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  • Où es-tu ? [23]

    [épisode précédent]

    - On a de la chance, Mario. La voiture se déplace. Le mobile est branché. Cela rend la localisation plus aisée, car on peut extrapoler les trajectoires. Un instant…

    Il acquiesça et coupa la communication.

    - En route ! On a deux voitures qui correspondent aux signaux. Le temps que nous soyons sur place, et nous aurons sûrement notre voiture suspecte.

    - Combien de temps jusqu’à là-bas ?

    - Vingt minutes. Ils semblent quitter la ville vers le nord et à cette heure-ci, même avec une voiture de police, ça va être coton. Vite, la voiture est devant l’hôtel.

    Alors qu’ils remontaient Florida à toutes jambes, une voix en français les interpella.

    - Commissaire !

    Les deux se retournèrent en même temps, interrompant leur course.

    - Emmenez-moi ! Je ne veux pas rester seul ici. Où allez-vous ?

    - Grégoire, ceci est une affaire de police.

    - Emmenez-moi !

    - OK, OK, monte. Après tout, ce sera la meilleure façon d’avoir un œil sur toi…

    La poursuite s’engagea. Les hommes étaient tendus. Qu’allait-il advenir de Blandine ? Qui la détenait ? Pourquoi ?

    [à suivre]

  • Vraiment, il a pas honte !

    Ce sacré KroniK, aucune vergogne !

    Un peu de pluie sur Genève et hop ! Le voilà reparti par monts et par vaux aux quatre coins de la planète ! Encore à Bangkok, 35° à l'ombre, fruits de mers et riz parfumés... et pendant ce temps, quoi ? On se gèle en Europe... sauf en Grèce, hélas !

    Mais le voici de retour, avec dans ces poches, quelques épisodes de "Où es-tu ?"

    Il était temps, dix jours sans nouvelles !

    Flavius...
    le seul à rester fidèlement au poste, par vents et marées !

  • Où es-tu ? [22]

    [épisode précédent]

    - Mais que je suis stupide!

    - Que t’arrive-t-il, Mario, un instant de lucidité ?

    - Arrête ! Tu viens bien de parler de portable, n’est-ce pas ? Pourquoi n’y ai-je pas pensé plus tôt. J’étais tellement certain…

    Il fouilla ses poches et finit par retrouver son propre combiné.

    - Tu as son numéro ?

    - Oui, elle me l’a donné, et elle m’a appelé… Ça sonne… Allo, Blandine ?

    - Elle a répondu ? Tout ça pour rien.

    Mais le visage blême de Mario retint Juan Filiberto dans son acerbe tirade.

    - Blandine, Blandine. Gardez votre calme. Écoutez-moi : vous allez raccrocher immédiatement votre portable et le cacher… Oui, dans la voiture… Vous comprenez ? Ne vous affolez pas, on vous suit… Oui, on arrive.

    Il raccrocha.

    - Que se passe-t-il ?

    - Elle a bien été enlevée. Elle est dans le coffre d’une voiture. Deux gars l’ont assommée, puis embarquée. Mais ils ont du agir très vite et ne l’ont pas fouillée. Elle a son téléphone sur elle. Elle va le cacher dans le coffre. On devrait pouvoir localiser le téléphone, n’est-ce pas ?

    - Ce n’est pas un GPS, mais si la zone dans laquelle il se trouve n’est pas trop densément peuplée, on a de bonnes chances.

    - Sinon ?

    - Il faudra fouiller un quartier entier de Buenos Aires… Tu imagines ?

    - Faites qu’ils l’aient emmenée en dehors de la ville.

    - Exactement. J'appelle le central. Donne-moi ce numéro de téléphone, il n'y a pas un instant à perdre.

    [à suivre]

  • Un bébé nommé "@"

    Dans la course au prénom le plus original pour son enfant, un couple de chinois vient de faire très fort. Ils ont souhaité donner à leur bébé le nom de «@» (arobase), caractère informatique popularisé par le courrier électronique.
    «Le monde entier l’utilise pour écrire des e-mails, et, traduit en chinois, il signifie "je l’aime"», a expliqué le père, dont la requête a été rapportée jeudi par un des membres de la Commission nationale sur le langage.

    On ignore si l’état-civil a accepté le prénom mais, au-delà de l’anecdote, la question posée par ce couple renvoie aux difficultés qu’éprouvent des millions de Chinois pour transcrire leur nom.

    Selon Li Yuming, de la Commission nationale sur le langage, ils seraient 60 millions dont les noms seraient formés de caractères si anciens et si obscurs que les ordinateurs ne peuvent les reconnaître. Voilà au moins un enfant qui n'aura pas de problème à écrire son nom sur un clavier d'ordinateur...

  • Où es-tu ? [21]

    [épisode précédent]

    La première chose à faire, c’était de parler à Juan Filiberto. Il ne pouvait pas se permettre de laisser la police à l’écart de cette affaire. À Genève, il était la police. Ici, il n’était qu’un touriste, pas un flic.

    - Juan ? C’est Mario à l’appareil… Écoute, j’ai encore du nouveau… Là, il faudrait vraiment qu’on se voit. Et puis, j’ai besoin d’une adresse, et de quelqu’un pour m’accompagner chez Blandine… Combien ? Trois-quarts d’heure ? OK, je t’attends à l’hôtel… Devant chez Blandine ? Comment ça ? Tu sais où elle habite… Ah bon, tu n’as pas chômé, à ce que je vois… Mais chez elle, ce n’est pas une bonne idée… Écoute, elle a disparu… Vingt minutes ? C’est mieux… OK. Un abrazo también. Chao.

    Il raccrocha. Ainsi, Juan Filiberto s’était intéressé à Blandine. Il l’avait donc pris au sérieux. Enfin, il allait pouvoir compter sur l’aide dont il avait besoin. Juan Filiberto avait réagit en professionnel. Rien avoir avec l’accès de panique de Mario une demi-heure plus tôt… Et cette envie de replonger dans l’alcool…

    Il frissonna. Comme Grégoire, il traînait aussi ses casseroles. Mais par chance, Grégoire l’avait tiré de là, sans le savoir. Au moins une bonne nouvelle…

    Juan Filiberto arriva encore plus vite que prévu. À pied. Discrètement. Mario remarqua néanmoins les deux hommes – en civil – qui s’était postés sur la place.

    - OK, raconte-moi tout parce que je commence à perdre le fil avec tes histoires…

    Malgré l’exaspération apparente, Juan Filiberto l’écouta avec attention, posant de temps à autre une question…

    - Et ce Grégoire, où est-il maintenant ?

    - Au cybercafé, un peu plus bas, dans Florida.

    - Seul ?

    - Je n’ai personne…

    - Bien sûr. Je vais faire venir un homme…

    - Tu veux le voir ?

    - Non, on a vu assez de monde avec lui. Il vaut mieux que mes gars et moi-même restions discrets… Voilà Osvaldo. Va jusqu’au cybercafé, parle à Grégoire, explique-lui la situation. Il faut qu’il sache qui est Osvaldo sans que d’autres puissent le remarquer.

    - Et ensuite ?

    - Aller chez Blandine est risqué, mais je pense que c’est indispensable.

    - Tu crois qu’ils pourraient surveiller son appartement ? Si elle est déjà entre leurs mains ?

    - Mario, pour l’instant, elle a disparu. Elle est adulte. Il n’y a pas eu de contact avec de quelconques ravisseurs. Tu t’emballes !

    - Pressentiment… Flair…

    - Je comprends. Mais la seule voie, c’est son appartement.

    - J’ai une idée à propos du répondeur.

    - Laquelle.

    - Je pense à une stupide histoire affaire d’adultère. Elle couche avec un type d’ici. Et c’est une femme, probablement une argentine, qui a volé le répondeur. Tu paries que c’est pour y découvrir les messages de son mari ?

    - Elle n’a aucune chance ! Il doit sûrement la contacter par son portable ! Bon, en route.

    Pour la première fois, Mario avait le sentiment que les choses avançaient dans la bonne direction.

    [à suivre]

  • Où es-tu ? [20]

    [épisode précédent]

    Il se retrouvait avec Grégoire, en train de boire un verre, pratiquement à la même table que quelques jours plus tôt, lorsqu’il était tombé par hasard sur Blandine. Par hasard ? À constater leur présence à tous les trois, ici à Buenos Aires, comme trois acteurs se retrouvant après des années pour célébrer un improbable anniversaire…

    - Comment ça, une femme ?

    - Eh bien, que voulez-vous que je vous dise, c’était bien une femme ! La trentaine… latino-américaine, peut-être argentine.

    - Je suis un peu désarçonné, je m’attendais à une histoire d’hommes.

    Puis, changeant subitement de ton et de sujet :

    - Qu’as-tu fait pendant ces dix dernières années ? Je n’arrivais pas à retrouver ta trace.

    - Vous me cherchiez ?

    - Depuis deux jours à peine.

    - À cause de Blandine. Vous me suspectiez encore…

    - Tu n’as pas laissé que des bons souvenirs, Grégoire. Souviens-toi comment les médias t’ont surnommé…

    - Le maudit, je sais. Ça me colle encore à la peau, n’est-ce pas ?

    - Disons que lorsque Blandine m’a parlé de l’anniversaire, que j’avais oublié, et que je n’ai pas pu établir ce qu’il était advenu de toi, les doutes sont revenus au grand galop.

    - Pourquoi conversez-vous avec moi alors ?

    - Je ne sais pas. Peut-être parce que ça me permet de t’avoir à l’œil… ou de te jauger – j’ai dit jauger, pas juger. Tu m’as l’air bien dans ta tête, même si l’idée de venir parler à Blandine n’est pas à mon sens la meilleure que tu aies eu. Mais tu n’as pas répondu à ma question, ces dix ans ?

    - Les trois premières années, je les ai passées à l’hôpital. Vous savez, mon visage est intact, mais cela tient du miracle. Le reste du corps n’est pas joli à voir…

    - Les brûlures…

    - Et les éclats de verre. Mes vêtements avaient été déchiquetés et mon corps fut entaillé de toutes parts.

    - Pauvre gosse…

    - C’est bien ce que j’étais, un gosse. Mais j’ai fait des conneries d’adulte.

    - Et après ?

    - Le plus dur, c’est la vie après l’hôpital, lorsque la prise en charge cède la place au monde réel. On considère que vous allez mieux, que vous n’avez plus besoin d’assistance, qu’il est temps de rentrer enfin dans la vie active… C’est compter sans les souvenirs, la peur de l’extérieur. Et il faut faire face à ses actes, car jour après jour, quand la conscience revient, les actes prennent leur dimension réelle, et la folie n’était plus là pour me protéger de la réalité.

    - C’est ton père qui t’a aidé à t’en sortir ?

    - Curieusement, il a tenu sa promesse, pour la première fois : il ne m’a pas abandonné…

    - Pourquoi es-tu ici, Grégoire ?

    - Mais je vous l’ai dit, j’aimerais parler à Blandine. Le temps a passé, je crois avoir réglé mes comptes avec les morts, ma mère, son misérable amant, mon professeur… Mais il me reste à affronter les vivants et, au premier chef, Blandine. Je vous ai dit que je l’aimais, n’est-ce pas ? Mais vous avez bien compris, non, c’est un raccourci, une parabole. Ce que j’aime en elle, c’est qu’elle détient la clef de mon futur. J’ai besoin de son pardon. Pour avancer, et reconstruire mon âme. Recoller mon corps fut difficile. Et mon âme…

    - Écoute, si ce que tu me dis est vrai, et je te crois… Il ne peut y avoir multiplication des coïncidences…

    - Mais de quoi parlez-vous ?

    - Grégoire. Il y a deux jours, je suis tombé sur Blandine par hasard. Tu es venu à sa rencontre. Mais je crois que quelqu’un d’autre est venu jusqu’ici dans ton sillage. Non seulement Blandine est en danger, mais tu l’es aussi !

    [à suivre]

  • Où es-tu ? [19]

    [épisode précédent]

    - J’ai vieilli, Grégoire.

    - Pourquoi dites-vous ça ?

    - Parce que je pense que cela fait un moment que tu es là et que je n’ai rien remarqué.

    - Je vous ai vu entrer deux fois. Tout à l’heure avec Blandine et seul, un peu plus tard.

    - Tu m’as suivi ?

    - Ce n’est pas vous qui m’intéressez euh, comment dois-je vous appeler ?

    - Appelez-moi Commissaire, ce sera plus simple ? Encore à la poursuite de Blandine ?

    - Écoutez, je ne suis plus le Grégoire que vous avez arrêté, ou peut-être sauvé. Et j’aime Blandine, ou son image, ou le souvenir d’un temps passé. Mais même ça, c’est accessoire. Je crois que j’ai surtout besoin de lui parler, de me faire pardonner.

    - N’es-tu pas en train de préparer une nouvelle bêtise, Grégoire ? Je ne suis pas sûr qu’elle veuille t’écouter…

    - Je ne peux pas la blâmer. Mais dix ans, c’est long. Elle a peut-être changé, comme moi ?

    - Comment l’as-tu retrouvée ?

    - Cela fait deux ans que j’ai retrouvé la vie, disons, normale. Aussitôt, elle m’est apparue ordinaire. Alors j’ai fait le même voyage que Blandine. Je suis retourné à Genève, puis je suis allé au Japon, puis à Capbreton, à Biarritz. J’ai trouvé là-bas une de ses amies.

    Un silence, puis…

    - Ils comprennent la souffrance là-bas… Elle m’a donné son adresse à Buenos Aires. Mais le périple m’a pris deux ans. Je devais travailler pour payer ces voyages.

    - Et maintenant, où est-elle ?

    - Elle n’est pas avec vous, dans l’hôtel ? En tout cas, elle n’est pas sortie depuis que vous l’avez accompagnée.

    - Depuis quand nous suivais-tu ?

    - Oh, je ne vous suivais pas vraiment. Je ne comptais parler à Blandine qu’après-demain. Je suis arrivé devant chez elle assez peu de temps avant vous ce matin.

    - Tu as vu quelqu’un quitter l’immeuble ? Peut-être avec un appareil électronique…

    - Oui, oui ! Pourquoi cette question ?

    - Viens, on va prendre un verre. J’ai besoin de réfléchir. Tu saurais le reconnaître, ce type ?

    - Ce n’était pas un type, c’était une femme…

    [à suivre]