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  • 29 janvier

    L’homme marche d’un bon pas.

    Malgré lui, il jette néanmoins un coup d’œil de temps en temps sur le côté, comme pour s'assurer que son nouveau compagnon ne le lâche pas. Car il sent bien que ses forces l’abandonnent parfois, au détour d’une image, d’un souvenir, d’un objet familier qui vous crie soudain tout l’amour que vous portez au fond de vous, bien caché derrière la routine d’un quotidien trompeur.

    Je souris encore. Je rassure ? Peut-être. Je ne sais pas vraiment. Mais je suis là. C’est pas grand-chose… mais c’est un peu de moi qui accompagne l’homme qui marche, le chemineau. Je l’accompagne même si je suis encore ici, au pied de cette même cime depuis laquelle il contemplait la vallée et si lui ce soir pleure au loin dans la nuit phocéenne. Il sait que je suis là qui veille à son côté.

    Et tout d’un coup je lui parle à l’oreille. Je lui parle du petit. Car je l’ai connu le minot ! Vous voulez savoir ? Les chiens ne font pas des chats. Ce regard pétillant, malgré la souffrance. Ce verbe haut et fort, ce charme et cette gouaille. Ce geste large et généreux.

    En fait, vous voulez que je vous dise vraiment ? Ce qui m’a frappé, chez vous deux, c’est cette exubérante générosité. Un beau garçon que t’as eu là, mon chemineau.

    Mais le vent s’est levé sur la cime… Une plainte qui faiblit puis renaît. Un souflle rauque, un sanglot ? Tiens, mon chemineau. Pose ta main sur mon épaule. Tu as besoin de souffler un peu.

    Je pense à vous.

  • 27 janvier - A Roger, à Philippe

    De l’autre côté de la colline, le ciel est différent… peut-être parce que nos regards sont guidés vers le nord par la longue ligne du Jura qui glisse peu à peu vers l’horizon pour se fondre, au-delà des brumes, dans un univers inconnu : là-bas.

    Debout sur la crête, face au lac, un homme se dresse, malgré ses épaules un peu affaissées. Le voyage a été long et, à ses pieds, le sac qui l’accompagne semble lourd, si lourd. On ne sait si l’homme marque une simple pause ou s’il réfléchit au but de son voyage.

    Se serait-il trompé ? La route qu’il a prise pour arriver jusqu’ici, sur cette cime entre hier et demain, certes tortueuse, lui a semblé la seule possible, ou à tout le moins la seule qu’il se sentait la force de parcourir. Et ce sac, ce sac qui sans cesse pèse sur ses épaules, ne lui a pas facilité la tâche, jour après jour.

    Ce matin, une nouvelle lui est parvenue, d’au-delà de l’horizon, mais au sud, cette fois. Un enfant – son fils, avait voulu l’aider à vider ce sac. Il avait pensé que son souvenir prenait trop de place dans le sac de son père. Alors, pendant la nuit, quand la ville dormait, il a volé le lourd carnet de son existence, que son père gardait soigneusement enfoui au fond du sac.

    C’est comme ça les enfants, ça fait des bêtises parfois.

    L’homme se penche, le sac est là, toujours aussi lourd. Si l’enfant n’est plus à ses côtés, son âme est bien là, qui prend presque toute la place au fond du sac. L’homme sourit, tendre pensée pour son enfant, là-bas, au sud. Il est pardonné, le petit.

    Je me suis approché, porté par son sourire et par celui de ma Brune, qui me poussait à aller de l’avant. Approche, disaient ces deux regards.

    Nous avons peu parlé. On est comme ça, tous les deux. Mais à deux justement, les sacs sont moins lourds. Alors, on a décidé de faire le reste du chemin ensemble. C’est mieux. Même si on parle peu.

  • 25 janvier

    Du haut de la colline le Léman se découvre et s’offre à nos regards. Tout en haut, l’étoile du berger nous incite au départ. Un peu plus bas, vers l’ouest, en cette aurore claire déjà sur le Jura, une lune tronquée s’échappe vers demain. Plus bas encore, la vigne se refait peu à peu une beauté sereine entre les mains noueuses des artisans du vin.

    Mais c’est tout en bas, là-bas que nous attend le jour : le serpent blanc et rouge glisse sur l’autoroute et nous devons sagement nous laisser absorber dans ses flancs de métal.

    Heureusement, c’est vendredi !

  • 23 janvier

    - Ça suffit ! (La voix est péremptoire mais assez rieuse.)
    - C’est lui qui a commencé !
    - Il m’a donné un coup de pied !
    - Ça suffit j’ai dit ! (La voix simule l’agacement, sans vraiment y parvenir.) Et puis vous allez être en retard à l’école.

    Voilà comment les gamins du quartier, encadrés par une maman volontaire, démarrent leurs chemins d’écoliers…

    Pendant ce temps sur la place du village, avec patience, la pleine lune reste accrochée quelques instants au clocher.

  • 21 janvier

    C’est un soleil radieux qui court sur la campagne comme un mulot heureux quand la neige a fondu. Je perçois, s’éloignant, le parfum des compagnes qui partageaient tantôt quelques pas impromptus sur le plancher brûlant de notre milonga. Que la soirée fut belle, pourtant si loin, déjà…

    Nous avons dansé, oui mais le réveil sonne. Ami, voilà lundi !

  • 18 janvier

    Une gouttière égrène son chapelet tenace, plus loin six heures frappent les cloches sur la place. Le foehn s’est effacé mais l’atmosphère est douce, un autobus emporte son lot de jeunes pousses. Les collégiens rieurs voient s’enfuir le goupil qui évite avec soin le sentier du chenil.

    Je m’étire endormi… mais il faut se lever !

  • 17 janvier

    Après le noir silence de la nuit et du froid, une ondée crépitante vient frapper à nos portes, la Brune dans l'alcôve se blottit contre moi, peur que Dame pluie dans sa colère ne l'emporte ? Car l'orage sans répit se relève et gronde à l'assaut de ces âmes perdues au bout du monde. Brrr !

    Mais la maison fait face, robuste et courageuse, notre dernier rempart face à la bise et au nord.

  • 15 janvier

    À ce froid déchiré succède le silence d'une plaine jonchée de débris de cristal, car la neige acérée comme un cri, une offense, étend sur le plateau son désir animal. Sans joie elle envahit les cimes alanguies des arbres dont elle brise les branches décaties, elle se glisse muette sous les cols relevés des passants fatigués aux échines châtiées.

    La neige ce matin a envahi la place et l’horloge figée attend le brise-glace.

  • 14 janvier

    La campagne s'éveille dans la bise glacée et la terre craquèle car son coeur est gelé. Le froid est là qui guette le passant égaré. D'une nuit trop profonde sous le ciel étoilé, les silhouettes soufflent sur des mains émaciées.

    La bise ce matin déchire nos demeures alors que vers l'église déjà sonne sept heures...

  • Amis, merci !

    Hier je rencontrai la lune, qui me dit
    Vois, toi qui te pensais en solitude, combien d'amis
    Ont parcouru avec toi le chemin de tes nuits !

    Tel pensait, quand bien même ce sera la Bretagne
    C'est décidé aujourd'hui je l'accompagne.
    Tel songeait, je vais toucher deux mots à sa compagne,
    Elle me soufflera que lui dire, entre deux gouttes de champagne.

    Un troisième plus inspiré, a un discours tout préparé
    Mais l'émotion soudain l'emporte et il a la voix qui grelotte, brisée
    Et c'est bientôt enlacés que l'amitié fut exaltée !

    Amis, comment vous dire que ces messages
    Ont représenté bien plus que tous les paysages
    Et que ces mille émotions sur vos visages
    Me resteront comme le plus beau de mes voyages ?

    Vous m'avez suivi jusqu'à la cinquantaine
    Le cheveu rare, plus abondante la bedaine,
    Et les chaussures rouges... au fond de la benne !

    Amis, merci !

    Amis, je vous dédie ce petit poème,
    Un peu ma façon à moi de dire je t'aime
    Dans la famille dont je suis issu
    Il n'est pas fréquent de mettre son coeur à nu

    KroniK
    pour un vieil ami danseur... et ses amis !

  • Bretagne aussi...

    En écho à mon ami Georges, qui oeuvre avec talent dans son monde graphique, j'ai ramené quelques clichés de Bretagne, où j'avais suivi un vieux copain danseur...

    Les promenades matinales nous ont réservé des bijoux de paysages et de beaux moments d'amitié !

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    Curieux, je les ai déjà vus quelque part ces deux-là !

  • Bienvenue à Hélène !

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    Qui se lance dans le monde des blogs... et au service du tango, s'il vous plaît. Cela mérite mention.

    À retrouver sous Tango et Plus, chez Haut et Fort.

  • Bonne année 2008 !

    Chers amis de KroniK,

    Vous vous dites peut-être : "Il est en retard !"

    Vous pensez sans doute : "Il aurait pu appeler plus tôt !"

    Le fait est que nous sommes déjà le 3 janvier. Mais sachez que le temps fait partie de ces choses immuables que, par utopie ou vanité, l'homme n'a cessé de chasser pour en interrompre la course. En vain.

    Et le temps... Le temps donc, que comme tout humain je poursuivais afin de ne pas le perdre, m'a paradoxalement rattrapé au dernier jour de 2007 et m'a ainsi, magnanime, accordé le droit d'atteindre la cinquantaine.

    Me voici donc à la moitié de mon existence terrestre !

    Il est donc venu le temps de prendre le temps, maintenant que je ne le poursuis plus !

    Alors, le 3 janvier n'est-il donc pas une bonne date pour vous souhaiter la bonne année ?

    Mais bien sûr ! Alors, avec la Brune, nous vous souhaitons à tous que 2008 vous soit douce et tendre !

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  • Bretagne 2007 - Le retour

    Le retour ? Bien difficile ! Avec des soucis de santé... Serait-ce là déjà les premiers signes de la cinquantaine ? Allez savoir !

    Cependant, le passage vers les 50 fut un moment merveilleux et, côté photos, j'ai bien meilleure tête ! Le séjour en Bretagne aura donc été profitable ! Jugez plutôt :

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    Photos de Georges et Tania Araman.