12/10/2007
Où es-tu ? [28]
[épisode précédent]
- Alors on fait quoi, maintenant ?
Voilà la question que se posaient également Juan Filiberto et Mario, ce dernier ayant accompagné son collègue argentin devant la porte du poste de police lorsque celui-ci avait exprimé le souhait de fumer une cigarette.
C’est le moment que choisit un policier en uniforme pour sortir en courant à leur rencontre, une feuille à la main qu’il agitait violemment en hurlant « On les a, on les a ! »
Après un bref conciliabule, les deux commissaires d’agir sans plus attendre et de se rendre sur les lieux ouvertement. Leur conviction était faite : ils n’avaient pas face à eux de malfrats avertis. Tout cela était une affaire de cœur et de famille.
Ce fut de nouveau branle-bas de combat, claquement des portières, sirènes, gyrophares et tutti quanti.
La suite ?
Elle fut à l’image de la vie de Laura : triste, si ce n’est pour Blandine, enfin libérée. Misérable, comme la piètre résistance des « professionnels » appointés par Laura.
- Quel gâchis ! ne put s’empêcher de s’exclamer Juan Filiberto alors que Laura était conduite au poste de police.
La scène faisait en effet peine à voir : les sbires arrêtés, têtes baissées, Laura conduite vers sa folie – elle échapperait sans doute à la prison, comme Grégoire autrefois. Grégoire, qui n’était même pas descendu de la voiture, fuyant encore le regard de Thierry lequel, enveloppé dans une couverture, regardait la scène de ses yeux hagards. Grégoire encore, qui n’osait toujours pas approcher Blandine, qu’il avait pourtant poursuivie jusqu’à son refuge portègne.
Et Blandine enfin, à l’écart sur la terrasse, qui tordait nerveusement ses doigts : la libération ne signifiait pas la fin des tourments !
Comment les argentins s’arrangent-ils pour que leurs histoires finissent toujours dans cette mélancolie ?
- Blandine ?
Elle tourna son visage embué de larmes vers Mario.
- Si nous partons tout de suite, nous serons à la milonga avant que la tristesse nous ait bouffé le cœur.
- À la milonga, après tout ça ?
- Vous m’avez bien promis une tanda…
- Rien ne vous arrête !
- C’est sûr, sinon je ne danserais pas le tango ! Trop dur pour moi !
Il avait réussi à dessiner un sourire sur son visage.
- OK, mais je ne pas certaine d’être d’humeur très joyeuse.
- Vous n’en serez que plus inspirée… Le tango est un sentiment triste qui se danse, n’est-ce pas ?
[FIN]
00:03 Publié dans Histoires courtes | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note











Commentaires
Écrit par : roger de Monique | 14/10/2007
Écrit par : le Pierrot | 15/10/2007
Écrit par : nina | 15/10/2007
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