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  • Où es-tu ? [2]

    [épisode précédent]

    La Yumba, la Yumba et sa respiration saccadée lui oppressait le souffle et ne cessait de la poursuivre. Elle reconnut un des albums les plus caractéristiques du maître : Ausencia, l’absence. Le cauchemar la poursuivait jusque sur les trottoirs de Buenos Aires. Le morceau n’était enfin plus audible, ni dans la rue, ni dans sa tête. Elle avait marché droit devant elle, véritable fuite.

    - Où suis-je ? se demanda-t-elle soudain. Ah, Florida !

    Elle n’était pas allée bien loin, ayant remonté Suipacha en sortant de La Confitería Ideal. Maintenant qu’elle avait repris ses esprits, elle se rendit compte qu’il devait être dix-neuf heures. La rue, très passante, était noire de monde et le brouhaha était à son comble en cette fin d’après-midi. Comment avait-elle pu faire ne serait-ce que quelques pas entre boutiques, marchands ambulants, touristes alanguis et argentins pressés sans se faire bousculer, voire insulter, ou même sans se rendre compte du vacarme ambiant ?

    Tout à coup, elle reconnut une voix qui l’appelait par son nom. Elle tressaillit.

    - Blandine, Blandine !

    - Ah, Juanchito. Tu m’as effrayée. Je ne t’avais pas vu, avec tout ce monde.

    - C’est que tu étais encore dans tes rêves. Était-ce encore tes cauchemars ou tes rêves de jeune fille ?

    - Che, la jeune fille est bien loin. Et ces cauchemars n’intéressent personne !

    Après quelques années en Argentine, elle avait adopté le parler local, ainsi que la philosophie mélancolique et pleine de dérision des intellectuels argentins.

    - Tu as tort, Blandine. Tout ce qui te touche m’intéresse, tu le sais bien !

    - Mais cela ne t’empêche pas de rentrer le soir à la maison et d’y retrouver ta femme et tes enfants !

    - Tu es encore et toujours cette petite française que j’ai rencontrée il y a dix ans. Tu n’as pas encore appris à connaître cet aspect, assez curieux j’en conviens, de la culture latino-américaine.

    - Oh que si, Juancho. Je l’ai bien appris, et à mes dépends ! Et tu connais mon avis sur la question. C’est à coups de pieds où je pense que ce problème devrait se régler !

    - Allons, corazón… Je t’emmène dîner ce soir ? Et on ira danser si tu le veux. La nuit est à nous !

    - Et tu partageras ma table à la milonga ?

    - Promis. Main sur le cœur. Ton amant disparu te hante-t-il encore ?

    Elle s’assombrit un instant, avant de partir d’un rire radieux.

    - Lorsque tu m’amènes au bal, il y a trop de lumière pour les fantômes !

    [à suivre]

  • Où es-tu ?

    La mélodie déchirée d’Astor Piazzolla venait de rendre un dernier soupir avec l’empathique soutien d’un archet généreux, presque furieux. Pendant de longues minutes, l’âme de Blandine tourbillonna autour de cette plainte arrachée à un cœur d’enfant, et si longtemps retenue. Adiós Nonino, l’adieu, l’hommage à ce père disparu trop tôt, comme toujours… C’était une version de l’orchestre d’Osvaldo Pugliese. Elle reconnut l’album Nostalgico.

    Toute à son écoute, elle ne s’était même pas aperçue que le bal – la milonga, comme l’appelle les aficionados de tango – suivait son cours. Les morceaux de Pugliese s’enchaînaient et, selon la tradition, il y en aurait une série de trois ou quatre. Ces séries, les tandas, rythmaient la soirée. Deux séries de tangos, une de valses, deux tandas de tango, une de milongas, et ainsi de suite. La milonga, c’était à la fois le bal de tango, le lieu où l’on allait danser, et une forme de danse particulière, ludique et très enlevée.

    Elle aimait danser la milonga, mais elle aimait avant tout le bal, et l’atmosphère si particulière des salles de bal, ces silhouettes, ces regards. Elle leva furtivement l’éventail qu’elle avait toujours à portée de main lorsqu’elle allait danser, afin que personne ne remarquât les larmes qui soulevaient sa poitrine et venaient frapper ses yeux, gemmes trop transparents qui ne savaient rien cacher de ses émotions.

    Car alors qu’elle était assise juste au bord de la piste, là où la lumière était la plus intense, les couples enlacés disparurent de son champ de vision, enveloppés par la brume de ses sombres sentiments.

    « Grégoire, toi le maudit, où es-tu ? Et pourquoi, malgré cette absence, reviens-tu chaque nuit me hanter dans les milongas ? »

    Et comme le maudit, la musique la poursuivait sans relâche, obsession de vies croisées, de vies brisées. Et c’était le morceau le plus lancinant de Pugliese, le plus abrupt, qui concluait cette tanda… Pour briser le cauchemar, elle courut se réfugier dans la nuit portègne.

    [à suivre]

  • Rentre, il est tard ! [22]

    [épisode précédent]

    - Bonjour Commissaire, je vous sers un cognac ou vous êtes moins retourné qu’avant-hier ?

    - Ne rigolez pas avec ça patron, l’instit est mort…

    - Ouais, pardonnez-moi. Alors, qu’est-ce que je vous offre ?

    - Vos services… Ça vous dirait d’aider la police ?

    - Euh… Bien sûr, mais faudrait pas trop que ça se sache. Ma réputation, vous comprenez ?

    - Non, mais on dira que je vois ce que vous voulez dire.

    Tout en parlant, LeDip avait retiré un petit magnétophone de sa poche. Il le posa sur le comptoir. Le patron du Café du Port était déjà rouge d’impatience.

    - Qu’est-ce que c’est ? demanda-t-il, curieux.

    - Un message enregistré. Tout ce que je vous demande, c’est de reconnaître la personne qui a enregistré ce message. Ne vous focalisez pas sur le contenu, ça n’a pas d’importance, juste sur la voix.

    - C’est tout ?

    - Vous permettriez à l’enquête de faire un grand pas.

    - Ah !

    Se redressant en jetant un grand regard circulaire à la salle, il venait de prendre plusieurs centimètres d’un seul coup, y compris en tour de taille.

    - Vous êtes prêt ?

    - Allez-y, Commissaire, je suis archi-prêt !

    Et en effet, une concentration extrême se lisait sur son visage. LeDip enclencha le magnétophone.

    - Madame Dormeuil, j’espère que vous avez pu préparer le bouquet. Malheureusement, je ne pourrai pas passer le chercher comme prévu...


    - Ça alors, c’est Georges !

    - Georges, vous êtes bien sûr ?

    - Évidemment, mais pourquoi appelle-t-il Geneviève « Madame Dormeuil ». Il y a six mois encore, ils vivaient ensemble.

    - Je vous ai dit, le contenu n’est pas important. Venez, Weigman, nous avons à faire. Merci patron, et pour la tournée aussi. Vous pourrez dire à vos clients que l’enquête a été résolue ici même !

    - C’est quand même pas Georges le criminel, Commissaire ?

    Mais Weigman et LeDip avaient déjà franchi la porte du Café du Port…

    ***


    - Bonjour, Commissaire ! C’est pas pour un bouquet, n’est-ce pas ?

    - Bonjour, Geneviève. Je crois que tu vas devoir venir avec nous à la gendarmerie. Tu as beaucoup de choses à nous raconter…

    - Beaucoup de choses ? Mais non, c’est tout bête.

    - Tu veux parler ici ? Il te faudra tout répéter tout à l’heure.

    - C’est pas grave, j’ai tout mon temps, tu sais.

    - Que s’est-il passé ?

    - Tout allait bien, jusqu’il y a six mois à peu près. Et puis, un soir de bal, j’ai rencontré ce type. Il était pas du coin. Mais on a dansé toute la soirée. Si les musiciens n’avaient pas arrêté de jouer, on y serait encore…

    - Comment s’appelait-il ? Personne ne semblait le connaître par ici.

    - Juan. Juan Dominguez. Un forain. Un gars qui a vécu, tu vois. Mais il dansait comme un homme, ça oui. Et il m’a embobinée. Amoureuse.

    - Jusqu’à cet été.

    - Ce salaud avait une régulière, à temps partiel !

    - Marianne Loupiac… Pourquoi tuer Marianne, Geneviève ?

    - Je voulais pas. Elle y était pour rien, la môme. Elle savait probablement même pas que j’existais. Mais je les ai surpris en train de se peloter sur la falaise. Tu sais, on réfléchit pas vraiment sur ces coups-là.

    - Et alors ?

    - Je tournais en rond. C’est pas mon genre, pourtant. Je voulais aller exploser la tête à ce salaud mais j’avais des remords pour la fille. Et pour moi : le genre pauvre fille abandonnée en pleurs en train de faire une scène, non merci ! Et puis je suis tombée sur la voiture de Juan. J’avais la clef. Juan avait un autre défaut. Il picolait. Pas mal même. J’ai vu une bouteille de cognac entamée sur le siège arrière. J’y ai vidé une boîte de somnifères que j’avais dans mon sac à main.

    - Que s’est-il passé ensuite ?

    - J’ai attendu, planquée dans ma voiture. Je les ai suivis chez elle. Juan a commencé à boire à peine sorti de la voiture. Et la petite a bu, elle aussi. Enfin je crois.

    - Qu'est-ce qui te fait penser ça ?

    - Elle était déjà morte quand je suis entrée dans la maison. Elle a sûrement fait un malaise, à cause du mélange.

    - Et après ?

    - Juan était paralysé sous l’effet des somnifères et de l’alcool. Comme hypnotisé. Incapable de réagir alors que je voulais qu'on s'explique. Mais qu'y avait-il à expliquer ? J’étais encore plus furieuse que sur la falaise. Je l’ai décapité avec une lame de faux que j’ai trouvée sur place.

    - Puis tu as parachevé ton crime.

    - Puisqu’ils voulaient être unis…

    - Qui t’a aidée à transporter les corps sur la falaise ?

    - Tu le sais déjà, Commissaire. T’as tout compris.

    - Je préfèrerais te l’entendre dire. Pour la procédure, c’est mieux.

    - La procédure… Georges. C’est Georges. Il m’aimait encore. Il était prêt à tout pour qu’on se remette. Mais le remords l’a emporté très vite. C’était un homme bon, Georges.

    - Si on allait à la gendarmerie pour consigner tout ça par écrit ?

    - Comme tu voudras.

    Elle marqua une pause. Puis elle se tourna vers LeDip avant d'ajouter :

    - Tu sais, c’est con.

    - Quoi donc ?

    - Si tu étais arrivé avant… rien n’aurait été pareil. J’aurais pas été jalouse, puisque j’avais trouvé un autre homme…

    FIN

  • Rentre, il est tard ! [21]

    [épisode précédent]

    - C’est bien un suicide, LeDip.

    - Comment arrivez-vous à prouver ça ?

    - Oh, c’est assez simple. Il n’a pas été drogué, n’a reçu aucun coup pouvant le neutraliser, il n’y aucune autre trace de pas que le siens dans le garage et, au vu de sa carrure, le pendre de force aurait nécessité de le neutraliser au moins le temps de le hisser sur cette chaise et de lui passer la ceinture autour du cou.

    - Bien vu, Weigman. Merci pour l’analyse. Autre chose ?

    - Pas en ce qui le concerne, mais j’ai pu analyser les empreintes sur les billets de banque de la fleuriste. Vous vous en souvenez ?

    - Bien sûr. Mais je ne m’attendais pas à grand-chose de ce côté-là. Alors, qu’avez-vous ?

    - J’ai bien identifié les empreintes. Mais je crois que vous avez raison, cela ne nous mène pas à grand-chose, si ce n’est à notre point de départ…

    - Comment ça ?

    - Eh bien, il y a bien de multiples empreintes sur les billets… mais elles correspondent à une seule et même personne.

    - Celle de la fleuriste, sans doute.

    - C’est bien cela.

    - Geneviève Dormeuil. Et vous semblez trouver qu’on la retrouve un peu trop dans notre histoire ?

    - Je n’ai pas dit cela mais a-t-elle mentionné que son client portait des gants ?

    - Non, mais je crois que j’ai un très bon moyen de savoir si elle est en cause ou pas.

    - Ah bon ? J’aimerais bien voir ça.

    - Alors en route, on va au bistro !

    - Au bistro ?

    - Au Café du Port, plus précisément.

    - Et vous pensez trouver la vérité là-bas ?

    - C’est le centre névralgique de cette bourgade, Weigman.

    [à suivre]

  • Salon du livre de Genève (photos 2)

    Une autre photographe tournait (et virait) autour du stand, prête à danser comme à saisir l'instant... Voici donc les fruits de sa collecte d'émotions !

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  • Rentre, il est tard ! [20]

    [épisode précédent]

    - Ecoutez, Le Guirec, on va quand même y aller en douceur. Je me suis un peu énervé tout à l’heure mais je ne voudrais pas saboter la procédure sur un coup de sang.

    - À la bonne heure ! Et si vous me laissiez parler en premier, Commissaire ? Je le connais Delteil, ça pourrait faciliter les choses.

    - Bonne idée. Mais sans tergiverser.

    - Pas de problème. D’ailleurs, on n’aime pas finasser en Bretagne. On est de bois brut !

    La voiture était bien là, au milieu de l’allée. On n’avait pas pris la peine de la garer convenablement, ni de la cacher, ou toute autre chose, même si LeDip ne s’attendait à rien de précis. Les volets étaient ouverts, ainsi qu’une porte-fenêtre donnant sur l’allée. Probablement un accès direct depuis la cuisine, ou le cellier.

    - On n’a pas l’air d’être attendus, ni épiés. Pas de tireur embusqué non plus. La situation semble calme.

    - Delteil !

    Le Guirec venait de frapper à la porte de l’office.

    Pas de réponse.

    - Delteil, tu es là ? C’est Georges.

    LeDip venait d’apprendre le prénom du brigadier. Mais plutôt que de se réjouir, il s’inquiétait plutôt du manque de réaction du professeur des écoles.

    - Entrez, Le Guirec. Je fais le tour. Venez avec moi, vous. Et préparez votre arme.

    Le gendarme n’avait pas l’air d’apprécier l’idée d’avoir à utiliser son arme de service, mais il obtempéra. Bien obligé…

    Le Guirec entra, traversa le cellier, puis la cuisine, enfin la salle à manger et le salon. Il aperçut LeDip et son escorte par les portes-fenêtres donnant sur le jardin. Il poursuivit sans succès son inspection de la petite maison à un étage par les deux chambres à coucher et la salle de bains.

    Il redescendit à la rencontre de LeDip.

    - Il n’est pas ici.

    - Ni au jardin.

    - Il ne nous aurait pas refait le coup du garage, quand même ? Combien de voitures a-t-il ?

    - Oh, une seule, Commissaire.

    - Allons tout de même voir le garage.

    Delteil était bien dans le garage. Mais une fois de plus, hélas, ils avaient eu un temps de retard sur l’action. Le professeur des écoles s'était pendu à l’aide de sa ceinture. Apparemment, il n’avait même pas pris la peine d’entrer dans la maison. Laissait-il donc la porte ouverte en permanence ? La question, malgré sa futilité, effleura l’esprit de LeDip. Sorti de sa voiture à la hâte, il avait dégrafé le ceinturon de cuir qui retenait ses jeans et s’était pendu à une des poutres de la mezzanine du garage, entre outils de jardin et linge en train de sécher.

    - De bleu de bleu, c’est l’été le plus meurtrier de toute ma carrière…

    - Faites venir le labo. Au point où on en est, je préfère vérifier qu’il s’est pendu tout seul.

    - Ça vaudrait mieux !

    [à suivre]

  • Salon du livre de Genève (photos)

    Une photographe un peu éméchée a pris quelques photos de la soirée au Salon du livre. Cela laissera un souvenir, même si la qualité est inversement proportionnelle à la quantité d'alcool absorbée par l'artiste !

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  • Salon du livre de Genève

    Chers amis de KroniK,

    c'est une soirée pleine d'émotions et de joie que vous nous avez offerte en ce vendredi 4 mai ! Les visites, les embrassades, les commentaires amicaux, le nombre d'entre-vous qui sont repartis avec un peu de mon âme dans leurs mains, n'hésitant pas parfois à répandre la bonne parole et à emporter "les Chroniques" ou "les Hérons" pour en faire profiter d'autres lecteurs, d'autres visages, m'ont profondément ému.

    Ma Brune rayonnait... de me voir si heureux !

    Nous avons ri, dansé, bavardé, partagé de belles émotions. Merci pour cette magnifique soirée !

    Nous pouvons dire que pour les "Chroniques d'orient", ce fut un beau baptême.

    KroniK

  • Rentre, il est tard [19]

    [épisode précédent]

    Le cognac avalé, le nom du conducteur irascible dans la poche, LeDip se rendit à pied vers la gendarmerie.

    Le Guirec l’attendait, assez abattu.

    - Pas moyen de mettre la main sur le chauffard, Commissaire… On lève les barrages.

    - Oui, rappelez vos hommes, on va aller chez le chauffard, je sais qui c’est.

    - Ah bon !

    La perplexité était compréhensible !

    - Vous ne me demandez pas de qui il s’agit ?

    - Euh, si, bien sûr. Mais vous m’avez pris par surprise ! Qui est-ce ?

    - Il s’appelle Georges Delteil.

    - Georges ? L’instituteur ?

    - Maintenant, on dit Professeur des écoles je crois… mais c’est bien lui.

    - C’était pas notre meurtrier alors ?

    - Comment ça ?

    - Je pense qu’il vous en veut pour la fleuriste, pas pour l’enquête.

    - Non mais, Le Guirec…

    - Vous savez, Plougasnou, c’est pas bien grand… Et le type est assez sanguin !

    - Et vous lui confiez vos gosses ?

    - Ne vous énervez pas, Commissaire. Venez, je vous accompagne. Il habite à deux pas. On pourrait même y aller à pied.

    - On va quand même prendre une voiture et faire venir deux hommes de plus.

    - Vous ne croyez tout de même pas que l’instituteur est notre assassin ?

    - Écoutez, Le Guirec. Tout à l’heure, il m’a raté. Il n’a pas fait semblant. Il n’a pas cherché à m’éviter.

    - D’accord, d’accord. On y va.

    [à suivre]