Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

Escale à Carthage

Mireille Zuffi n’en croyait pas ses yeux : l’avion, au lieu de se diriger comme prévu vers la passerelle de la porte 32 de l’aéroport de Tunis Carthage, comme il avait semblé le faire juste après l’atterrissage qui, au demeurant, s’était très bien passé, comme le reste du vol, même si le repas offert par Tunis Air en classe économique avait pu être qualifié tout au mieux de médiocre, suivait maintenant une de ces voitures de piste que l’on aperçoit parfois dans les films ou dans les reportages à la télé, tournoyant gyrophare allumé afin d’éclairer de mille feux un énorme panneau « FOLLOW ME » fiché à l’arrière du véhicule !

Mireille Zuffi, estomaquée, se tournait sans cesse vers son abondant teckel, qui trônait dans un énorme panier façon osier sur le siège près du sien, côté couloir. « Tu te rends compte, Fifi ! C’est historique, historique ! »

D’un côté, ses yeux fouillaient la nuit, le nez écrabouillé contre le hublot. De l’autre, son cou se tortillait sans cesse afin que son regard curieux puisse parcourir au mieux les nuques des passagers de la classe affaires, à la recherche de James Bond ou de la reine d’Angleterre. À ses yeux, nulle autre personnalité ne pouvait justifier un tel honneur : un changement des règles et procédures en vigueur !

Soudain, le Pavillon présidentiel apparut en pleine lumière. Au bord des pistes mais à l’écart de l’aérogare principale, le pavillon d’honneur, réservé à l’accueil protocolaire des Chefs d’Etat, déroulait son tapis rouge, ses gardes en apparat, et une longue file de limousines et de véhicules de sécurité ou de protocole, d’hommes en noir téléphones portables à l’oreille ou mains à la ceinture…

L’avion s’immobilisa. Dès que la passerelle motorisée fut en place et la porte ouverte, le Chef du Protocole de l’Union internationale des télécommunications et son collègue de la présidence tunisienne s’engouffrèrent dans l’avion. Lorsqu’ils apparurent à nouveau, ils encadraient un homme d’une soixantaine d’années, jovial, affable, décontracté.

Le Secrétaire général était arrivé sur le territoire tunisien.

Le Sommet mondial sur la société de l’information allait pouvoir commencer.

Encore fallait-il protéger cet homme du destin que certains lui avaient dessiné…

Mireille Zuffi ne comprenait pas tout cela mais qu’importe ! Sa première soirée de vacances était déjà épicée d’un souvenir inoubliable… Ce ne serait pas le dernier.

[à suivre]

Commentaires

  • Le premier chapître commence bien, pompeux et flattant le voyage inconfortable de Mireille Zuffi, une anonyme parmi d'autres, avec cette particularité que là ou elle se trouve il y a, ou aura, des ennuis... alors j'attends la suite avec impatience

  • Entre les camions une histoire qui commence. Je te craignais à cours d'inspiration. Me voila rassurée. Que va-t -il arriver à cette poooooovre Mireille et à son, comment as-tu dit ??? abondant teckel ???

  • On dirait une nouvelle histoire, coincée entre deux camions à illusion .... chic ! Moi aussi, j'attends la suite avec impatience.

  • Je crois que je vais profiter de mes vacances, même lointaines, pour suivre les épisodes de ce nouveau feuilleton... il faut dire que le Sommet, çà me parle !!!! merci le gros rhume qui me garde au chaud aujourd'hui: j'ai pu lire le premier épisode du premier au dernier mot !!!! vivement las suite !!!!

Les commentaires sont fermés.