30/08/2006

Mariage pluvieux [23]

[épisode précédent]

- Ma fille ? Qu’est-ce que tu racontes ? Comment est-ce possible ?


Osvaldo Kirchner, totalement incrédule, regardait Alicia, fauché par une assertion qui le stupéfiait.

- OK, écoute-moi. Essaye de te souvenir. Tu as étudié à l’Université de Belgrano. J’y étais aussi. Nom de Dieu, tu ne te souviens pas ?


Alicia voyait l’incrédulité sur le visage de Mariano, ou d’Osvaldo. Après tout, qu’importait son patronyme. Il ne se souvenait pas de leur amour, sincère, probablement militant. Étudiants, syndicalistes, leurs étreintes fleuraient la dialectique, la lutte des classes !

Puis l’attitude de Bisbal changea, comme si Kirchner reprenait le dessus, des années plus tard…

- Alicia, je crois que je revois un visage. Il était plus jeune que le tien, désolé. Mais le regard est le même… Oui,…


Et soudain il posa un genou à terre, comme si sa jambe s’était dérobée sous son poids.

- Les images me reviennent. Je me rappelle ces années !


Puis l’effondrement.

- Ah, qu’ai-je fait ? Alicia, aide-moi ! Que suis-je donc devenu ? C’est impossible ! Ce ne peut pas être vrai ! Ce ne peut pas être moi !


Puis un hurlement, un sanglot, un corps qui se recroqueville, se blottit le long d’une paroi. Une douleur intense qui brûle les chairs, qui vrille l’âme.

- No puede ser, no puede ser (Ce n’est pas possible, ce n’est pas possible). Pas possible.

- Osvaldo.

- No puede ser.

- Osvaldo !

- No, no. Es imposible…

- OSVALDO ! Je te sortirai de là…

- Qu’y a-t-il ? Qui me parle ?

- Osvaldo. Je n’ai jamais cessé de t’aimer.


Un crissement de pneus traversa l’avenue, comme une balafre sur un visage frappé à l’arme blanche. En cet instant, Miguel Angel Rios comprit pourquoi Juan Filiberto était le chef : il se sentit tout d’un coup désemparé.

Avant que ses hommes n’aient pu réagir, Claudia Luschini avait traversé la gare et s’était engouffrée dans un escalier latéral qui semblait mener à un sous-sol. À nouveau, la patience du commissaire avait fait des merveilles : ils savaient maintenant où concentrer leurs forces.

Miguel Angel connaissait la réponse mais il ne put s’empêcher de poser la question.

- L’assaut est toujours prévu à quatre heures, Commissaire ?

- Hésiteriez-vous, Miguel Angel ?


Ce dernier ne prit pas la peine de répondre…

[à suivre]

Commentaires

bonjour mon kronikou !!!! Bon j'ai du pain sur la planche , j'ai 1 mois de retard en lecture !!!!!!! Tu devrais me l'écrire , je pourrais l'emporter au boulot !!!! Un gros bisou à toi et ta brune (rouquinette!!!! )

Écrit par : mamabéné | 31/08/2006

Alors ????? ils se marièrent et eurent beaucoup d'enfants ???? On dirait que tu as vécu ces choses à la façon dont tu les racontes !!!

Écrit par : kipik | 01/09/2006

Bientôt, la question sera: faut-il punir le tortionnaire ou soigner le malade mental, c'est la même chose, non?

Écrit par : roger | 11/09/2006

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