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  • Où es-tu ? [18]

    [épisode précédent]

    Que faire ? Mario le flic savait combien les situations d’enlèvement étaient difficiles à maîtriser. Il savait également quelle pouvait être l’hypersensibilité des kidnappeurs devant l’éventuelle implication de la police.

    En bon flic, il savait également que les solutions individualistes n’étaient jamais les meilleures. Il devait demander de l’aide. Seul, sur un territoire qui n’était pas le sien, ses chances de succès étaient trop faibles. Blandine était sans nul doute en danger…

    Mais avant toute chose, même s’il était envahi par un sentiment d’urgence, il avait besoin de réfléchir et, douleur qui resurgissait d’un passé trop lointain, il avait besoin de boire, de boire quelque chose de fort. Il eut une pensée pour Maria qui, au zinc du Café du Consulat, luttait de toutes ses forces pour qu’il ne sombre pas un soir de plus dans l’alcool.

    Par le balcon, il avisa un bar-tabac dans la rue qui longeait l’hôtel. Il pourrait même fumer une cigarette. Il referma la fenêtre soigneusement, quitta la pièce lentement, comme animé par un esprit qui n’était pas le sien, prisonnier de forces et de sentiments contre lesquels il n’arrivait pas à lutter et, s’engageant de nouveau dans l’escalier qu’il avait gravi quelques instants plus tôt en conquérant, il descendit les marches une à une d’un pas pesant et fatigué.

    Ignorant les saluts affables du personnel de la réception, il poussa le tambour de la porte principale pour gagner la sortie sur Florida. Il cherchait à repérer la ruelle adjacente dans laquelle il avait remarqué le café solitaire. D’un regard circulaire, il balaya la foule sans la voir.

    Sauf que… Attend, se dit-il. Une nouvelle alarme s’était allumée au fond de lui. Il voulut la chasser, tout à son errance. Mais elle persistait. Elle revint peu à peu des bas-fonds dans lesquels il s’était enfoncé malgré lui.

    Cette fois, il dévisagea les passants avec plus d’attention. L’un d’entre se tenait immobile face à la porte de l’hôtel. Il attendait. Il l’attendait. Quelques années s’étaient écoulées. Mais il n’eut aucun mal à la reconnaître.

    Grégoire était bien à Buenos Aires.

    Grégoire le maudit…

    [à suivre]

  • Ça barde à l'UMP

    UMP: bagarre sérieuse entre Villepin et Sarkozy.

    Coups bas dans le parti ?

  • Tour de France

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    Hier, j'ai appris que le Tour de France était malade. J'ai suggéré qu'on le mette sous perfusion de vitamines pour le booster mais tout le monde m'a regardé de travers.

    Qu'est-ce que j'ai dit de mal ? On fait bien ça sans arrêt dans la vie de tous les jours, non ? Pour tenir au bureau, bosser tard le soir, etc...

    Non ? Bon d'accord, (maillot=carton) jaune, je reprends mon vélo et je m'échappe...

  • Où es-tu ? [17]

    [épisode précédent]

    Mario, préoccupé, comprenait cependant les doutes de son collègue argentin. Que connaissait-il de cette affaire ancienne, après tout ? Il était assez normal qu’il ait du mal à croire à une histoire de vol de répondeur téléphonique !

    Dans le vestibule de l’hôtel, il jeta un coup à sa montre : Genève dormait encore. Et Blandine ? S’était-elle assoupie ? Il décida de passer la voir. Arrivé au troisième étage, il frappa discrètement à la porte. N’obtenant pas de réponse, il frappa plus franchement. Toujours rien. Mince, où es-tu, Blandine, pensa-t-il, inquiet.

    Il monta jusqu’au cinquième à pied. À peine dans le couloir, il fut soulagé : un message avait été glissé sous sa porte, l’enveloppe dépassait. Il ouvrit la porte, ramassa le pli, l’ouvrit, s’attendant à trouver l’explication de l’absence de Blandine.

    Mais le message n’était pas écrit de la main de Blandine, et il ne portait aucune signature. Quatre mots avaient été tracés d’une main rageuse et menaçante :

    « NO METAS LA PATA »


    En d’autres termes : « ne te mêle pas de ça » ou encore « ne fait de bêtise ». La menace n’était même pas voilée mais, si le mot lui était adressé, c’est bien Blandine qui était visée.

    Il repartit en courant vers le troisième, descendant les escaliers à toute vitesse. Il se surprit à mettre une main au côté, recherchant instinctivement son arme de service, qui se trouvait sous clef à huit mille kilomètres de là !

    La chambre était toujours verrouillée et il n’obtint pas plus de réponse que quelques minutes plus tôt. Il se précipita vers la réception. L’endroit grouillait de monde. Il ne voulait pas non plus semer la panique. En fait, comme il avait pris la chambre à son nom, il demanda simplement une deuxième carte d’accès, qui lui fut remise immédiatement.

    Il entra dans la chambre en ahanant comme un animal blessé, à bout de souffle. Elle était vide, comme il le craignait. Le lit était à peine défait mais on voyait que quelqu’un s’y était couché. Blandine avait donc bien suivi ses conseils.

    Il constata que la chambre occupée par la jeune femme pouvait communiquer avec une chambre adjacente, dont la porte était verrouillée. Il ouvrit la fenêtre : elle donnait sur un petit balcon circulaire, juste au-dessus de la piscine et d’une longue terrasse qui courait le long de l’immeuble. Un coup d’œil à gauche, vers la chambre voisine : il y avait (encore ?) une échelle adossé contre la balustrade du balcon ! Quelqu’un avait très bien pu pénétrer par cette voie, se glisser d’une chambre à l’autre et s’en prendre à Blandine !

    Il craignait plus que jamais pour la jeune femme.

    [à suivre]

  • Où es-tu ? [16]

    [épisode précédent]

    Il avait laissé Blandine dans sa chambre, conscient que cela ne pourrait être qu’une solution provisoire. Pour l’instant, cependant, elle avait accepté de rester, encore sous le choc, et de se reposer un moment.

    Il était grand temps de parler de nouveau avec Juan Filiberto. Heureusement, celui-ci lui avait laissé son numéro personnel.

    - Juan Filiberto, la situation a évolué. Quelqu’un est entré chez la gamine.

    - Elle était chez elle ?

    - Non, non. En fait, elle était venu me chercher parce qu’elle avait reçu un coup de fil anonyme la menaçant.

    - Tu as l’enregistrement ?

    - Eh bien non. Celui qui est entré chez elle a précisément emporté le répondeur… et rien d’autre. Étrange, non ?

    - Euh, tu es sûr qu’elle ne te raconte pas des histoires ?

    - Des histoires, pourquoi faire ?

    - Elle aime peut-être les vieux bonshommes rondouillards.

    - Ah le rat, touché…mais c’est un coup bas !

    - Tu devrais l’interroger, vérifier l’entourage, ses connaissances. Le coup vient d’un proche sinon, pourquoi embarquer le répondeur ?

    La question, une fois de plus, resta sans réponse…

    [à suivre]

  • KroniK file vers le Levant

    Nous pourrions poser à KroniK la question qui nous chagrine depuis quelques jours : "Où es-tu ?". Car il a cet art définitif et magique de disparaître sans crier gare.

    Eh bien, ce soir, c'est encore un nouveau départ. Demain, on pourra peut-être l'apercevoir par ici :

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    Vous avez reconnu ?

    Flavius

  • Où es-tu ? [15]

    [épisode précédent]

    - Ce n’est peut-être qu’un simple cambriolage, voyons !

    Mais la voix de Mario manquait de conviction. Blandine préféra ne pas se rebeller contre cette tentative un peu gauche de la rassurer. Malgré tout, sans hausser la voix, elle s’attacha à montrer au Commissaire qu’elle n’était pas dupe.

    - Et d’après-vous, qui a besoin à ce point d’un répondeur pour entrer chez moi ?

    - Excusez-moi, Blandine, je ne suis pas très doué dans ce domaine…

    - Mais je vois bien que vous vous donnez du mal.

    Il s’agita soudain, conscient qu’ils perdaient un temps précieux et que le sentimentalisme l’égarait.

    - Je crois que le mieux serait que vous quittiez l’appartement pendant quelques jours.

    - Partir, mais où ça ?

    - Votre ami, comment l’appeliez-vous ?

    - Juan, vous plaisantez ? Je suis sa maîtresse ! Sa femme ne va pas m’accueillir à bras ouverts…

    - Vous avez des amies ?

    - Oui, mais elles ont leur vie. Je ne veux pas les déranger avec mes histoires d’un autre temps. Vous savez, je suis venue ici pour vivre autre chose, loin de ce passé qui me hante et me rattrape.

    - Écoutez, je peux faire surveiller l’appartement par la police.

    - C’est la seule solution ? Je n’y tiens pas trop…

    - Il y en a bien une autre… Bon, prenez quelques affaires et venez avec moi. Je vais vous prendre une chambre à l’hôtel. Vous serez en sécurité.

    - À votre hôtel ?

    - Oui, le temps que nous trouvions une autre solution et que nous mettions fin à cette histoire.

    - Bon, pourquoi pas après tout ? Mais vous n’avez pas répondu à ma question : qui avait intérêt à voler mon répondeur ?

    - Peut-être quelqu’un qui pensait qu’un élément lié à ce répondeur le trahirait.

    - Je connaîtrais donc le voleur ?

    - Je le crains, Blandine.

    - Et aussi ceux qui me poursuivent ?

    - Pour ça, je ne peux pas être aussi affirmatif.

    [à suivre]

  • Où es-tu ? [14]

    [épisode précédent]

    Mario n’aimait pas du tout cette idée d’anniversaire mais il n’en laissa rien voir. Comme tout flic, il ne croyait pas aux coïncidences. Il y avait ces types qui rodaient autour de Blandine, la disparition de Grégoire dans la nature, et y ajouter cette date singulière…

    Mais ils arrivaient devant chez Blandine.

    - Voilà, j’habite ici.

    - J’aurais eu du mal à trouver en effet !

    - C’est au troisième. Vous voyez, là-haut, ce sont mes fenêtres. Elles donnent sur la rue mais celle-ci est tranquille. Rien à voir avec Florida !

    - Vous vivez seule ?

    - Oui, mais je connais très bien mes voisins. Cet immeuble est un peu comme une petite communauté. Vous vous rappelez ce squat fameux, à Genève ?

    - C’est sûr, je ne suis pas prêt d’oublier !

    - Eh bien, il y a un peu le même esprit ici. Sauf qu’on paye le loyer bien qu’on soit pour la plupart de vrais fauchés !

    - De quoi vivez-vous, Blandine ?

    - Je donne des cours à l’Alliance française.

    Ils arrivaient. Blandine poussa un cri.

    - La porte est ouverte !

    - Vous l’avez peut-être laissée ainsi lorsque vous êtes venue à ma rencontre ?

    - Je ne sais pas. J’étais assez bouleversée tout à l’heure.

    - Laissez-moi passer, je vais quand même entrer le premier.

    Il s’approcha de la porte et frappa. Dans un espagnol approximatif, il cria !

    - Hola, il y a quelqu’un ?

    Pas de réponse.

    - Policia. Entramos. Nous entrons !

    Il passa la tête dans l’embrasure. Le studio était vide. Tout semblait en ordre.

    - Entrez Blandine, tout va bien ! Il n’y a personne.

    Elle l’avait déjà suivi et faisait le tour de la pièce, touchant un objet ici, replaçant une chaise là, comme pour se rassurer.

    - Bon, ça va. Alors, ce répondeur ?

    Il la vit blêmir.

    - Que se passe-t-il, Blandine.

    Elle leva le bras, désigna une tablette d’une main tremblante, poussa un petit cri d’oiseau blessé, et perdit connaissance.

    Mario se précipita vers la jeune femme, la rattrapa avant qu’elle ne tombe, et la posa tant bien que mal sur le lit. Il se tourna alors vers la tablette. On y distinguait la marque laissée dans la poussière par un objet rectangulaire : à l’évidence, le répondeur avait disparu.

    [à suivre]

  • Où es-tu ? [13]

    [épisode précédent]

    Son téléphone sonna presque immédiatement. Elle tressaillit. Puis, comme l’écran de son téléphone lui indiquait que l’appel venait de Suisse, elle décrocha.

    - Blandine, c’est Mario. Vous avez raccroché un peu vite. JE suis déjà dans la rue mais je ne sais pas où vous habitez !

    Le souffle court de Mario, qui courait à sa rencontre – son sauveur ! -, lui redonna le sourire. Elle l’imaginait traversant la place San Martin en courant pour se rendre compte tout à coup qu’il ne savait pas où il courait ainsi. La générosité de Mario lui redonna aussi du courage.

    Elle s’accorda une seconde pour jeter un coup d’œil circulaire à son studio puis à son reflet dans le miroir et repris la conversation.

    - Mario, je crois qu’il vaut mieux que je vienne à votre rencontre, vous n’allez jamais trouver. Trop compliqué pour un touriste. Je vous retrouver au bar de la piscine dans quelques minutes, je n’habite pas très loin.

    - OK, Blandine, je reviens sur mes pas et je vous attends !

    - J’arrive !

    Elle mis un peu d’ordre dans ses affaires, retoucha sa coiffure, et sortit.

    - Mario, merci de vous occuper de moi ainsi…

    - Oh, c’est bien naturel Blandine, mais mon prix sera exorbitant !

    Cela la fit rire. Au contact du flic, elle retrouvait son calme, et un peu de sérénité.

    - Ah, et à combien chiffrez-vous vos services ?

    - Je dirais, voyons… une tanda de Color Tango !

    - Ouf, c’est tout à fait dans mes moyens, heureusement.

    - Et si nous allions danser ce soir ? Euh, si vous êtes libre, bien sûr…

    - Je crois que votre compagnie me fait du bien Mario. J’accepte !

    - Et bien, puisque les tarifs sont fixés, et acceptés, si nous allions voir ce répondeur ? Vous vous sentez prête à… comment dire ? À reprendre l’enquête ?

    - Maintenant oui. Allons-y. Ce n’était peut-être qu’une fausse alerte après tout. Cela doit être cet anniversaire qui me turlupine encore.

    - Un anniversaire ?

    - Oui, et il vous concerne aussi. Après-demain, cela fera exactement dix ans que vous avez arrêté Grégoire le maudit…

    [à suivre]

  • Où es-tu ? [12]

    [épisode précédent]

    Allongée sur le dos, Blandine passa la main droite sur le matelas, près d’elle. Vide. Machinalement, elle jeta un coup d’œil endormi au radio-réveil. Six heures trente. Juancho était loin. Sage, il avait retrouvé le lit conjugal bien avant l’aube.

    Elle n’était que la petite française que l’on drague, qui ferme les yeux quand on la couche, et qui s’endort quand on la touche ! Vexée de ne même pas l’avoir entendu partir, elle se leva pour aller dans la cuisine. Elle n’avait plus envie de dormir.

    Dans le couloir, le voyant du répondeur clignotait. Elle n’avait même pas entendu la sonnerie, c’était un comble !

    Machinalement, elle fit défiler le message. Rien, pas un bruit, ou si, peut-être, un souffle.

    Elle recevait parfois des messages vides, les gens ayant raccroché avant de laisser un message mais là, c’était différent. Il y a avait quelqu’un en ligne, elle en était quasiment certaine.

    Elle fit repasser le message. Une respiration était tout à fait perceptible. Elle eut froid dans le dos. Elle voulut savoir qui lui avait laissé ce message. Pas de numéro. Le correspondant avait caché son identité.

    Elle n’osait même plus toucher l’appareil, paralysée. Puis elle courut dans la cuisine, affolée, et se précipita sur son téléphone cellulaire.

    - Mario, Mario, venez, venez vite !

    Puis elle s’effondra en sanglots. L’histoire recommençait…

    [à suivre]

  • Où es-tu ? [11]

    [épisode précédent]

    - Ça alors, Mario, Mario le flic !

    - Hola, Juan Filiberto. Quelle joie de te revoir ! Et merci de m’accueillir…

    - Tu plaisantes ou quoi. C’est génial que tu sois à Buenos Aires. Dis, jusqu’à quand restes-tu ? Il faut absolument que je te prépare un asado.

    - Un asado, qu’est-ce que c’est ?

    - Vous appelez ça un barbecue, je crois. Mais ce que vous faites en Europe n’a rien à voir avec la méthode argentine. Tu verras, tu vas adorer. Tu aimes la viande grillée, j’espère ?

    - Dis, comment fais-tu pour parler aussi bien le français ? Tu m’épates vraiment !

    - C’est que j’ai des amis parisiens, qui viennent ici de temps en temps. Des danseurs de tango. [1]

    - Comment, tu danses aussi ?

    - Non, non, pas moi. Je n’ai jamais mis les pieds à la milonga. Dans l’histoire du tango argentin, notre génération a été sacrifiée. Et pas uniquement dans l’histoire du tango d’ailleurs…

    - Vous n’oublierez jamais ces années noires, n’est-ce pas ?

    - Si les argentins oubliaient leurs malheurs, ils n’auraient pas inventé le tango, Mario !

    Un ange passa. Il s’éloigna, ombre sur le pavé de San Telmo, à la recherche d’une fille prête à offrir son cœur…

    - Mais, dis-moi, Mario. Qu’est-ce qui t’amène ici un lundi matin à l’aube ou presque ? Tu es en vacances, tu aurais pu passer à l’heure du café !

    - C’est que j’aurais besoin d’aide pour une affaire.

    - Un affaire ? Ici, à Buenos Aires ?

    Mario acquiesça.

    - Viens, allons le boire ce café !

    [à suivre]

    [1] Voir "Mariage pluvieux"