

  • CR#5

    Une chanson d'amour s'élève dans la nuit. Au coin de la rue, la vieille pute du quartier s'ennuie... et chante la nostalgie de sa clientèle disparue, avec sa jeunesse, sur le long chemin qui conduit du passé à l'oubli.

  • CR#4

    Vous ne capturerez point mon âme métissée !