11/08/2006

Mariage pluvieux [18]

[épisode précédent]

Claudia Luschini s’approcha de Laura Ana, qui semblait endormie. Ce n’était pas le cas, pourtant. Elle s’était évanouie, à cause de la douleur. L’ange de la mort la tira violemment par les cheveux et la traîna vers le mur.

- Repose-toi donc, l’intello, puisque c’est ce que tu sais faire de mieux…


Claudia était à l’évidence en manque d’adrénaline. La trop faible résistance de Laura Ana lui laissé un goût amer de frustration dans la bouche. Où était-ce la bile, remontée dans un hoquet lorsqu’elle avait frappé la prisonnière de toutes ses forces, au point de s’en tordre la cheville.

Mais elle aimait souffrir tout autant qu’elle aimait faire souffrir. Sa propre souffrance physique lui faisait oublier un peu l’absence de Juan Antonio, abattu lors d’une embuscade fomentée par Alicia et ses complices. Elle l'aidait aussi à écarter la rumeur persistante qui clamait que l’autre ange de la mort avait été sommairement exécuté par un Torres Bisbal affolé…

Où était-il d’ailleurs ? Elle ne l’avait pas trouvé au rez-de-chaussée de la gare et c’est en le cherchant dans le sous-sol laissé à l’abandon qu’elle avait décidé de se défouler tout d’abord sur Laura Ana. Elle ne supportait pas que celle-ci conserve cette flamme hautaine dans le regard malgré l’avalanche de coups…

- Mais qui es-tu donc ?


Le hurlement de Bisbal, dans la pièce voisine, la tira brusquement de ses souvenirs. Elle allait se précipiter vers la porte lorsque la vibration de son téléphone portable la ralentit. Elle reconnut le numéro de Hugo San José, qui dirigeait la base de Villa Urquiza, non loin de Sunderland. Qui penserait qu’ils se cachaient dans un quartier aussi tranquille ?

- Allo Hugo. Que se passe-t-il ?

- On dirait qu’on nous cherche. Andrés et ses zigues sont passés trois fois dans le quartier. Faut croire que quelqu’un les a briefés.

- En voilà une bonne nouvelle ! On va pouvoir réunir les amoureux, comme ça ! Essayez de les rabattre sur Sunderland. Il ne feront pas un pli dans ce secteur. On les tient.


Elle claqua le combiné et fit demi-tour vers la sortie. Que Bisbal hurle n’avait rien d’étonnant après tout, lui qui était poursuivi par des milliers de fantômes. Elle règlerait ce problème un peu plus tard. Et puis, il commençait à mollir avec les années. La relève viendrait bientôt. Le plus important, c’était la cause. Et le retour aux valeurs d’ordre et de discipline. L’Argentine n’avait pas dit son dernier mot !

[à suivre]

Commentaires

Elle est l'incarnation du mal cette Claudia! Comment punir des tortionaires? les éliminer radicalement. Il me tarde qu'enfin les affreux soient mis aux bans de la société, d'autres prendront la relève?

Écrit par : roger | 12/08/2006

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