09/10/2007
Où es-tu ? [27]
[épisode précédent]
- C’est donc vous qui êtes derrière tout ceci ?
À quelques centaines de mètres du poste de police central de Lujan, dans une villa patricienne en bordure de la ville, Blandine ne cache pas sa surprise.
- Mais pourquoi donc ? Que cherchez-vous ? La vengeance ?
- Tais-toi ! Je n’ai rien à faire de ta stupidité ! Que sais-tu de ma souffrance ?
- Qu’elle vous fait faire des âneries, et je suis polie ! Et vous comptez faire quoi maintenant ? Je suis l’appât, c’est ça ? Vous pensez attirer Grégoire et lui régler son sort ! Pour satisfaire votre besoin de vengeance ?
- Tais-toi donc !
- Et pourquoi je me tairais ? Vous m’avez fait kidnapper. Vous m’avez traînée dans le coffre d’une voiture. Qu’est-ce que j’ai à voir dans votre histoire ? Vous êtes complètement timbrée ma pauvre.
- Tais-toi ou, ou, ou bien…
- Quoi, vous voulez aussi vous en prendre à moi ? C’est la meilleure ! Vous m’avez retrouvée à Buenos Aires pour vous servir de moi et venger la mort d’un type qui ne vous regardait même pas ! C’est pas vrai, j’en ai marre de tous ces malades !
Blandine a craqué. Son habituelle retenue a laissé place à une douloureuse colère, qui la pousse à griffer autour d’elle. En l’occurrence, la colère ne l’aveugle pas et elle jette aux yeux d’une Laura maintenant en pleurs, recroquevillée sur elle-même, une vérité crue, trop lourde à supporter.
Laura, qui aimait Jean-François, lequel n’avait d’yeux que pour Florence, son épouse, emportée trop tôt par la maladie. Jean-François, professeur de dessin et victime de Grégoire le maudit qui voyait en lui le symbole de son échec et de sa souffrance.
Laura qui avait essayé en vain de lever la main sur Jeff le tagueur, pensant que celui-ci était l’assassin de Jean-François. Laura, qui jour après jour avait fleuri les tombes de François, et de Florence. Laura, qui peu à peu avait basculé dans la folie, jusqu’à imaginer un scénario abracadabrant, dans lequel se retrouveraient tous les acteurs de son drame.
D’abord, elle avait recherché Grégoire sans succès. Mais elle avait retrouvé la trace de Blandine. Qui la conduirait à Grégoire. Lequel entraînerait dans son sillage Thierry, son père, vers le piège qu’elle avait construit. Le sort lui avait encore offert Mario le flic, qui avait été incapable d’arrêter Grégoire avant qu’il ne commette l’irréparable et qui l’avait laissé partir tranquillement en France !
Elle voulait que ces maux de têtes et ces voix qui la harcelaient cessent enfin. Ils devaient mourir, tous ! L’accompagner dans sa propre fin.
- Alors, on fait quoi, maintenant ?
Blandine n’avait pas perdu sa langue, ni sa pertinence.
[à suivre]
23:25 Publié dans Histoires courtes | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note










Commentaires
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ça marche très bien et son livre est vraiment beau :
Cédric Roquette
Recueil de nouvelles.
Bonne continuation
Écrit par : Martin | 10/10/2007
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