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  • Rentre, il est tard ! [12]

    [épisode précédent]

    - Le fils de pute ! Voilà qu’en plus il nous nargue ! Non content d’avoir buté les deux autres, il se paye notre tête…

    - Je crains que vous ne soyez en train de perdre votre sang-froid, Commissaire… Et la colère est mauvaise conseillère.

    - Vous avez raison, Madame Dormeuil. Excusez-moi. Un instant de faiblesse.

    - Comprenez, c’est normal que vous soyez en rogne. L’enquête n’avance pas vraiment. Mais maintenant, vous avez sa voix. Ça aidera peut-être vos p’tits gars du labo.

    - Peut-être… Mais vous avez raison, il faut secouer cette enquête ! À bientôt !

    - Et les fleurs, vous les emportez ?

    - Je vous les offre !

    - C’est qu’il deviendrait galant, le commissaire !

    ***

    C’est en trombe que LeDip franchit les quelques kilomètres qui le séparaient de Morlaix et de l’institut médico-légal. Weigman comprit que l’heure n’était pas à la plaisanterie. Il débuta néanmoins la conversation de manière amicale.

    - Vous venez pour les empreintes ou vous avez d’autres éléments à me fournir ?

    - Les empreintes. On n’a rien de plus, ou presque.

    - Eh bien, les nouvelles ne sont pas si mauvaises. J’ai réussi à récupérer deux empreintes – différentes – sur les billets. On pourrait relever celles de la fleuriste. Vous m’avez bien dit que les employés de la banque n’avaient pas manipulé les billets n’est-ce pas ?

    - C’est exact.

    - Eh bien, si une des empreintes correspond à la fleuriste, il se pourrait que l’autre soit celle de notre homme.

    - Il nous faudrait un peu de chance… on en manque passablement, dans cette histoire.

    Une fois de plus, son portable grésilla. Il décrocha, rageur. Mais son visage s’éclaira tout aussitôt.

    - On les avait presque oubliés, ceux-là !

    - Qu’y a-t-il ?

    - On a enfin retrouvé les deux morceaux qui manquent. Je vous amène ?

    - On n’a pas tous les jours droit au gyrophare. Allons-y, j’attrape ma mallette.

    [à suivre]

  • Rentre, il est tard ! [11]

    [épisode précédent]

    - Alors, a-t-il donné signe de vie ?

    - Vous êtes parisien ou quoi ? Il a dit qu’il passerait en fin de matinée et vous avez débarqué en moins d’une demi-heure ! Il n’est même pas dix heures…

    - Peut-être, mais il vaut mieux ne pas traîner dans ces cas-là…

    - Mouais… Alors ces fleurs, faut-il que je les prépare ? Vous avez vu la chose comment ? Vous allez sauter sur tous les clients qui vont passer la porte ?

    - Non, préparez la commande comme il vous l’a demandé. Nous allons nous mettre en planque autour du magasin et nous le cueillerons à la sortie. Y a-t-il un accès par l’arrière ?

    - Oui. Les livraisons se font par la cour qui donne derrière le magasin. On y accède par la ruelle qui débouche à côté du poissonnier, là-bas.

    Tournant le dos à la vitrine, elle indiquait un point derrière elle.

    - Je vais aller repérer tout ça. Les gendarmes et les policiers en civil seront là d’une minute à l’autre. Dès que je les aurais placés, je viendrai voir à quoi ressemblera le bouquet.

    - Oh, vous avez peu de chances de vous tromper : vu le prix qu’il y a mis, ce bouquet sera encore plus grand que les deux premiers !

    Et elle passa dans l’arrière-boutique.

    Vingt-cinq minutes plus tard, le dispositif était en place. Et, comme dans ces séries télé policières au rythme généralement haletant, le temps se figea. LeDip faisait tous les efforts du monde pour ne pas regarder sa montre trop souvent. Le Guirec et ses hommes devaient en plus tout faire pour ne pas être repérés, avec leurs pulls bleus à rayures rouges…

    Et pourtant, autour du magasin de Geneviève Dormeuil, tout paraissait normal, serein. En fait, tout était normal. Mais la perception des acteurs impliqués dans l’affaire était faussée. Cet homme qui sortait de la poissonnerie ? Suspect ! Ce gamin qui courait en hurlant derrière les mouettes ? Dangereux ! Il pouvait être au mauvais endroit au mauvais moment ! Et cette camionnette qui s’arrêtait brusquement au bout de la rue ? Alarme ! Alors que ce n’était que le facteur qui faisait sa tournée quotidienne…

    Vers midi moins le quart, LeDip songea que les choses allaient s’activer d’un instant à l’autre. Il leva les yeux pour faire un rapide contrôle visuel des différents points de surveillance et tourna son regard vers la devanture de la fleuriste.

    Celle-ci lui faisait de la main. Elle voulait qu’il vienne vers le magasin. Après un seconde d’hésitation, il quitta le jardin dans lequel il s’était abrité et traversa la rue.

    - Il a laissé un message sur le répondeur.

    - Il a annulé la commande ?

    - Pas du tout. Mais écoutez donc le message.

    - Bonjour Madame Dormeuil, j’espère que vous avez pu préparer le bouquet. Malheureusement, je ne pourrai pas passer le chercher comme prévu. Pourriez-vous cependant le faire livrer à la Gendarmerie ? À l’attention du commissaire LeDip. N’ayez crainte, j’ai déjà réglé à la banque. Merci d’avance !

    [à suivre]

  • Rentre, il est tard ! [10]

    [épisode précédent]

    LeDip avait du mal à se réveiller mais il sentait comme un signal qui le poussait à se bouger. Le réveil ? Non, la veille, en se couchant, il l’avait sciemment « oublié. » Le coq qui chante ? Aucune chance dans ce quartier.

    Il comprit soudain : son maudit téléphone s’était mis à sonner. Pour une fois qu’il avait décidé de s’accorder quelques heures de répit… Conscience professionnelle aidant, il se leva néanmoins et alla attraper son portable, en cours de chargement sur la table de la cuisine. Bien entendu, celui-ci cessa de sonner dès qu’il posa la main dessus.

    Le message « 1 appel en absence » était bien affiché sur l’écran du téléphone. En quelques coups de pouce ensommeillés, il rappela son correspondant. Occupé. Alors qu’il retournait à sa chambre, afin de vérifier sur Internet l’identité du titulaire du numéro qui s’était affiché, la réponse lui parvint sous la forme d’un nouveau bip strident : « 1 nouveau message. »

    Le correspondant avait donc insisté et lui avait laissé un message. Nouveaux coups de pouce. Message. Surprise.

    - Monsieur le Commissaire, Geneviève Dormeuil à l’appareil, la fleuriste de Plougasnou. Pourriez-vous me rappeler ? C’est assez urgent. À bientôt !

    LeDip rappela aussitôt.

    - Bonjour, Madame Dormeuil. Quel bon vent vous amène ?

    - Vous ne manquez pas d’humour, vous ! En général, quand on téléphone à la police, vers chez nous, c’est que le vent est plutôt mauvais. Et vous pouvez m’appeler Geneviève.

    - Avec plaisir. Alors, quel vent mauvais vous conduit jusqu’ici ?

    - Le client est revenu. Ou, pour être plus précise, il m’a commandé un nouveau bouquet, identique aux deux autres. Et il devrait passer au magasin en fin de matinée pour les prendre.

    - Ne bougez pas, j’arrive.

    - J’avais pas vraiment l’intention de m’éloigner, à vrai dire… À tout à l’heure, Commissaire. Soyez prudent, quand même.


    [à suivre]

  • KroniK was very busy...

    Désolé, maître KroniK nous avait abandonné pendant deux ou trois jours...

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    Il était ici et .

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    Mais il m'a promis les deux prochains épisodes de "Rentre, il est tard !" pour cette fin de semaine. Un vrai stakhanoviste de la pige...

    Flavius

  • Rentre, il est tard ! [9]

    [épisode précédent]

    - Alors Weigman, cette nouvelle que vous m’annonciez par téléphone, quelle est-elle ?

    - J’ai trouvé la nature de la matière qui a été utilisée pour coller la tête et le corps entre-eux.

    - Et de quoi s’agit-il ?

    - C’est de la colle de peau.

    - Notre meurtrier aurait-il un sens de l’humour particulier ?

    - À moins qu’il n’utilise cette colle au quotidien. On s’en sert en peinture, pour l’encollage ou l’enduction des toiles, ou comme liant à peindre. Et on la fabrique essentiellement à partir de peau de lapin, d’où son nom.

    - Un amateur d’art ?

    - Peut-être un peintre du dimanche. En tout cas, il ne savait probablement pas que cette colle se liquéfie lorsque sa température dépasse les 37°.

    - Et il faisait probablement autour de quarante en plein soleil.

    - Exact.

    - La colle s’est liquéfiée, la tête s’est détachée, le corps a été déséquilibré et a basculé dans le gouffre.

    - C’est probablement ce qui s’est passé. Reste à trouver à qui appartient tout ça. Aucune disparition n’a été signalée ?

    - Toujours rien. De ce côté, on piétine. Mais ce soir vous aurez les billets utilisés par un suspect pour acheter des fleurs. Vous pourrez peut-être en tirer quelque chose !

    - Ne comptez pas avoir de résultat avant deux jours. Ça prend quand même du temps, ce genre d’analyse.

    - Alors cette fois, je crois que je vais aller dormir chez moi.

    - Déjà lassé de la gendarmerie de Plougasnou ?

    LeDip roula tranquillement pendant la quarantaine de kilomètres qui séparaient l’Institut Médico-légal de Morlaix et son domicile à Lannion. Si les gendarmes des Côtes-d’Armor avaient pu choisir un policier de leur département, les victimes n’avaient pas eu cette latitude… C’est bien sous un scalpel du Finistère que les corps dévoilaient peu à peu leurs secrets.

    Mais LeDip était bien las ce soir : des secrets, il en restait beaucoup trop à découvrir. Et plus le temps passait, plus les indices s’éparpillaient dans le vent marin.

    [à suivre]