03/09/2006

Mariage pluvieux [25]

[épisode précédent]

Malgré les prouesses de Jorge, l’histoire avait décidé qu’Andrés et ses compagnons d’armes ne participeraient pas à l’épilogue tragique qui se déroula dans l’ancienne gare de San Fernando. Ils étaient encore bien loin du Club nautique lorsque la montre du commissaire Juan Filiberto afficha enfin quatre heures du matin.

À sa propre surprise, Juan Filiberto prit la tête de ses hommes, comme si l’action décidée (irréfléchie ?) pouvait être la réponse à son grandissant rhumatisme de l’âme.

- Vivants, scandait-il en silence, en exagérant le mouvement de ses lèvres pour compenser l’absence de son, tâchons de les arrêter vivants.

- Miguel Angel, rappelle-leur qu’il faut éviter de tirer. Un seul coup de feu et c’est la fusillade, pour sûr.

Les deux premiers hommes atteignaient déjà l’escalier, juste devant le commissaire qui, malgré sa volonté de bien faire, n’avait pu avancer aussi vite que ces deux jeunes officiers de police.

Ils pénétrèrent dans un sol-sol à l’abandon, jonché de détritus divers. Ce lieu avait probablement servi de squat ou d’abri de fortune pendant des années. Cependant, totalement insalubre, il avait même été abandonné par les plus démunis. À moi que Bisbal et ses hommes ne les aient chassés ?

La première salle était vide. Ils poursuivirent prudemment, ne s’interpellant que par gestes et regards. Bien qu’à l’abandon, le sous-sol était éclairé par des plafonniers. Cela facilitait leur progression et servait leur approche : l’obscurité aurait démultiplié leur bruit de leurs pas.

Ils découvrirent Ana Laura dans la deuxième salle. Elle était inconsciente. Un policier se pencha sur elle pour vérifier qu’elle était encore en vie. Il confirma d’un hochement de la tête en direction de Miguel Angel.

Cependant, le danger était tout près : la porte d’une troisième pièce était ouverte. Ils entendirent une conversation.

- Bisbal, tue cette traînée et partons. La police est à nos basques, il faut se tirer !

- Je ne suis plus Bisbal, Claudia.

- Mais qu’est-ce que tu racontes ? Tu délires ! Elle t’a embobiné avec son discours à la petite semaine. Tu… tu… Qui est-elle, nom de Dieu ?

- Laisse-là.

- Tu te fous de moi ! Sors de là. Tire-toi. Je m’en charge.


Un mouvement de meubles, une chaise peut-être. Impossible de tergiverser.

- Police, police. Baissez vos armes. C’est fini !

- Salopard de flic.


Puis la fusillade. Le bruit assourdissant des déflagrations dans le sous-sol aveugle. Les chairs déchirées. Les tympans meurtris. Les yeux apeurés qui observent et gravent ces images à jamais.

[à suivre]

Commentaires

Alors on arrive au bout. Bon WE Kronik !!!

Écrit par : kipik | 03/09/2006

On va compter les morts, j'espère que les mauvais " morfleront" plus que les bons.

Écrit par : roger | 11/09/2006

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