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  • N’êtes-vous point trop ballotté, Monsieur ?

    Entre la douce brise du golfe d’Antalya et les délicieuses brasses dans cette eau cristalline, et les premiers frimas de ma chère Genève où la neige soudaine saupoudre les Dryades, ces quelques jours j’avoue m’ont fait parcourir non seulement les cieux mais aussi les saisons !

    Écoute mon cher Flavius : dimanche, profitant d’une conférence assoupie, je me laissais aller au plaisir du farniente et sous un soleil ardent, tel un félin paresseux c’est à la plage que je goûtais heureux, mais seul, aux joies combinées de la sieste et de la baignade.

    Lundi, le ciel s’ouvrait et sous l’orage, tous les moyens technologiques, informatiques, cybernétiques… et politiques se trouvaient soudain paralysés. Sous les trombes d’eaux, pas de grandes nations, mais des femmes et des hommes, en tous points égaux, et fragiles… devant la nature en furie.

    Mardi, dès deux heures, au réveil, avant de gagner l’aéroport, la glaciale nuit ottomane. Quelle différence avec de la journée ! Comme si, une fois la nuit venue, la douceur laissait la place à la noirceur. Dr. Jekyll et M. Hyde ? J’en frissonne encore… De froid ou de frayeur ?

    Mercredi, le Jura brille de toute sa blancheur sous un soleil généreux : la neige est là et m’accueille. Les premiers flocons sont tombés durant la nuit. Sucre glace sur le gâteau rebondi de la Dôle, léger nappage sur les branches des lauriers et des bouleaux pleureurs qui n’osent même pas ployer sous le fardeau de peur de venir rompre le subtil équilibre…

    Demain, fin définitive de l’aventure ottomane : amis et collègues quitteront la Turquie pour retrouver la Suisse ou la France voisine. Pour venir à notre rencontre, Flavius ? Peut-être, mon ami, mais tu le sais bien, nous serons déjà loin, en route vers l’Orient, la route de la soie, Hong Kong…

    KroniK
    Genève, 23 novembre 2006

  • Quel est ce bruit sourd, Monsieur ?

    La salle bruisse mais les coeurs grondent, sous les sourires les mains crispées, pendant que les grands du monde annoncent leurs contributions au budget. Les élections sont terminées et les promesses bien envolées. Voici venue l’heure de faire l’addition finale. Et la note est salée, le budget laminé, les chiffres sont mauvais...

    Et derrière les chiffres, des postes de travail.

    Et derrière ces postes, sièges éjectables, des femmes, des hommes, et leurs familles, des avenirs qui s’effacent, des cieux chargés, la houle transformée en vagues furieuses qui tout emportent sur leur passage...

    Vies balayées.

    Mais inexorable, la conférence poursuit sur son erre, sans se détourner.

    « Page 5... »

    Le Président suspend son discours, lève les yeux vers la salle et la main au crayon vers les cieux, comme pour implorer une aide divine dont il sait qu’elle ne viendra pas.

    « Pas de remarques ? Approuvée ! »

    Le bruissement reprend : quinze cents délégués tournent les pages à l’unisson.

    « Page 6... »

    Et la routine, encore...

    « Pas de remarques ? Si ? France, vous avez la parole...

    Merci, Monsieur le Président. Monsieur le Président... »

    Et sur son erre, se poursuit la conférence, inexorable...

    KroniK
    Antalya, 21 novembre 2006

  • Quelle est cette furtive lueur, Monsieur ?

    Ah, mon bon Flavius, dans quelques minutes, tu verras que cette douce lumière qui encore te semble éphémère, se transformera en un farouche embrasement au-dessus de l’horizon ! Le soleil nous attend en effet sur ce rivage, prêt à lutter de tous ses feux contre les derniers frimas de la fraîche nuit ottomane.

    Au loin, Antalya, baignée de lumière déjà, s’éveille peu à peu.

    Un clapot subtil. Ton regard curieux fouille l’ultime pénombre. Trop tard, l’animal matinal a disparu dans les flots. Une ombre : un passant cours à son effort physique quotidien, pieds s’enfonçant dans le sable humide du bord de l’eau. Un cri. Puis un autre, puis mille. Ca y est ! Le soleil a frappé l’enchevètrement de branchages d’une haie abritée et une volée de moineaux de s’agiter soudain.

    La Turquie nous offre son plus beau paysage marin, comme pour se faire pardonner votre absence, amis lointains...

    KroniK
    Antalya, 17 novembre 2006

  • La neige du Bosphore

    Comme toujours, c'est cette déchirure de ton sourire triste que je laisse là-bas
    Comme toujours, c'est mon coeur qui se fige, qui veut quitter l'étreinte de tes bras délicats ?
    Comme toujours, c'est l'asphalte graisseux du tarmac ruisselant que je foule pressé
    Comme toujours, c'est l'attente angoissée de mille voyageurs dans la foule lassée

    Comme toujours, c'est notre havre clair des paisibles Dryades qui disparaît au loin
    Comme toujours, c'est ma main qui se serre pour s'achever en poing
    Comme toujours, c'est la lecture, le rêve, fragiles univers, uniques réconforts
    Comme toujours, c'est l'avion qui s'élève, épuisé je m'endors

    Comme toujours, c'est le soleil radieux qui m'arrache au sommeil
    Comme toujours, c'est la mer de nuages, chemins qui m'émerveillent
    Comme toujours, c'est un nouveau voyage, ses routes inconnues, enfin un nouveau port
    Comme toujours, c'est mon coeur qui s'emballe en découvrant soudain, la neige du Bosphore...

    KroniK
    Istanbul, 5 novembre 2006

  • 2 novembre 2006

    En ce jour si particulier, ma pensée remonte vers mes plus jeunes années, et quatre prénoms viennent caresser ma mémoire : Alfonso, Clotilde, Antonio, Angeles...

    Mais ce n'était même pas leurs vrais noms.

    En réalité, ils s'appelaient papi, mamie, abuelo, abuela...