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  • C'est beau Genève la nuit...

    Même lorsque les orages éclatent au-dessus du Léman...

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    Photos de Christophe Suarez

  • Où es-tu ? [10]

    [épisode précédent]

    - Disparu ? Mais comment ça, disparu ?

    Il était trois heures du matin et Mario était en ligne avec le Bourg-de-Four, à Genève, où un de ses collègues arrivé tôt au commissariat avait reçu ses courriels et s’était chargé de trouver les réponses.

    - Mais qu’est-ce qui te préoccupe avec ce gosse ?

    - Ce qui me préoccupe ? C’est surtout qu’il a tué sa mère, un des êtres auxquels il tenait le plus au monde, parce qu’à ses yeux, elle ne le comprenait plus.

    - Et alors ?

    - Il pourrait tout à fait s’en prendre à Blandine.

    Mario discutait depuis près d’une heure avec son collègue qui l’avait appelé après avoir fait l’essentiel des recherches que Mario avait requises. Il lui avait exposé la situation à Buenos Aires et les inquiétudes de la jeune femme.

    - Et tu crois qu’il pourrait se trouver à Buenos Aires ?

    - Rien n’est impossible puisque nous en avons perdu la trace.

    - Écoute, il a passé près de dix-huit mois à l’hôpital, dont quatorze en France, après que son père en eut obtenu l’autorisation. Suite à l’enquête, on a jugé qu’il était irresponsable…

    - Et il n’a même pas été jugé, je sais.

    - Je crois que c’est plus que ça encore.

    - Quoi donc ?

    - Il a été complètement oublié par le système. Pour les suisses, l’affaire était close.

    - Et pour les français, c’était un grand brûlé au chevet duquel son père est resté pendant des mois et des mois. Cela ne fait ni la une des journaux, ni la priorité de la police.

    - Il devait être dans un tel état que personne n’a songé à le contrôler. Écoute, tu crois vraiment que Grégoire peut encore être une menace.

    Martin venait de mettre le doigt sur un point sensible.

    - Lui non… Mais peut-être un de ses proches. Quelqu’un qui l’aurait vu souffrir…

    - Tu penses à Thierry, son père ?

    - A vrai dire, je n’en sais rien. Ce sont juste des perceptions fugitives. Écoute, il faut que je dorme un peu. Pendant ce temps, essaie de contrôler ce qu’est devenu le père. Il nous conduira peut-être à son fils, qui sait ?

    - OK. Et si tu as besoin d’aide sur place, fait-moi signe ! J’adore l’Amérique latine…

    - Merci Martin. Appelle-moi dès que tu as d’autres infos.

    [à suivre]

  • Où es-tu ? [9]

    [épisode précédent]

    La fureur et la stupidité n’altéraient pourtant pas son sens pratique ou son expérience… Mario connaissait assez bien les chasseurs de touristes pour savoir que ceux-ci ne suivaient pas leurs proies potentielles comme l’avaient fait les deux sbires qu’il avait surpris par le plus grand des hasards.

    Donc, ces deux n’étaient pas des malfrats ordinaires, tout comme Blandine n’était pas une proie parmi d’autres. Il y avait là plus que l’ébauche d’un crime crapuleux. Et en tout état de cause Mario le flic était, à tous les sens du terme, complètement désarmé face à des hommes qui connaissaient Buenos Aires bien mieux que lui et qui savaient ce qu’ils cherchaient : il avait besoin d’aide.

    Il ne connaissait pratiquement personne à Buenos Aires mais il avait eu la chance de passer une semaine en binôme avec un policier local lors d’un stage au Secrétariat général d’Interpol à Lyon. Juan Filiberto de Dios était l’homme de la situation.

    - J’irai le voir dès demain, susurra-t-il pour lui-même, alors que Blandine et Juancho terminaient leur bouteille de malbec.

    Il se leva brusquement. Blandine était en de très bonnes mains et ne risquait plus rien, au moins pour le reste de la soirée, et probablement de la nuit. Quant à lui, il avait encore à faire. Il avait son ordinateur à l’hôtel et il avait des recherches à faire et des courriels à transmettre : qu’était donc devenu Grégoire le maudit ? Blandine avait-elle raison de s’inquiéter à son sujet ?

    Il voulait répondre à ces questions avant l’aube… Avec le décalage horaire, tout était possible !

    [à suivre]

  • Petite pause voyage

    Pour ceux qui s'inquièteraient du silence de Mario, le flic, sachez que KroniK est parti pour quelques jours en voyage ici... et que le décalage horaire (sept heures), même s'il permet d'être éveillé à des heures généralement propices à l'écriture, transforme tout cerveau en marshmellow (notre bonne vieille guimauve, pour ceux dont l'anglais est à rafraîchir...) totalement inexploitable !

  • Où es-tu ? [8]

    [épisode précédent]

    Ils bavardaient de tout et de rien, comme deux vieux amis qui se seraient retrouvés après des années de séparation. Parfois, Mario se laissait aller à cette complicité nouvelle, rêvant à cette jeune femme de quinze ans sa cadette… Mais bien vite, le flic reprenait le dessus.

    Le danger d’abord, pensait-il. Pour le reste, laissons faire les lois de la nature, et elles ne me sont pas favorables, je n’ai ni jeunesse, ni toit ni fortune.

    - Blandine, aborda-t-il, alors que la conversation marquait une pause et qu’un voile léger passait devant les yeux de la jeune femme attablée avec lui à la piscine du Plaza. Quand nous nous sommes rencontrés, vous vous êtes écriée « Mon sauveur ! » Avez-vous remarqué quoi que ce soit de spécial ces jours-ci ?

    - Vous voulez dire un danger, n’est-ce pas ?

    Il acquiesça de la tête et du regard.

    - J’ai l’impression d’être suivie et, vous allez trouver ça bête, que c’est le maudit.

    - Le maudit ?

    - Oui, vous savez, Grégoire. La presse l’avait surnommé « Grégoire le maudit ».

    - Bien sûr, bien sûr.

    Il n’en revenait pas de l’aptitude des journalistes à trouver des noms attractifs pour tout le monde, et rien pour lui… Les gratuits qui fleurissaient dans les rues de la ville s’étaient contentés d’un « Mario le flic » bien terne.

    - Et vous, comment vous appelez-t-on ?

    Elle rougit, ce qui le fit frémir de nouveau.

    - Mmm, « Blandine la capricieuse » mais c’est plutôt le destin qui est capricieux avec moi, vous ne trouvez pas ?

    Il n’avait plus d’argument à faire valoir.

    - Écoutez, quelqu’un vous a bien suivi, tout à l’heure, mais ce n’était pas Grégoire. Plutôt des voleurs, des pickpockets peut-être.

    - Mais comment se fait-il que je me sente suivie depuis plusieurs jours maintenant ?

    - Vous avez vécu une aventure très douloureuse, Blandine. Écoutez, je vous propose quelque chose. Je suis en vacances. J’ai du temps. Si vous voulez, je jette un œil autour de vous pour voir ce qui se passe.

    - Vous voyez bien que vous êtes mon sauveur !

    - Disons plutôt un ange gardien !

    - D’accord. Oh, ce soir, je dîne à Puerto Madero. Vous voulez venir ?

    - Seule ?

    - Non, je vous présenterai mon… euh, mon copain.

    - Non, non. Je ne serai pas loin mais je ne veux pas troubler votre soirée !

    Intérieurement, il se sentait furieux et stupide… et probablement jaloux. Mais cela était difficile à expliquer à Blandine…

    [à suivre]

  • Où es-tu ? [7]

    [épisode précédent]

    Malgré leur échec, il regardait les deux acolytes sans dureté. Après toutes ces années, sa détermination s’était estompée et parfois, il se demandait s’il ne devait pas abandonner, et se laisser simplement aller à la lassitude.
    Mais toujours, la colère reprenait le dessus et sa mission devenait plus limpide. Une fois de plus, il s’ébroua, laissant de côté le doute.

    - Ainsi, elle vous a filé entre les doigts ?

    - Pas exactement, Monsieur. En fait, elle a rencontré un type au moment où nous pensions intervenir et ils sont entrés dans un hôtel. Nous avons attendu plus d’une heure mais ils n’ont pas bougé du bar de la piscine, comme s’ils se connaissaient depuis des années et avaient des tas de choses à se raconter…

    - À quoi ressemble-t-il ?

    - Oh, un européen, la cinquantaine, bedonnant, un peu chauve… mais il y en a des milliers comme ça. Il passerait totalement inaperçu.

    - L’autre ajouta : je crois qu’il est flic…

    - Flic ? Comment ça ?

    - Je suis sûr qu’il nous a repérés. Il avait une façon très particulière d’observer la rue, sous ses faux airs de touriste sans histoire…

    - Et il connaissait la fille ?

    - Il l’a abordé et elle a eu l’air ravi de tomber sur lui. À l’évidence, ils sont tomés l’un sur l’autre par hasard.

    - C’est bien ma veine…

    Il n’en voulait pas spécialement à cette fille… mas il s’était engagé sur un chemin, et ne savait pas comment s’en écarté, prisonnier d’une résolution, et de cette unique raison de vivre. La vengeance.

    Qui pouvait bien être ce flic. Il se souvint de quelque chose, s’approcha d’un tiroir, puis revint vers les deux gars.

    - Vous croyez que ça pourrait être lui ?

    - Ah oui, c’est bien ça, mais cette photo date de plusieurs années, n’est-ce pas ?

    - Oh oui…

    Nom de Dieu, Mario le flic. À Buenos Aires… Il m’accompagnera donc en enfer, cette racaille de flic.

    Non qu’il en voulut à Mario spécifiquement. Mais il en voulait au monde entier. Et il voulait aussi à tout prix que d’autres, liés au souvenir d’une blessure ancienne, souffrent à leur tour.

    Et il avait décidé de commencer par Blandine. Mais si le sort lui désignait Mario, pourquoi pas. L’un ou l’autre, après tout…

    [à suivre]

  • Où es-tu ? [6]

    [épisode précédent]

    Il comprit presque instantanément que deux gars étaient en train de suivre une jeune femme, laquelle semblait d’ailleurs très nerveuse, un sixième sens lui ayant sans doute fait pressentir le danger. Elle n’arrivait pourtant pas à repérer ceux qui la filaient, probablement parce qu’elle pensait n’avoir affaire qu’à un seul individu et, vu que ceux-ci se relayaient en remontant la foule à tour de rôle, elle n’arrivait pas à fixer son regard sur un visage qu’elle aurait pu repérer, ou reconnaître.

    Ce manège n’avait pourtant pas échappé à Mario, dont le cerveau fonctionnait presque comme celui d’un autiste lorsqu’un signal lui indiquait un danger. Tout à coup, les filtres naturels de la perception cessaient de fonctionner, et il pouvait analyser une scène de crime ou, comme ce soir, une foule en mouvement, comme un magnétoscope qui enregistrerait un paysage défilant devant son objectif.

    Que faire ?

    Il n’avait aucun pouvoir pour intervenir, ne parlait pas la langue locale et, même si tous ses sens lui disaient que la jeune étrangère était menacée, rien ne permettait de fonder sa perception sur une réalité objective.

    - Déformation professionnelle, pensa-t-il. Pas réussi à décrocher du boulot. Je suis en vacances, m…

    Au moment où il allait prononcer le fameux mot de Cambronne, il étouffa une exclamation de surprise.

    - Ça alors ! Il venait de reconnaître la jeune femme, même si son nom ne lui revenait pas.

    Elle avait quelques années de plus, même si celles-ci ne semblaient pas avoir la même effet sur elle que sur lui…

    Plutôt que de tergiverser sur l’âge qu’elle pouvait avoir aujourd’hui, il s’approcha d’elle et l’aborda.

    - Blandine ! Le nom lui était revenu…

    Elle fit un bon, se retourna, et se détendit d’un seul coup.

    - Mon ange gardien, s’exclama-t-elle. Vous ne pouviez pas mieux tomber, inspecteur.

    - Commissaire, mademoiselle, les années ont passé.

    - Oh, félicitations !

    Il jeta un coup d’œil au sac coloré qu’elle portait en bandoulière.

    - Des chaussures. Vous dansez le tango ?

    Ému, il en aurait presque oublié les deux larrons qui la suivaient.

    [à suivre]

  • Où es-tu ? [5]

    [épisode précédent]

    Il était descendu au Plaza Buenos Aires, un bel hôtel quasiment centenaire qui devait son nom au fait que son entrée principale se trouvait sur la Place San Martin, même si son adresse postale indiquait Florida 1005. Il avait choisi cet hôtel en raison de son confort à l’ancienne et de son emplacement, très central.

    Plusieurs amis lui avaient conseillé un des nombreux logements populaires parmi les danseurs de tango, mais il avait considéré que, pour une première expérience, il s’accommoderait mieux d’un endroit dans lequel il pourrait se perdre parmi les touristes et hommes d’affaires, pour la plupart américains, qui représentaient la clientèle traditionnelle de cet établissement. En plus, sa paie de Commissaire de police en fin de carrière était confortable et lui permettait de s’offrir un tel endroit. Et cela faisait tellement longtemps qu’il n’avait pas pris de vacances !

    En fait, il ne se sentait pas encore le courage de passer nuit et jour dans le milieu tango, lui qui se surprenait encore d’être à Buenos Aires et d’avoir osé franchir le pas pour se rendre dans La Mecque du tango argentin ! Sans parler de sa décision insensée de se mettre à la danse !

    Comme toujours, cela avait été le fruit du hasard… ou plutôt de l’insistance d’un collègue de bureau. Prenant prétexte d’une affaire de travailleurs clandestins évoluant dans le milieu des écoles de danse, en particulier les danses latines, révélée par des concurrents de la place peu enclins à partager le marché, elle l’avait entraîné dans un stage d’initiation. L’affaire devait être d’une grande complexité, puisqu’elle avait requis son assistance et sa présence assidue pendant plusieurs mois !

    Juste assez pour qu’il prenne goût au tango argentin (les autres danses le barbaient un peu) et découvre non sans perplexité qu’il n’avait pas deux pieds gauches…

    Et c’est en descendant Florida, un bon cigare à la main, que Mario le flic remarqua que quelque chose clochait.

    [à suivre]

  • Où es-tu ? [4]

    [épisode précédent]

    Elle n’avait pas rêvé pourtant. Un pas suivait ses pas. Un regard déchiffrait son regard. Une main anticipait ses gestes. Elle n’avait pas tort. Mais malgré tout, elle refusait l’évidence, même si une question récurrente la tourmentait sans cesse…

    Le maudit était-il de retour ?

    Qu’était-il advenu de Grégoire ? Dix ans plus tard, Grégoire le maudit, enfant matricide, avait-il trouvé le réconfort auprès de ce père trop longtemps absent qui, revenu sur les pas de sa jeunesse, avait alors appris qu’il avait un fils, que celui-ci venait de tuer sa mère et qu’il était mourant, fauché par le feu combiné d’une explosion de gaz et des milliers d’éclats de verre d’une baie vitrée déchiquetée ?

    Même dans sa fuite vers le levant, Blandine avait essayé de suivre le cours des choses à Genève. Mais rien n’avait filtré. Comme si l’affaire n’avait jamais existé. Pas le moindre article de Bertrand le journaliste. Rien dans « Le Temps romand ».

    Pas la moindre trace de l’enquête non plus. Et du flic, encore moins. Comment s’appelait-il déjà ? Mario. Mario le flic. Rien. Ni procès, ni irresponsabilité de Grégoire, ni avis de décès… Grégoire était-il mort ? Était-il retourné à Paris avec Thierry, son père ?

    Oh, bien sûr, elle n’avait pas été assidue dans ses recherches, partagée entre la volonté de savoir et celle de fuir. Mais aujourd’hui, comme elle aurait aimé savoir ! Comme elle aurait voulu être rassurée !

    Peine perdue…

    [à suivre]

  • Où es-tu ? [3]

    [épisode précédent]

    - Et qu’as-tu dit à ta femme, pour ce soir ?

    - Oh, je n’aime pas mentir, à quoi bon ? Les argentines ne sont pas stupides…

    - OK, OK, n’insistons pas. Je ne me ferai vraiment jamais à votre légèreté. Restons plutôt sur une bonne note.
    Tu me donnes une heure que je me fasse belle ?

    - Prends ton temps. J’ai réservé à vingt heures trente à l’Enoteca, à Puerto Madero.

    - J’y serai sans faute.

    Elle esquissa un baiser et le transmis dans un souffle. Puis elle fit volte-face et partit d’un pas au ton nouveau, plus frais, plus léger.

    Son pas s’alourdit cependant peu à peu alors qu’elle remontait Florida. Comme à sortie de la milonga, elle était envahie par un sentiment d’oppression. Elle respirait avec difficulté. Soudain, elle fit volte-face, persuadée qu’on la suivait.

    - Ça ne va pas recommencer, ces histoires… murmura-t-elle pour elle-même, alors qu’elle scrutait la foule en vain.

    Personne. Personne, en apparence, ne suivait Blandine la Capricieuse. Pourtant, à l’autre bout du monde, elle souffrait encore de ces anciens traumatismes. C’était à Genève. En route pour un long périple, chemin de foi, qui devait la conduire de la côte atlantique française jusqu’au lointain Japon et ses temples au réconfort espéré, elle avait fait escale à Genève… où le maudit guettait ses proies, ivre de malheur et de rage.

    Cette ombre la poursuivait depuis, malgré les deux années de prière et de reconstruction passées à Kyoto. La philosophie occidentale l’aidait chaque jour vivre avec ses blessures, mais ne pouvait en rien effacer celles-ci. La pierre qui frappe l’eau y laisse une onde qui frémira toujours.

    Mais n’était-ce qu’une ombre ? Depuis quelques jours, un sentiment de danger revenait sans cesse, comme si le souvenir avait cédé la place à une réalité répétée. Pourtant, les rues de Buenos Aires n’avaient rien de semblable à celles de Genève ! Mais ce n’était pas l’architecture qui l’oppressait, comme elle l’avait crû un moment là-bas, c’était une menace bien réelle, les faits l’avaient démontré.

    Et ce soir, la prémonition ne semblait pas vouloir lâcher prise. Pour la première fois en dix ans, la peur était de retour.

    Une main l’effleura. Elle poussa un cri. Mais ce n’était qu’un passant pressé qui l’avait bousculée. Elle reprit sa marche, sous les regards soupçonneux de citadins affairés.

    [à suivre]