Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

  • Visite au musée (3)

    Il était en train de relire les notes qu’il avait prises lors de l’interrogatoire du voisin qui avait alerté la police après l’incendie de voitures à Versoix.

    Nom du chien : Totor. Race : setter anglais. Le Moleskine à petits carreaux lui débitait sans la moindre trace d’humeur les bêtises qu’il avait scrupuleusement notées. En quoi connaître le nom du chien pouvait-il lui être utile ?

    N’empêche, il adorait son carnet de notes.

    Sa rêverie fut brusquement interrompue par l’irruption d’un visiteur, qu’il aurait pu anticiper de quelques secondes s’il avait porté attention aux bruits de pas précipités dans le couloir qui menait à son bureau.

    - Commissaire, cette dame veut vous voir.

    Mario soupira, non à la visite, mais à la piètre posture dans laquelle se trouvait le troufion en faction.

    - Merci Lagarde, je m’en occupe. Prenez place, je vous en prie.

    La sérénité du discours était néanmoins altérée par le fait qu’il n’avait toujours pas levé les yeux de son carnet.

    Troublée, la nouvelle arrivante retrouva son calme et s’assit patiemment.

    Mario la laissa reprendre haleine. Le parfum lui en avait déjà dit beaucoup : haute bourgeoisie genevoise.

    - Quelle affaire vous mène jusqu’au Bourg-de-Fourg, Madame ? Le vol du tableau ?

    - Précisément, Commissaire, précisément.

    - La déclaration du gardien n’aura-t-elle pas été suffisante ?

    - Hélas non. C’est que d’autres œuvres ont disparu !

    - Comment cela ? Personne ne s’en était rendu compte.

    - C’est à cause de la coupure de courant.

    - Vous allez m’expliquer tout cela, je présume. Qu’est-ce qui a disparu au juste. D’autres tableaux ?

    - Des cassettes vidéo.

    Il tenait le crayon levé, prêt à consigner dans son précieux calepin la substantifique moelle…

    (à suivre)

  • Surprise aux copains

    Un peu de route (pas trop !) par-delà vals et forêts et nous avons pu surprendre quelques potes venus se poser dans notre Jura... Une surprise qui s'est transformée en un joli dimanche ! Comme quoi les fins de semaine s'enchaînent avec bonheur !



  • Visite au musée (2)

    Il avait été le premier sur les lieux. Probablement parce qu’il n’avait pas aimé le film à la télé. D’habitude, malgré la profusion de l’offre télévisuelle, les propriétaires de chiens sortaient presque en même temps des trois petits immeubles qui bordaient la Route Suisse. À croire que tout le monde regardait le même programme, ou que les diffuseurs accordaient leurs violons, comme pour synchroniser les pauses publicitaires, pour que les animaux aient de la compagnie au moment de leur promenade nocturne.

    À croire aussi que personne n’avait le nez à la fenêtre en dehors des créneaux horaires affectés aux aisances canines. Personne n’avait bronché avant qu’il ne se jette sur son portable et compose fébrilement le numéro des pompiers. Et c’est sous les aboiements de son chien mi-apeuré, mi-furieux qu’il expliquait à la centrale qu’une voiture, ou plutôt plusieurs, étaient en train de brûler au bord du lac.

    Sept voitures avaient été incendiées, dans un accès de violence urbaine à laquelle ce bourg limitrophe de Genève n’était pas préparé, par manque d’habitude sans doute : Versoix n’est pas Strasbourg.

    Finalement, il ne regrettait pas d’avoir sorti le chien plus tôt que prévu. Sa qualité de premier témoin lui valait les faveurs de la TSR et il savait qu’il serait de toutes les éditions du TéléJournal du lendemain, en particulier de la chronique locale.

    Puisque sa voiture ne faisait pas partie du lot (Dieu merci elle dormait depuis toujours dans un garage fermé !), il considérait que cette inattendue célébrité valait bien quelques bouts de ferraille calcinés. Il se garda toutefois de faire part de cette réflexion aux journalistes. Sûr qu’ils n’auraient pas aimé ou que, pire, ils l’aurait rendue publique… et alors là, bonjour les palabres avec les voisins victimes de la soirée !

    Les interviews furent super. Il se trouva même bon. Son chien, tout à fait rassuré une fois les sirènes des véhicules d’interventions éteintes, batifolait autour de lui, le menaçant sans cesse de l’enrouler avec sa laisse.

    La discussion avec le flic, un certain Mario, fut nettement moins agréable.

    (à suivre)

  • Paresse ?

    Que nenni !

    Une grande fête se préparait... et nous étions des préparatifs. D'où cette indolence passagère, cette absence impromptue, ce vide inattendu. Mais pour la bonne cause, car les 70 ans du patriarche méritaient toute notre attention !

    En voici quelques clichés.



  • Visite au musée

    Le gardien s’était assoupi, un peu à son habitude. À sa décharge, il avait déjeuné trop rapidement, du fait des horaires trop serrés, et assez mal, à cause du cuisinier sans doute, à la cafétéria du musée. Il avait crû bon compenser la pauvreté de la chère par une demi-bouteille de pinot noir de Luins. Il se demandait souvent comment le gérant pensait à faire entrer un vin aussi agréable dans sa cave et laissait en même temps le cuistot saboter les produits et le palais des visiteurs ainsi que celui du personnel qui se hasardait encore à manger sur place.

    Depuis qu’il était veuf, de toute façon, il n’avait plus goût à grand-chose. Alors il ne prenait même plus la peine de sortir du musée pour aller s’offrir un repas de meilleure qualité. À quoi bon après tout ? Le soir, à la maison, il se contentait bien d’une boîte de sardines, de calamars ou de maquereaux, d’un morceau de fromage et d’une ou deux bières. Des fois, il avalait tout cela debout dans la cuisine, sans même un bout de pain. Alors pourquoi critiquer ?

    C’était précisément ce que lui faisait remarquer le gars qui recueillait son témoignage. « Pourriez-vous éviter de faire sans cesse des digressions ? Elles ne semblent pas contribuer à faire la lumière sur notre affaire. »

    Des digressions ? Ben voyons ! Pour une fois qu’on s’intéressait à lui, c’était pour ne pas le laisser dire ce qu’il avait envie de dire. S’ils voulaient qu’il leur raconte ce qu’il savait, il faudrait qu’ils écoutent aussi le reste. Sinon, ils pourraient aller s’asseoir sur « leur affaire » comme ils disaient. Et rester sans rien dire, ça aussi il savait faire, depuis que sa femme l’avait laissé planté là, comme un con au bord de la route.

    Et ce chemin qui n’en finissait pas…

    Ah oui, pardon ! Le cambriolage. En plein jour. Alors qu’il était de service. Ah ! Mais c’était trop facile de le montrer du doigt ! Il devait surveiller sept salles en parallèle ! Et il fallait voir l’architecture de l’immeuble ! Impossible de tout surveiller ! Et puis, avec la malbouffe généralisée, y compris ici, au MamCo, comment vouliez-vous que les gardes puissent maintenir un niveau de vigilance élevé ?

    Il quitta en grommelant la petite salle qui avait été mise à la disposition de la police. Fâché, vexé par les questions qui lui avaient été posées. Même si le flic avait paru un mec bien au premier abord. Un ancien alcolo sans doute. Il savait reconnaître ceux qui avaient bu, ou buvaient encore, à en souffrir…

    Mario le flic le laissa partir, perplexe. Un gardien qui s’endormait, il avait déjà connu. Une œuvre d’art qui disparaissait, aussi. Mais un gardien qui justifiait sa sieste avec autant de véhémence, jamais !

    Il nota sur son Moleskine à petits carreaux :

    Nom du témoin : Albert Grandjean. Avec le « d » ? Oui Monsieur, avait précisé le gardien. Raison du vol : mauvaise qualité de la cuisine…

    (à suivre)

  • 6 juillet

    Soudain, d'un blessure profonde le ciel se trouve frappé. Il gronde, rage, s'enflamme et ce feu se répand. L'orage bientôt sur la lande s'abattra. Aux abris, table, chaises et déjeuners sur l'herbe. L'heure est de nouveau à l'âtre et à la douceur intérieure.

    29062008(015).jpg



  • 1er juillet 2008

    C'est comme si l'été nous offrait sa douceur, comme si la nature nous servait de refuge, comme si les blés chantants murmuraient pour nous seuls, comme si l'hirondelle, le geai, le passereau rieur nous accueillaient chez eux, ou vivaient avec nous...

    29062008(010).jpg