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Chroniques du Ponant

  • Regardez ces hommes, Monsieur !

    Je me souviens, ils étaient trois.

    J’avais quitté peu avant le grand hôtel du bord de mer où j’avais installé mes quartiers par le sentier qui, tournant le dos à la piscine et à ses grappes de touristes ivres de caipirinhas, descendait en pente douce vers la mer, traversait dangereusement le terrain de golf heureusement désert, puis une dernière rangée de résidences déjà délaissées par les nantis de la capitale, de Rio de Janeiro ou de São Paolo.

    Mars, la saison touche déjà à sa fin, là-bas.

    Mars, au Sud, c’est comme ici septembre, lorsque les gens du coin reprennent possession des lieux, lorsque le rythme frénétique de la saison estivale baisse avec le soleil sur l’horizon et l’arrivée proche de l’équinoxe, équilibre naturel qui redonne à l’homme la mesure du temps qui passe et l’envie de se poser, un instant, pour contempler le chemin parcouru.

    Mars, là-bas, c’est aussi le mois où les courants s’inversent, où les vents poussent depuis le Tropique du Capricorne les dernières eaux chaudes de l’été à la rencontre de celles, bien plus froides, qui remontent de l’Horn après avoir passé au large de l’Argentine et de l’Uruguay.

    Ce sont les eaux préférées des pêcheurs qui se retrouvent en fin de journée le long des plages de Bahia.

    Je me souviens, ils étaient trois.

    Pas de canne, pas de moulinet, rien, en apparence. Ou plutôt si. Ce geste, ce geste mille fois répété sans doute, un peu comme celui du semeur. Vous vous souvenez aussi, n’est-ce pas ? Ce geste ample, qui répartit le grain sur la terre ameublie, travaillée par le laboureur. Là-bas, c’est la ligne que l’on lance juste au-delà de la barre des rochers, là où les poissons aiment à se frayer un passage pour chercher pitance en fin de journée.

    La ligne va. Revient. Repart. L’index, posé sur le fil de nylon est l’œil du pêcheur qui observe la mer. Tu vois ces hommes, leurs mouvements ? C’est la nature qui les guide, les inspire, définit le rythme de leur vie.

    Il en est ainsi, à Bahia.

    Kronik

    13 mars 2005



  • Quel est ce phare, Monsieur ?

    Sur un rocher brun de la plage, je joue les rêveurs solitaires, les Robinson. Les derniers pas des badauds, bruyantes marmailles dominicales, parties de foot improvisées, barbecues de poissons et de crustacés, ont été effacés par le ballet des vagues sur l’estran.

    Sur ma gauche, ombre chinoise figée malgré le vent qui la pousse et le ressac qui l’attire, ma silhouette se donne des faux airs de penseur. À ma droite, au loin, avant-poste de la vie terrestre et de la turbulente nuit de Salvador, qui va dansant de masure en masure dans les ruelles du Pelourinho, le phare d’Itapuã veille à ce que ma songeuse solitude ne soit point troublée. Les passants s’immobilisent à cent pas : scrutent-ils l’horizon qui s’enfonce déjà dans le crépuscule, là-bas, ou observent-ils curieux cet improbable poète perché sur son rocher ?

    Je ne sais…

    Mais je n’entends déjà plus leur murmure, je suis encore plus loin par delà les flots que parcourent leurs regards, comme si ce soir la nature avait choisi de m’ouvrir des bras langoureux.

    Des rochers, je glisse vers le sable et, alors que mon ombre se fond de plus en plus dans le couchant, je me laisse couvrir les épaules de mer, de vagues, d’embruns, comme on le ferait d’une accueillante pelisse par un soir frileux, refuge duquel semble alors s’élever comptines et souvenirs de mes années d’enfance.

    Là-bas…

    Cette même plage. À ma droite alors, le phare d’Anglet la voisine, berceau de mes premières années. Mais l’ombre, où se cachait-elle, là-bas ? Elle se faisait taquine, joueuse, et c’est dans mon dos qu’elle se glissait lorsque, comme ce soir, j’observais déjà le couchant.

    Et que je rêvais de conquérir le monde et d’écrire quelques lignes un jour là-bas.

    Ici, sur la plage de Bahia.

    Kronik

    7 mars 2005



  • Quel est ce chant, Monsieur ?

    Étais-je aux aguets, en attente ?

    Sans doute…

    Ce sentiment était-il présent au fond de moi, prêt à s’ouvrir au premier signal ?

    Aussi.

    Une chose est certaine : une seule note aura suffi. Aussitôt, j’ai ressenti son souffle, humé son nostalgique parfum. Ah, nostalgie, comme tu sais faire vibrer les cordes de mon âme !

    Je descendais Florida, écoutant battre le cœur de la ville, la vie se déverser dans les boutiques et les cris des chalands. Malgré le tintamarre, le brouhaha, le tohu-bohu, le trafic, les passants, les grondements du ciel en cette fin de journée chaude, lourde, chargée de l’humidité poisseuse du Rio de la Plata, orage menaçant, malgré toute ces opportunités de distraction, de vol d’attention, de rapt de sentiments et le sourire des filles aimables, malgré la passante urbanité qui, à son corps défendant bien sûr, s’interposait, nous séparait ; malgré tout, j’ai perçu au loin cette respiration unique, haletante et triste à la fois, palpitant lamento.

    Il était posé sous un porche, entre les mains d’un musicien aux doigts jaunis par le tabac, aux dents noires de maté, au ventre noué par sa trop forte sensibilité aux émotions. Un linge sur les genoux, l’artiste aspirait la musique et l’air pollué de Buenos Aires, les mixait en une violente alchimie au travers des filtres combinés de son inspiration et de celle de son instrument et, ahanement du tâcheron à son œuvre, exhalait sa plainte, son tabac, les senteurs de son maté cocido, et toute l’histoire de sa vie en un seul trait.

    À l’ombre de la Plazuela de los Encuentros, je me suis assis près de Rodolfo, de sa route, de son bandonéon…

    … et de ses tangos.

    KroniK

    4 mars 2005



  • Venez à l’ombre, Monsieur !

    Sur l’eau, le soleil glisse et son reflet vient frapper mon visage. À l’abri d’une tropicale pergola, j’observe du coin de l’œil une famille vagabonde de gros lézards, iguane paresseux. Aux grains de raisin que lancent les badauds attablés, sur la terrasse, pour le café du matin, pas un regard, pas un pas, un geste. Puis soudain, claquement de langue, gobé le fruit, disparu ! Puis repus, léthargiques à nouveau.

    Le soleil poursuit sa course vers l’occident, lentement. Rien ne presse sous les tropiques. Il faut savoir être patient : attendre que l’ombre des palmiers maritimes vienne frôler le sable brûlant pour s’aventurer enfin sur la plage.

    Vos membres sont trop gourds, votre corps est trop lourd, chargé peut-être de ragoût de crevettes, d’huile de palme et de farine de manioc ? Pourquoi ne pas vous glisser dans un hamac en attendant des heures meilleures, balancé au rythme et au murmure du vent ?

    Écoute la mélopée qu’il susurre à ton oreille endormie : samba, bossa nova. Oseras-tu ce soir la capoeira ?

    Mmm ? Paresse, encore…

    Je pense à vous, pourtant. Et, les pieds dans l’eau, frémissement d’un délicieux clapotis, pendant quelques secondes me revient le Heimweh.

    Quelques secondes, disais-je bien…

    Ne soyez pas trop durs, je suis ici pour travailler.

    KroniK

    Salvador da Bahia, 6 mars 2005



  • Il est tard là-bas, réveillez-vous, Monsieur !

    À tous ceux qui sont restés dans le froid, là-bas...


    Flavius, quels sont ces chants, quelles sont ces musiques qu’entonnent les enfants, ces rythmes des tropiques ? Où suis-je, quelle heure est-il, et quel est ce pays, connais-tu cette ville ? Mon cœur est à Genève mais mon corps las, fourbu, vit un drôle de rêve et il ne comprend plus !

    Soudain je me rappelle, la foule, Cointrin, Francfort, qui se presse aux guichets, vacances, aéroport. Je les vois engoncés, doudounes colorées, à la main leurs bonnets, un peu désorientés. Ils allaient vers la neige, se préparaient au froid… L’image se désagrège, il ne reste que moi.

    Ah oui, cela revient, tous ces corps endormis, les hôtesses discrètes, et glissant sur la nuit, les Alpes et leurs crêtes, l’oiseau silencieux qui parcourait les cieux. Un autre aéroport, visages attentifs, salle des arrivées, regards froissés, tardifs. Enfin la délivrance, les valises sont prêtes, transfert, trafic, hôtel, regard par la fenêtre et perlant sur mon front une goutte taquine, sueur inespérée, amicale, coquine.

    Pendant qu’ils sont au froid, endurent le blizzard, il fait ici trente-trois et je me sens lézard !

    KroniK


    São Paolo, 3 mars 2005



  • Un nouveau rivage, Monsieur ?

    Oui, j’ai bercé mes phrases au rythme de mes maux, au milieu de mes nuits, tels des cris d’animaux, amis mots surgissaient, apaisaient mes sanglots, accompagnaient ma plainte et mes verres d’absinthe, de vieux vins, d’alcools forts qui m’aidaient à parler à l’ange de la mort.

    Ce n’était point mon corps mais bien plutôt mon âme qui souffrait à tel point qu’elle croyait le trépas la guetter le matin, le jour, le soir, la nuit, et chacun de ses pas, l’orgueil, l’amour, l’envie et tous les purs envols qui tissent une vie étaient épiés, pesés, pesants parfois, trop lourds toujours.

    Mais je sais à la vie aussi chanter ma foi, face au souffle du vent pleurer avec émoi, et devant une image inventer un voyage, et devant un regard, dessiner un espoir, et devant ton visage, créer un paysage, et lorsque vient le soir te bercer dans le noir.

    Demain vers d’autres cieux je vais courir, demain. Et mes yeux si curieux observeront sereins de quoi la vie est faite dans ces pays qu’on dit amoureux de la fête. São Paolo, Buenos Aires, espace Piazzolla, le pavé de San Telmo un soir m’accueillera, courte nuit de tango avant que le cargo m’emporte vers Bahia.

    Vois, ces rayons de soleil qui bronzent à Salvador, caressés par les vagues de mon bel Atlantique, j’y serai ce dimanche, autre nuit féerique, je penserez à vous car mon souffle est ici même quand mon corps fou s’envole dans la nuit.

    KroniK

    27 février 2005

  • Alors Tunis, Monsieur ?

    Je remonte lentement l'Avenue Bourguiba et par-delà les terrasses mes yeux fouillent, perdus, leurs souvenirs anciens : quinze ans, déjà !

    medium_habib-bourguiba.jpgLa plateforme centrale et ses arbres anciens n'est pourtant plus si noble, rognée par les années, les faveurs commerçantes, au profit de l'espace qui guide les passants tout au long des boutiques. On palabre moins sur l'allée centrale, comme on le faisait jadis, d'un pas sénatorial. La course s'accélère, mobile au poing ou à l'oreille, dans un dialogue ou le contact s'efface dans les ondes d'un électronique réseau.

    medium_carloton.jpgLe vieux Carlton est toujours là, pourtant : il abrita ma toute première nuit tunisienne !

    Quinze ans, quinze ans déjà !

    medium_derviche.jpgLe théâtre, rénové, n'en garde pas moins sa façade désuète, sa nostalgique silhouette. J’entends encore les litanies soufies de cette nuit de mai et la lancinante rotation mystiques des moines danseurs : tourne, tourne derviche, libère-toi de la pierre tombale qui pèse sur ton front et laisse ta méditation haletante te conduire vers l’ultime élévation…

    Le Café de Paris me ramène en ce siècle mais le sentiment d’éphémère présence sur cette Terre ne me quittera plus ce soir…

    Quinze ans.

    medium_piazza.jpgPlus loin, je reconnais l’Ambassade, l’Avenue de France, puis la Piazza. medium_piazza1.jpgLa porte de la médina se referme doucement alors que le jour s’efface et m’invite à revenir sur mes pas…

    Je reviendrai, Tunis.

    Inch’ Allah.

    KroniK

    5 février 2005

  • Quel vacarme ce soir, Monsieur !

    medium_handball.jpgLa pluie tunisoise égrène les minutes de ma nuit qui s'écoule… Silencieux, rêveur, je fends insouciant la joyeuse nuée de la foule. Tunis est en liesse en ce soir de joutes sportives et de triomphe. Le flot ininterrompu des voitures tonitruantes et klaxonnant n’a de cesse de s’agglutiner dans les artères déjà surchauffées, malgré les frimas venus de Nord. Liesse, les hommes de main ont vaincu la bande adverse ! Alors, fêtons, rions, chantons malgré l’averse !

    J’ose un mot, mes origines… Moitié français, moitié espagnol. Hilarité, fraternité ! Nous partageons le même sort : nos trois équipes sont qualifiées, et bravement, se sont hissées dans le fameux dernier carré.

    Qu’importe demain, et les parties qui, on l’annonce, dans une lutte sans merci nous opposeront. Nous partageons ce soir, la plénitude des vainqueurs.

    Merci Tunis !

    KroniK
    3 février 2005

  • J’entends une enfant qui pleure, Monsieur...

    A tous ceux que l’on a laissé pleurer dans le noir


    Une enfant, Flavius ? Hum ! En es-tu bien sûr ? Ecoute mieux, mon bon ami. Encore, écoute.

    Ecoute encore sourdre cette plainte transie, tout comme au lointain foudre et tonnerre assourdis viennent frapper tes sens et assiéger ton cœur, prélude flamme et feu à la pluie… ou aux pleurs. Est-ce bien une enfant ? Et cette retenue, cette pudeur blessée, ces tripes qui se nouent et ces deux poings serrés ? Est-ce bien une enfant ? Et cette chair à nu, cette âme déchirée, ce regard en courroux, ces yeux désespérés ? Est-ce bien une enfant ? Et ces nuits à pleurer, année après année, hurlant avec les loups, rouant son corps de coups. Ces errances nocturnes, s’épancher à la lune, souffrir à en mourir, souffrir… vouloir mourir.

    Mon Flavius, maintenant, est-ce bien une enfant ?

    Si oui, où est la mère ? Si non, où est l’enfant ? Frustration nostalgique des attentes gâchées, outrage pathétique des rendez-vous manqués, de dialogues brisés en combats codifiés par nos réflexes vains d’enfants bien éduqués.

    Murailles. Douves profondes qui creusent des rides de colère sciant nos fronts baissés. Entrailles. Picrocholines, qui vomissent leur bile amère, de nos corps las, courbés.

    Que faire ? Se taire ?

    Marcher. Et regarder au loin, fuyant vers le ponant, l’envolée des hérons dans le soleil couchant. Sentir sur son épaule peser la main choisie, le souffle d’un amant, le soutien des amis. Se tourner vers la terre, avancer, laisser dire, oser rire, déclarer sans misère, libérée : « C’est ma vie ! »

    KroniK
    Lausanne, 5 juin 2001

  • Quelle paix, n’est-ce pas, Monsieur ?

    C’est une longue plaine, asséchée, on la croirait presque stérile si elle n'était parsemée d’ocres, de bruns et ce matin de vert, tant elle se voit battue par les coups de mistral et glaciale en hiver. Depuis le pied des Dentelles, claire frise de granit qui découpe l’horizon du côté de Montmirail et griffe les nuages lorsque le vent les pousse en hurlant vers le sud, jusqu’à la butte de Cairanne dont le clocher se dresse, arc-bouté dans le ciel tel un coq de combat, qui la domine au nord, elle court parmi les ceps, visitant sur sa route les rustiques celliers de Vacqueyras la fière, de Gigondas la noble ou de Sainte-Cécile, patronne des musiciens qui couche dans les vignes et place avec douceur leur nom sur sa portée.

    Plonger dans la Provence en cheminant là-bas, c’est malgré l’apparence, s’offrir ripaille de gala et combler tous ses sens. La vue d’abord s’affole, qui se pose sans croire sur les tapis bleu lavande qui dévalent en cascades à l’ombre des coteaux, puis poursuit enivrée du sommet du Ventoux jusqu’aux ombres irisées baignant le Lubéron. Le goût aussi bien sûr, qui de chais en caveau s’affine, s’arrondit et devient exigeant en passant en cuisine, plus âpre à Châteauneuf, plus soyeux près de Beaumes. L’odorat suit bientôt, des herbes réputées jusqu’au oliveraies torturées mais solides. Et l’ouïe s’éveille enfin car le vent la bouscule, complainte déchirée, et elle attend l’été et ses rythmes légers. Enfin c’est le toucher, qui palpe et frotte sur ma peau, l’huile de Verdales broyées, la terre à Roussillon, la pierre de Vaison, les étoffes tissées.

    Mais là-bas au ponant, un nuage enfle et noircit. C’est bien plus qu’un orage, une atteinte à la vie. Arrogant, prétentieux, vaniteux, ignorant, voici venir des Amériques un nouveau dirigeant, tout-puissant. Sans vergogne il balaye, par caprice, intérêt, tout espoir ou vision et d’autrui le respect. Adieu Kyoto et nos ambitions pour la planète, le Yankee pollueur exhibe ses dollars et n’en fait qu’à sa tête ! Quel triomphe pour la médiocrité lorsqu’elle peut tout acheter !

    Provence, je t’aime. Tu sembles aride, tu m’es si douce. Combien de temps encore le mistral sur tes terres brûlées me fera-t-il perdre le nord ? Jusqu’à quand tiendrons-nous ? Asséchées, tes rivières, il sera trop tard pour mes prières…

    KroniK
    Beaumes de Venise, 16 avril 2001

  • Le ciel ! Là-bas, Monsieur !

    Capturer cet instant juste avant qu’il ne passe, tisser au fil des mots une solide nasse avant que dans mon cœur le souvenir s’efface et que de la magie, la pensée ne se lasse. Au vol, en un clin d’œil, au détour d’un soupir, tresser des amours folles sur un simple sourire, respirer un parfum… vivre ses souvenirs comme si demain à l’aube, il nous fallait mourir. Courir vers l’excellence à la force des mots, inonder le silence en murmurant : « c’est beau » et avoir l’insolence de rire de ses maux, savoir forcer la chance et desserrer l’étau.

    Je vois, mon cher Flavius, ce qui tes yeux attire, en frôlant l’horizon l’astre du jour étire les ombres des palmiers par-dessus la lagune, cédant la place au soir, à la nuit, à la lune. Jamais un océan ne fut si pacifique qu’en ce fou crépuscule aux couleurs diaboliques. Jamais un flamboiement ne fut plus éclectique, mêlant couleurs, parfums au rythme des cantiques des foules captivées chantant par foi païenne leurs ferventes prières à la nuit hawaïenne.

    Les vahinés ondulent, les percussions s’embrasent, les corps cèdent aux péchés qui de leur poids écrasent la volonté meurtrie des passants égarés, esclaves de la nuit. Hawaii l’ensorceleuse vous souhaite mes amis, des vacances heureuses à l’abri de l’ennui…

    KroniK
    Waikiki Beach, 16 janvier 2001