06/09/2007

Où es-tu ? [25]

[épisode précédent]

- Ils se sont arrêtés !

- Où ça ?

- D’après le message du central, ils sont à Lujan.

Juan Filiberto raccrocha son téléphone mobile avec un claquement métallique.

- Lujan ? Où est-ce ?

Au moins, Grégoire avait-il trouvé quelque chose à dire…

- À l’ouest de la capitale. On devrait y arriver d’ici une vingtaine de minutes. Mais cela risque d’être assez coton. Cela n’a rien d’une campagne isolée…

La nervosité était de plus en plus palpable. Grégoire se rongeait ostensiblement les ongles, incapable de réprimer son angoisse. Juan Filiberto fixait la route d’un regard maladif, comme si Blandine allait soudain apparaître devant la voiture de police. Quant à Mario, la tête engoncée dans ses épaules affaissées, il avait l’air de bouder comme un enfant auquel on aurait refusé un jouet ou une part de gâteau.

Ce n’était pourtant pas le cas : les idées se bousculaient dans son esprit torturé. Il cherchait le moindre indice qui pourrait les mettre sur la voie. Mais il devait se rendre à l’évidence : ils n’avaient rien, absolument rien. Par le moindre élément pouvant les conduire vers Blandine…

Il ressassait encore les mêmes idées noires lorsque le chauffeur les ramena à la réalité immédiate.

- Nous entrons dans Lujan, Commissaire. Que voulez-vous faire ? Tourner en rond en essayant d’identifier le véhicule ?

- Autant chercher un politicien intègre dans les rangs de l’Assemblée nationale… Allons plutôt au poste de police central. Ils devraient être en mesure de nous aider. De toute façon, nous devons les briefer.

- Nous y serons dans deux minutes.

Le trait d’humour de Juan Filiberto était vraiment tombé à plat et le silence reprit sa place dans le véhicule, alors que le chauffeur fonçait vers le poste de police.

Il fut soudain interrompu par la sonnerie d’un téléphone mobile – encore un ! –, et l’air de salsa qui envahit l’habitacle leur parut particulièrement inopportun, comme une nouvelle agression. Tous les regards se tournèrent vers Grégoire, dont le visage s’empourprait violemment alors qu’il fouillait maladroitement dans la poche de son jean.

Les deux commissaires s’apprêtaient à envoyer Grégoire au diable, lui et son téléphone. Mais à voir la tête qu’il faisait, fixant l’écran de son téléphone sur lequel à l’évidence était inscrit l’identité de son correspondant, ils comprirent qu’il y avait du nouveau.

À ce moment-là, tout autant parce qu’il percevait l’attente des deux policiers que parce qu’il recherchait le soutien de deux aînés plus expérimentés que lui, Grégoire releva ses yeux emplis d’incompréhension et d’une indicible crainte, déjà embués de larmes.

Il n’eut qu’un mot à offrir à leur oppressante attente :

- Lui ?

[à suivre]

Commentaires

On voit que le Kronik va repartir en voyage. Peut-être va t-on connaître la fin avant son départ Bises fiston

Écrit par : mamita | 07/09/2007

Le suspens atteint son paroxysme, mais c'est QUI LUI? vousle saurez en lisant le prochain numéro... qui paraîtra demain???

Écrit par : roger de Monique | 07/09/2007

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