13/08/2008
Visite au musée (5)
Pourquoi 27 téléviseurs ? Mario le flic ne pouvait se débarrasser de ce qu’il considérait comme un paradoxe, une énigme. Le format standard de la télévision dans les années soixante était 4/3. En multipliant les écrans, cela devrait donner 3 lignes de 4 télévisions, ou 6 lignes de 8, ce qui donnait soir 12, soit 48 téléviseurs, pas 27.
Même les formats modernes, en 16/9 par exemple, étaient impossibles à répliquer avec 27 appareils. Avec 27 appareils, le seul schéma possible était 3 lignes de 9 téléviseurs ou 9 lignes de 3 téléviseurs… à moins que l’on ne fasse 3 blocs de 3 x 3 téléviseurs.
Bien sûr ! Puisque chaque téléviseur était au bon format, il fallait utiliser des blocs avec autant de lignes que de téléviseurs par ligne ! Il se sentait mieux… quoiqu’un peu déçu d’avoir laissé sur le Moleskine autant de calculs erronés. Néanmoins, il s’interdit d’arracher la page du calepin noir.
Car il y avait inscrit en grandes lettres capitales :
MAYERLAND
Il fut tiré de ses calculs et de sa réflexion sur l’artiste vidéaste disparu par le bruit du fax. Sans attendre, il se leva pour récupérer le dossier relatif à son assassinat, qui arrivait de Paris, page après page.
Miracle de la technologie dont disposait le commissariat du Bourg-de-Four, les pages sortaient si lentement de l’appareil que Mario avait le temps de les lire une à une. Lorsqu’il se rassit, il avait lu le dossier complet.
Et il avait noté un élément important à ses yeux, même si l’enquête de police avait conclu à un crime passionnel : quatre mois avant sa mort, René Mayerland avait été entendu comme témoin dans un affaire de braquage. Il avait assisté à l’attaque d’une succursale bancaire près de la Madeleine, à Paris, en pleine séance de tournage avec son équipe technique.
Son équipe technique ? Qu’étaient devenues les vidéos ? Rien dans le dossier ne le mentionnait…
Il devait bien en exister des copies quelque part. Il se leva de nouveau, des idées plein la tête.
- Haeggli ! Passe dans mon bureau, j’ai un boulot pour toi.
Il laissa la porte ouverte, en attendant l’arrivée de son collègue.
(à suivre)
22:50 Publié dans Histoires courtes | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : poésie, littérature











Commentaires
Ecrit par : roger de Monique | 14/08/2008
Ecrit par : mamita | 15/08/2008
Ecrit par : mamita | 28/08/2008
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