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Chroniques ¡Tango!

  • 14 décembre

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    Voici donc quelques mois, plutôt quelques semaines, qu'ils doivent affronter un délicat problème, qui dans leur vie paisible soudain s'est immiscé, comme trait dans leur coeur, dans leur mare un pavé. Ils font des ronds dans l'eau, enfin dans le salon, où un prof de tango les fait tourner en rond...

    Inspirés par l'exemple de leur Brune adorée, enfin un beau matin tous deux se sont lancés, et nous sommes heureux de pouvoir annoncer que Mona y Chucho se sont mis à danser !

    Que viva el tango argentino!

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    Bueno, y la salsa tambien!
  • 7 décembre

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    C'est une grande salle travaillée à l'ancienne aux colonnes dressées de facture italienne, un carré harmonieux à la grandeur lassée par un siècle d'usure et un trop lourd passé qui nous attend dimanche non loin dans le quartier.

    Le poids des ans est là et le danseur courbé, le geste moins précis, le pas précipité. La danseuse recherche ce vestige oublié, la splendeur des années où elle triomphait, son sourire éclatant sur profond décolleté...

    S'ils ont le pas trop gourd, le coeur est plus léger, ils sourient à la ronde comme des écoliers ce jour de premier bal, de première récré, tropical ou tango, les rythmes surannés, les poussent vers la piste, et filles de tourner.

    Un peu de leur histoire, hier j'ai visité, dans ce bal populaire, aux saveurs oubliées, il est bon de savoir ce qu'ils ont traversé, ces anciens, ces anciennes avec qui j'ai dansé, disons j'ai discuté, disons j'ai partagé...

  • 2 décembre

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    Elles sont alignées comme des enfants sages alors que dans leur coeur gronde un puissant orage contre un miroir sans fin qui renvoie leurs images, violon, viole, piano, bandonéon sauvages...

    Ils sont très élégants, d'autres moins habillés, mais comme les danseuses, tout aussi alignés, faisant face à ces dames comme un mâle reflet de leur passion commune, s'enlacer et danser...

    Ce n'est pas à Corrientes, son 3-4-1 fameux, mais bien à Maipu, par un mardi pluvieux, que nous dansâmes hier sous les regards curieux d'une foule en colère, manisfestants furieux.

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    Quand la rue noire crie, assourdissants tambours, quand le peuple s'éveille pour réclamer secours, quel étrange spectacle que les trois petits tours, de couples arrachés à la vie... pour l'amour.

    Pourtant à l'unisson battent les coeurs portègnes et c'est un même sang qui coule dans leurs veines, si l'un exprime hurlant son malheur, sa déveine, l'autre avoue en dansant, l'infini de ses peines.

    Kronik, 1er décembre 2009 (Buenos Aires)

  • 1er décembre 2009

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    Les passagers anxieux se pressent à la frontière, insectes attirés par autant de lumière. Les gardes nous observent, nous sommes tous coupables, criminels dépravés, armes dans nos cartables! La porte s'ouvre enfin et enfin nous libère, comme si en ce matin, nous fuyions la misère...

    La nef s'est élevée par dessus la grisaille, arracha le stratus dans un cri de douleur. En ce lundi matin la pluie mélée de neige faisais courber le dos aux passant de Genève mais par-dessus les cieux c'est un soleil sans faille qui decouvrait un ciel aux multiples couleurs.

    Les heures s'égrenaient en une longue attente, rythmée par les sourires des hommes d'équipages, hôtesses empressées, délicates servantes, qui sans cesse portaient des plateaux de breuvages pour nous faire oublier l'espace d'un instant, qu'il est bien difficile de quitter son présent.

    Puis une côte au loin, des musiques latines, les sièges relevés, une voix en sourdine, un long serpent marin s'enfonce dans les terres, Rio de la Plata, le port de Buenos Aires... Voilà un bon voyage qui commence ce jour, je m'affaire joyeux à revoir mon amour !

  • Rentrée tanguera !

    C'est aussi la rentrée pour DJ Fernando El Poeta. J'aurais le plaisir d'être aux côtés de l'orchestre Hyperion pour musicaliser la grande soirée de gala du samedi 13 septembre au Festival d'Aix-les-Bains. J'espère vous y retrouver nombreux !

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  • 28 juin

    Ainsi s'approche l'été et les regards se tournent vers de nouveaux rivages... Mais avant de partir, si nous dansions ensemble une dernière fois, avant que l'automne ne nous rassemble de nouveau pour une farandole aux couleurs ocrées ?

    Ce fut une belle milonga, où Martin et Nicolas, fueye y guitarra, Lucila y Joe, baile y armonica, tissèrent des partitions pour en faire des manteaux de lumière...



  • 25 juin

    C'est ainsi que l'été disperse la couvée, les oiseaux vagabonds vont vers d'autres contrées. Encore un pas de danse avant le grand départ, les amours de passage sur le quai d'une gare...


    Comme une étrange procession, un rituel curieux, trois tours et puis s'en vont, les danseurs merveilleux !

    Bonne vacances... tango ! Allez danser surtout !


  • 2 juin 2008

    Lorsque souris Cendrillon se presse, recherchant chaussure à son pied, comme du minet elle doit se méfier ! Car il guette non loin, prêt à croquer le petit pied. Et alors, comment ira-t-elle danser ?

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  • 22 avril (2)

    Il est des nuits sublimes qu'il faut avoir chantées lorsqu'un éclair illumine un spectacle et sa beauté...

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  • Quel est ce chant, Monsieur ?

    Étais-je aux aguets, en attente ?

    Sans doute…

    Ce sentiment était-il présent au fond de moi, prêt à s’ouvrir au premier signal ?

    Aussi.

    Une chose est certaine : une seule note aura suffi. Aussitôt, j’ai ressenti son souffle, humé son nostalgique parfum. Ah, nostalgie, comme tu sais faire vibrer les cordes de mon âme !

    Je descendais Florida, écoutant battre le cœur de la ville, la vie se déverser dans les boutiques et les cris des chalands. Malgré le tintamarre, le brouhaha, le tohu-bohu, le trafic, les passants, les grondements du ciel en cette fin de journée chaude, lourde, chargée de l’humidité poisseuse du Rio de la Plata, orage menaçant, malgré toute ces opportunités de distraction, de vol d’attention, de rapt de sentiments et le sourire des filles aimables, malgré la passante urbanité qui, à son corps défendant bien sûr, s’interposait, nous séparait ; malgré tout, j’ai perçu au loin cette respiration unique, haletante et triste à la fois, palpitant lamento.

    Il était posé sous un porche, entre les mains d’un musicien aux doigts jaunis par le tabac, aux dents noires de maté, au ventre noué par sa trop forte sensibilité aux émotions. Un linge sur les genoux, l’artiste aspirait la musique et l’air pollué de Buenos Aires, les mixait en une violente alchimie au travers des filtres combinés de son inspiration et de celle de son instrument et, ahanement du tâcheron à son œuvre, exhalait sa plainte, son tabac, les senteurs de son maté cocido, et toute l’histoire de sa vie en un seul trait.

    À l’ombre de la Plazuela de los Encuentros, je me suis assis près de Rodolfo, de sa route, de son bandonéon…

    … et de ses tangos.

    KroniK

    4 mars 2005



  • Le soir vous enveloppe, Monsieur !

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    Corps qui frissonnent, pas qui tourbillonnent, filles qui papillonnent, gars qui jouent aux hommes… c’est le tango qui s’éveille alors que déjà sommeille l’enfant qui s’émerveille demain de célébrer le soleil.

    Nous sommes dans le règne de la nuit, du bandonéon qui frémit, du violoniste qui gémit, d’une certaine jeunesse enfuie. La légende nous entoure avec la voix de Gardel, l’âme de José Libertella repasse à tire d’aile, le temps de dire un dernier au revoir et de s’éloigner dans le noir.

    Le kiosque à musique soupire de bonheur, heureux d’accueillir toutes ces filles en fleur, aux tables on salue la fête et les envolées lyriques des poètes. Tango amigo, tango noir, qu’es-tu vraiment, danse triste ou chant d’espoir, anarchiste ou baron noir ?

    Je ne sais et je m’en fous, ce n’est pas ce qui compte après tout, je me contente de te humer, de boire tes sucs, ton âme, juste pour ce que tu es, le souvenir d’une femme.

    KroniK
    14 janvier 2005

  • Oui, je sais...

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    Oui, je sais, au fil des jours le passant prend ses habitudes. Pourquoi le blâmer. Un jour, une note, un mot, quelques lignes qui viendront accompagner sa solitude, ne l'a-t-il pas mérité ?

    Aujourd'hui ? Rien, si ce n'est ce blog vide, pas une note sur la portée.

    Le musicien s'est tu. José s'en est allé retrouver la liberté à laquelle son nom il avait emprunté...

    Tu le savais déjà ? Depuis un mois ? Eh bien quoi ? Je ne l'ai su qu'aujourd'hui, furieux que j'étais à la survie de ma brune... Et alors, viendras-tu railler ma colère et ces yeux qui n'ont su voir que celle qui, à mes côtés, luttait pour sa vie ?

    Je te l'accorde, décembre m'a connu aveugle, parce que, humain que je suis, j'avais choisi.

    D'abord elle. Puis cet autre combat, planétaire.

    Puis, bien plus tard, moi. C'est à dire la musique.

    Et oui, la musique n'est venue que ce soir, lorsque sorti de ses souffrances à nouveau est apparu l'espoir.

    Alors j'ai lu.

    Et j'ai compris que le bandonéon s'était tu...

    Ce soir, je suis désemparé.

    Pendant qu'au chevet de ma brune, je priai, José Libertella s'en est allé...

    Je pleure... mais ma brune est bien là.

    Si tu le veux, juge-moi.

    KroniK
    11 janvier 2005

  • Buenas noches, corazón.

    A Joe Corbata, qui me conta cette belle histoire


    Bonne nuit, mon amour.

    C’est la nuit de Noël, cette veillée pleine d’espoir, bercée par moult symboles. Croyants, païens, mécréants ou agnostiques, la culture de la nativité a imprégné nos jeunesses et tous, jeunes ou vieux, contraints et forcés ou les yeux mouillés de larmes et pétillants de bonheur, grégaires et heureux de l’être, nous nous regroupons autour de cette cellule familiale qui représente tant et tant encore, parfois même trop !

    Aujourd’hui tu es près de moi et le bonheur nous éblouit, serait-ce là l’étoile dont les hommes parlent depuis si longtemps ? Pourtant, sur la platine, ce disque de tango transporte l’indéfinissable nostalgie que tous les danseurs connaissent si bien… Son auteur ? Sans doute le plus grand, le plus fougueux, celui que tous respectent et craignent, que nul ne veut perdre pourtant. Tiens ? Comme la famille que nous évoquions il y a une seconde à peine ? Le titre du morceau qui rythme mes doigts, comme si j’avais troqué ce clavier alphanumérique pour les touches noires et blanches d’un piano ? « Chiqué ! » Comme si j’avais osé braver le maître…

    L’auteur. Bien sûr, vous le connaissez fort bien. On l’attend avec impatience dans les milongas, ces bals de tango qui nous ont tant fait vibrer. Qu’il apparaisse et on sait ce qu’il advient : le jeu est fini, le dilettantisme aussi ; place au risque, à la passion, la fougue… Place al maestro Osvaldo Pugliese, car voilà bien son nom.

    Et l’album, me demandez-vous, soudain impatients. Si je vous dis : « Rose », à quoi pensez-vous ? Bien sûr, à cet extraordinaire album, nommé « Ausencia ». On y voit une rose en effet, posée sur un piano. Lorsque le maître était absent, bien souvent parce qu’il avait été mis en geôle par la dictature militaire qui ne supportait ni ses frasques ni son militantisme communiste, son épouse déposait une rose sur le piano… et nul n’osait s’approcher de l’instrument aux mille touches ces soirs-là.

    Bel hommage, n’est-ce pas ?

    Flavius se joint à moi pour le dédier ce soir aux absents, et à tous ceux qui souffrent de cette absence…

    KroniK
    Buenos Aires, 25 décembre 2004

  • La nuit s'efface, déjà

    Sur l'aéroport de Medellin, les flonflons se sont tu et les chapeaux mous ont été remisés. La célébration s'est achevée. Un an de plus a donc passé. La fête fut belle mais... la nuit s'efface, il faut rentrer. De l'amitié, juste une trace, ce rouge à lèvres sur un col las, un peu froissé.

    Carlos ici, un jour fatal, vit le feu brut courir vers lui et le happer. Et chaque année, pour fustiger ce maudit sort, un bandonéon chante la mort.

    Toi Carlitos, dis, me chanteras-tu à nouveau cette femme, que tu évoquais si bien, sourire enchanteur mélé de larmes, tu sais, elle venait de si loin, tu faisais semblant de la tenir par la main. Carlos, rappelle-toi ces soirs aux courses, lorsque la victoire nous était douce même si elle fut toujours plus éphémère, que dans le quartier la misère.

    Carlos, tu es parti en Colombie, cet avion fou t'a pris la vie mais dans nos coeurs tu chantes encore, flirtant avec le bandonéon... et la mort.

    Carlos, tu chantes encore...

    Por una cabeza de un noble potrillo
    que justo en la raya afloja al llegar
    y que al regresar parece decir:
    No olvides, hermano, vos sabés que no hay que jugar...


    KroniK
    Medellin, 11 décembre 2004

  • Malena canta el tango, como ninguna...

    Histoire d’une inconnue qui inspira à Homero Manzi un texte qui restera à jamais gravé dans nos mémoires...

    Notre invitée, Elena Tortolero, naquit en Argentine, de parents espagnols originaires d’Andalousie, mais fut élevée au Brésil, à Porto Alegre, où son père fut nommé Chef de la mission diplomatique espagnole. Parfaitement bilingue (espagnol et portugais), elle découvrit peu à peu via cette double culture son amour pour les chansons populaires internationales, jusqu’à devenir chanteuse professionnelle, sous le nom de Helena de Toledo.

    Porto Alegre, capitale de l’Etat du Rio Grande do Sul, partage bon nombre de mélodies régionales avec l’Argentine. C’est donc très naturellement qu’Helena introduisit le tango dans son répertoire.

    Homero Manzi, qui ne quittait que très rarement l’Argentine, fut invité à une conférence au Brésil sur un de ses sujets favoris, la défense des droits d’auteur. Lors de ce voyage, il découvrit Helena dans un cabaret.

    Emu d’entendre chanter le tango si loin de Buenos Aires, Manzi fut inspiré par Helena de Toledo et, durant le voyage de retour, écrivit les paroles d’un tango en son honneur, tout en modifiant le nom de la chanteuse, qui devint : Malena.

    Homero Manzi confia son texte à Lucio Demare, qui composa la musique. Malena fut créé par l’orchestre d’Aníbal Troilo en 1942, avec la voix de Francisco Fiorentino.

    DJ Fernando

    MALENA

    Malena canta el tango como ninguna, y en cada verso pone su corazón. A yuyo del suburbio su voz perfuma, Malena tiene pena de bandoneón. Tal vez alla en la infancia su voz de alondra tomo ese tono oscuro del callejón, o acaso aquel romance que solo nombra cuando se pone triste con el alcohol. Malena canta el tango con voz de sombra; Malena tiene pena de bandoneón.

    Tu canción tiene el frío del último encuentro, tu canción se hace amarga en la sal del recuerdo. Yo no se si tu voz es la flor de una pena, solo se que al rumor de tus tangos, Malena, te siento mas buena, mas buena que yo.

    Tus ojos son oscuros como el olvido, tus labios apretados como el rencor, tus manos, dos palomas que sienten frío, tus venas tienen sangre de bandoneón. Tus tangos son criaturas abandonadas que cruzan sobre el barro del callejón, cuando todas las puertas estan cerradas y ladran los fantasmas de la canción. Malena canta el tango con voz quebrada; Malena tiene pena de bandoneón.