09/05/2008

9 mai

Alors que le glaive de la foi déchire l'astre de poussière, Le Caire s'apaise un instant. Un frémissement, un pas qui se fige, puis la course folle qui reprend de plus belle. Cairote, tu as perdu ton plus beau trésor, tu as oublié l'héritage des pharaons. Où sont passés les sabliers qui égrenaient avec patience le sable du désert ? Cairote, tu n'as plu le temps de rien... toujours pressé, même à l'heure de la prière !

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06/05/2008

6 mai

Adieu fraîcheur du vent coulis sur le plateau, bonjour aubes soyeuses sur le Nil paresseux. Adieu belle campagne, adieu à toi ma Brune, j'ai trouvé ce matin un autre chant d'éveil. Bonjour toi muezzin qui dès l'aube t'agite et m'invite à prier pour apaiser mon âme.

Le souffle du désert vient caresser ma peau et le ciel trop chargé me fit plisser les yeux. Au ciel est accrochée une nouvelle lune et des cuisines montent de doux parfums de miel. Au pied des pyramides et du sphinx qui médite je ressens la chaleur qui entretient ma flamme.

Bonjour Al-Qāhira, ô toi la Victorieuse !

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24/02/2008

24 février

Cette ville ne se nourrirait-elle que de poussière et de bruit ? Chaleur, chaos, tumulte semblent les maîtres mots. Dans le trafic exsangue j’attends, je peste et je m’ennuie, quelle mission m’oblige à souffrir de tels maux ?

Au loin les pyramides ne sont que souvenirs, je les vois mais le temps me happe sans pitié, on me pousse, m’entraîne, on m’oblige à courir, l’équipage, dépassé, à hue et à diane cesse de tirer…

Et puis soudain, image d’Epinal, comme une oasis lointaine, une porte s’efface et dévoile un palais… Je vais vers l’inconnu, une émotion certaine me pousse à accepter cette sérénité.

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Visite du Palais de Mohammed Ali, Le Caire, Egypte.

04/12/2004

Alors ce réveillon, Monsieur ?

Je gravis pas à pas, princesse à mes côtés, la colline génoise, suivant - envieux regard ! - un couple de sherpas à la démarche allègre. Du pont de Galata jusqu'à la Tour du Christ, fiertés de Karaköy et de Pera la noble, je souffrais en silence, le corps lourd et repu : d’orientales agapes m’avaient laissé fort las !

Du sommet de la tour je découvrais les joyaux de l’âme byzantine, le conquérant Topkapý, la mer de Marmara, plus bas la Corne d’or. Les yeux vers le couchant, mon berceau, mon enfance, je songeai que ces jours si sereins entre amis, marquaient de leur tendresse la charnière de ma vie. Mais qu’elle est courte l’histoire du pèlerin mortel face aux splendeurs ottomanes érigées au nom de Soliman, le Grand, le Magnifique et de ses frères sultans !

Je me laissai charmer par les sons enjôleurs du ùd, du nay, du saz qui retentissaient sans fin dans la rue d’Istiklal. Je rêvais, yeux mi-clos devant les arabesques, ferveur apprivoisée, nées de l’agile calame d’un calligraphe dansant. Ô roseau vagabond, grimoires amoncelés, thé brûlant, mains calleuses, tulipes enluminées, entrelacs à la gloire du prophète, combien d’heures passées dans la pénombre du bazar !

Hélas ! La gourmandise, m’emporta de nouveau. Le marché égyptien m’ouvrit bientôt ses bras. Epices colorées, infusions enivrantes, fruits secs riches à souhait, offerts à profusion n’eurent pourtant point l’heur d’attirer mes papilles et je me tournai vaincu vers ces plateaux de cuivre, lourds de leur fardeau de miel, baklavas diaboliques…

Istanbul, 8 janvier 2003

22/11/2004

Douze heures à Genève, dix-neuf heures à Hong Kong

Voici venu le temps de Noël, Monsieur !

Ah, mon bon Flavius, te souviens-tu de ces samedis de décembre, lorsque fâché de ne pas m'y être attelé plus tôt, je me joignais néanmoins à la horde transie des retardataires, me lançant, emmitoufflé dans une longue écharpe, chapeau sur le chef et poings serrés dans les poches, dans de longues séances de magasinage pour dénicher coûte que coûte tel dernier gadget à la mode, telle douceur traditionnelle, ou telle compilation introuvable de Pugliese, Fresedo ou Alfredo de Angelis.

Flavius, tu n'auras pas oublié mes colères, mon impatience exaspérée devant l'hystérique agressivité des clients, la frustration contenue des commerçants débordés, le trafic indescriptible paralysant les rues de Genève...

Eh bien mon cher Flavius, ces foules qui encore hier m'effrayaient me font bien sourire aujourd'hui ! Car tantôt, à la recherche d'un de ces équipements électroniques dont l'Asie est devenue le fer de lance, j'ai fait un saut du côté de Times Square, à Causeway Bay.

Madre del corazón divino !, se serait exclamée ma grand-mère à la vue de cette foule compacte, de ces files d'attente de plusieurs dizaines de mètres, sagement alignées devant les arrêts de bus ou de tramway, ou de ces longs cortèges de gamines en uniforme semblant manifester avec leurs pancartes, en fait de simples panneaux publicitaires vantant les produits de leurs commanditaires.

Oui Flavius, j'ai fait du shopping à Hong Kong et fort heureusement, j'ai pu demander assistance, pour retrouver mon chemin, à trois agents de la circulation débonnaires, présents à l'angle de rue où je les ai rencontrés tout simplement pour réguler le trafic... des piétons !

Je n'ai pas trouvé ce que je recherchai... mais il faisait vingt-huit degrés à Hong Kong et la vue était si belle sur Tsim Sha Tsui ce soir. Disons que j'étais en promenade !

KroniK
Hong Kong, 18 novembre 2004

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