05/08/2008
Visite au musée (4)
- Ainsi, il n’y aurait pas eu un mais plusieurs vols ? C’est passionnant. Je vous écoute…
Elle avait tiqué lorsqu’il avait dit qu’il trouvait ces vols passionnants mais une certaine impatience, probablement liée au stress de ses fonctions, la poussa à ignorer cette remarque et à aller droit au but.
Lorsque le vol du tableau fut constaté, expliqua-t-elle, toute l’attention se porta sur la salle du musée de laquelle il avait été subtilisé. Vérification des traces éventuelles laissées par les visiteurs indélicats, contrôle des autres œuvres, e tutti quanti. Ensuite, les gardiens avaient effectué une ronde spécifique afin de s’assurer qu’aucun autre objet n’avait disparu. Malheureusement, le courant avait été coupé, pour inhiber l’alarme, pensait-on alors.
L’esprit de Mario vagabondait. Comment pouvait-on dans un musée qui abritait des pièces d’une telle valeur, simplement lier l’alarme au secteur. Cela ne pouvait être aussi simple, il vérifierait.
Or, poursuivait son interlocutrice, ou plus précisément sa mono-locutrice, la salle voisine abritait « une installation ». Comme il opinait du chef, elle s’interrompit, persuadée que tout discours était devenu superflu.
- Et plus précisément ?
- Un mur d’images de 27 téléviseurs reliés à autant de magnétoscopes, qui diffusent en boucles des images vidéo.
- Ah bon ? À notre époque, des magnétoscopes ? C’est curieux. Les artistes modernes n’utilisent-ils pas des techniques de leur temps ?
- C’est qu’il s’agit là d’une œuvre ancienne de Mayerland, que nous avons reprise un peu en catastrophe, afin de lui rendre hommage.
- Comment ça ?
- Il l’avait créée à Genève, en 1978. L’œuvre avait beaucoup évolué au fils des années, notamment les images vidéo qu’il utilisait mais il tenait à conserver ce support particulier. C'était sa marque de fabrique...
- Pourquoi parler de lui au passé ? Il est décédé ?
- Oui, il a été retrouvé mort chez lui, il y a trois mois. Cette exposition est un hommage à titre posthume.
- De quoi est-il mort ?
- On dit qu’il aurait été assassiné durant son sommeil.
- Ah bon ? Voilà qui est passionnant.
Cette fois, Catherine Bahr-Meyerstraf ne put éviter une moue agacée…
(à suivre)
23:04 Publié dans Histoires courtes | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : poésie, littérature











Commentaires
Écrit par : roger de Monique | 06/08/2008
Écrit par : mamita | 08/08/2008
Écrit par : mamita | 12/08/2008
Écrit par : mamita | 13/08/2008
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