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  • 31 août 2005

    Aux carrefours, les patrouilleuses arborent à nouveau leurs tenues lumineuses : c'est la rentrée des classes, il faut songer à protéger toutes ces jeunes pousses qui se chamaillent sur le chemin de l'école.

  • Mi Buenos Aires Querido [6]

    Elle était arrivée, enfin ! L’angoisse se lisait sur ses traits, fatigués.

    Roger marcha à sa rencontre.

    - Tu n’es pas vraiment venue pour danser, n’est-ce pas ?

    Il lui avait parlé en français.

    - Roger ! Quelle surprise ! Pourquoi cette question ?
    - Drew et ta fille sont à l’abri avec Monique.

    Elle le regardait avec étonnement.

    - Je sais, je sais. Mais nous n’allions pas les laisser plantés là à attendre ton copain. Je ne dirai pas son nom : j’ai pensé qu’il serait mieux que nous fassions semblant de n’être que de vieux amis qui se retrouvent et que je t’amène boire un verre… disons ailleurs.

    Elle pigea tout de suite. Elle s’exclama, afin que tous pussent l’entendre.

    - Roger. Allons boire une coupe de champagne chez Tortoni !
    - Vamos !

    Elle héla le taxi qui venait de la déposer. À l’abri dans la voiture, elle fit les présentations.

    - Jorge est plus qu’un chauffeur de taxi portègne, c’est mon cerbère. Il joue pour moi à Buenos Aires le rôle que jouait Andrés à Paris pour Laura.
    - Où allons-nous ?
    - Euh, peut-être nulle part. On dirait que ces trois voitures nous collent au train.

    Roger montrait du doigt trois voitures qui venaient de déboîter au moment où ils quittaient la Viruta.

    - On dirait que le comité d’accueil était déjà sur place.
    - Je n’ai remarqué personne. Êtes-vous sûrs de ne pas avoir été suivis ? Cela étant, sur place ou pas. Faudrait penser à les semer.
    - J’espère que tu connais bien la capitale, Jorge.
    - Couchez-vous !

    Un coup de feu retentit et la vitre passager avant droite vola en éclats. La voiture fit une brusque embardée. Jorge zigzaguait.

    - Personne n’est blessé ?
    - Quelques égratignures, à cause du verre je pense.

    Le visage de Roger était couvert de sang.

    - Fonce ! Jorge, fonce !

    Alicia était paniquée à la vue de son ami blessé.

    - Ils se rapprochent à nouveau !

    [à suivre]

  • 29 août 2005

    Les amis sont partis et la fête est finie mais par-delà les brumes du massif du Mont-Blanc s'élève un astre d'or qui semble nous sourire et confirmer encore : "Belle fut cette journée, buvons à la santé des belles amitiés !"

  • Mon blog...

    J'ai fait un test sur un site découvert au hasard de mes tribulations. En quatre (j'ai bien dit 4) questions, voici le résultat. Délirant !

     

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    Damned !!!

  • Mi Buenos Aires Querido [5]

    Déjà trois heures du matin. Monique était partie depuis une bonne heure et demie avec Laura et Andrés se réfugier à La Casa del Gordo*, une villa transformée en gîte pour danseurs de tango de passage à Buenos Aires.

    Roger espérait, sans se faire trop d’illusions, qu’ils avaient pu trouver le sommeil et qu’ils se reposaient un peu. S’ils étaient aussi inquiets que lui, pas de doute, l’insomnie les accompagnerait jusqu’à l’aube.

    Trois heures et demie. Toujours pas d’Alicia.

    Roger entra à nouveau. Pour donner le change, il invita une danseuse à partager une tanda**. Un observateur externe à la danse aurait pu être dupe, mais pas sa cavalière. Elle le remercia sans ménagement dès la fin du premier morceau. À l’évidence, Roger avait la tête ailleurs. Il ne consacrait ni son corps ni son âme à la musique, la danse, ou à la communion passagère de ce couple improvisé. Furieuse de n’avoir été que le prétexte à quelques pas sans présence, elle l’abandonna, retourna s’asseoir et le laissa planté au beau milieu de la piste.

    Heureusement, il y avait encore beaucoup de monde et il put raisonnablement penser que l’incident était passé inaperçu. Dans le cas contraire, il était évident qu’il ne pourrait plus inviter quelque danseuse que ce soit à La Viruta pendant plusieurs mois.

    Cruelle danse. Tango cruel.

    Mais il ne fut pas trop touché. En vérité, il ne pouvait blâmer que lui-même, il avait effectivement la tête ailleurs.

    Quatre heures. Il sortit de nouveau, son paquet de cigarettes à la main. Nerveux, il demanda du feu à un gars à l’entrée.

    - Esperando la novia, no ?***

    Il ne répondit pas. L’autre comprit que l’heure n’était pas à la conversation. Il haussa les épaules. Des paumés, il en avait vu défiler des dizaines. Le tango n’était-il pas tout d’abord la musique des cocus, des ivrognes, des loosers, des épaves de la vie ?

    La fumée lui fit du bien. Quinze ans qu’il avait arrêté et pourtant l’envie était toujours là. Ne s’aventurait-il pas doublement ce soir dans une route sans retour ?

    Il n’eut pas le temps de répondre à cette question. Il avait reconnu la silhouette de cette élégante qui descendait d’un taxi.

    Alicia.

    [à suivre]

    * Littéralement : "La Maison du Gros"

    ** Série de trois ou quatre morceaux que l'on danse généralement avec le (la) même partenaire.

    *** T'attends ta copine, n'est-ce pas ?

  • 25 août 2005

    Hier soir depuis les Dryades, nous avons invité quelques amis à se joindre à nous pour le week-end. Ainsi, sans attendre, rayon de soleil sous le rideau de pluie, la fête à déjà commencé dans nos coeurs.

  • Mi Buenos Aires Querido [4]

    L’atmosphère des samedis soirs les attendait à La Viruta, une des milongas les plus courues de Buenos Aires. Lorsqu’ils entrèrent dans la salle, vers une heure du matin, la foule des grands jours formait un cercle mouvant autour de la scène centrale : Juan et Gloria régalaient le public de leur art sublime en une démonstration toute en silences, pauses et chuchotements des corps.

    Laura acquiesça : ils pouvaient difficilement espérer sanctuaire plus sûr, à moins que les hommes de Bisbal n’aient décidé d’affronter la foule et de risquer le lynchage qui leur était promis en cas d’incident. Le plus dur, ce serait de trouver où passer la nuit, après la milonga et l’éventuel after.

    Ils cherchaient une table, un havre, un coin de chaise où s’asseoir et patienter en attendant Alicia tout en cachant leur fébrilité. Ils eurent de la chance. Au troisième rang des tables, ils aperçurent Roger et Monique, un couple d’amis, passionnés de tango argentin, dont ils avaient fait la connaissance lors de leur passage en Europe.

    Après les embrassades, Roger ne fut pas dupe longtemps, lui qui avait connu tout son soûl de galère.

    - Encore des soucis, Andrés ? C’est l’autre salopard qui vous cherche à nouveau des noises ? Le procès approche, n’est-ce pas ?

    - Rien n’a changé, Roger. Rien n’a changé.

    - Si vous êtes ici, c’est que vous n’avez plus de planque. Rien ne remplace la foule quand les lieux sûrs vous manquent. Vous avez une piaule pour la nuit ?

    - Laisse tomber, Roger. C’est une affaire argentine.

    - Justement, Andrés. Qui nous connaît ici ? Personne ! Et regarde-nous : on nous donnerait le bon dieu sans confession. Qui irait soupçonner qu’un couple de touristes qui se prennent pour des milongueros trame quelque chose de pas catholique ? Allez, ce soir vous dormez chez nous. Je crois que vous avez besoin de quelques heures au vert.

    - C’est qu’on attend Alicia.

    - Alicia ? Pas de problème. On se connaît bien. Je vais la pister du côté de l’entrée. Tiens, prête-moi tes clopes. Je ferai semblant d’en griller une devant la porte. Vous deux, vous rentrez avec Monique, et fissa.

    - T’es un pote.

    - Que veux-tu… À mon âge, on ne change pas, on empire.

    [à suivre]

  • 22 août 2005

    En ce lundi matin, les enfants du quartier ont retrouvé le chemin de l'école.

  • 21 août 2005

    En ce jour du 21 août, nous avons allumé le feu dans l'âtre...

  • Mi Buenos Aires Querido [3]

    - Tu ne trouves pas un peu dangereux de nous retrouver à la Viruta ? S’ils nous suivent, on les conduira tout droit vers Alicia.


    - Le samedi soir, la Viruta est probablement l’endroit le plus sûr pour nous. D’abord, il y a énormément de monde qui va danser le tango là-bas et en plus, la grande majorité des danseurs sont de notre côté. Tu le sais et Bisbal le sait aussi. Il n’osera pas envoyer ses sbires là-bas.


    - Peut-être. De toute façon, dans notre situation… Le Plan 4 a échoué, n’est-ce pas ? Nous devions nous regrouper dans un endroit secret et apparemment, ils savaient où nous attendre.


    - À moins qu’ils ne nous aient suivis. C’est possible. Il va falloir être de plus en plus vigilants.


    - Et s’il y avait eu une fuite ?


    - Un traître ?


    - …


    - Je n’y crois pas. Mais je pense qu’il va falloir faire gaffe à nos téléphones mobiles. Je vais demander à Jorge de nous trouver de nouvelles cartes à prépaiement non identifiables.


    - Bien sûr, saloperie de téléphone. Bisbal a dû nous placer sur écoute. Il a encore énormément d’amis dans la police. Hijo de puta.


    La nuit vint enfin. Ils n’avaient pas allumé la lumière, laissant l’appartement dans un noir presque total. L’obscurité les poussait à chuchoter pour se parler.


    - Écoute, je vais tenter un truc classique mais qui marche presque à tous les coups. Tiens-toi prête à partir.


    Voyant l’écran du téléphone d’Andrés s’illuminer, elle murmura à son tour, d’un ton de reproche.


    - On avait dit pas de téléphone !


    - Cette fois, ça fait partie du plan. Allo, le Commissariat de Quilmes ? Écoutez, c’est affligeant, il y a une voiture de dealers qui fait du racolage pratiquement devant notre porte depuis la tombée de la nuit. Ce quartier devient impossible. Vous n’envoyez donc jamais de patrouille par ici ? Comment ? Diagonal et Bolivar, juste après le restaurant. Une Ford noire. Ah, c’est vraiment gentil. Merci Monsieur l’agent.


    Quinze minutes plus tard, une voiture de police se plantait au beau milieu de la chaussée à la hauteur de la voiture postée en planque. Au même instant, Andrés et Laura, qui avaient attendu patiemment cet instant dans le hall d’entrée, quittaient tranquillement les lieux en remontant la rue dans le sens opposé au trafic.


    - Le temps qu’ils se dépatouillent du contrôle, nous serons loin. Mais ne traînons pas quand même !


    [à suivre]

  • Intermède ludique...

    ... dans un monde de brutes !

    Mes bonbons préférés :

     

    medium_lajaunie1.gif
    Le fameux cachou... 
    medium_lindor_noir.jpg
    Lindor noir
    medium_fisherman_friend.gif
    Fisherman's friend reglisse.
     
    Bises à Nina et Penglobe.

     

  • Mi Buenos Aires Querido [2]

    - Mais arrête donc de tourner en rond comme ça. Rien n’est encore sûr. Tu connais ta mère.

    Andrés essayait de calmer Laura, sans vraiment de succès. Ils n’avaient toujours pas de nouvelles d’Alicia ce qui rendait Laura de plus en plus nerveuse.


    - Laura, écoute-moi. D’accord, les anges de la mort sont revenus, mais il y a moins d’une semaine et rien n’indique qu’ils sont encore à notre recherche. Après leur dernière sortie, ils sont pratiquement grillés.


    - Je sais mais c’est tout un symbole. Et je n’aime pas ça. Ils me terrorisent. Et il nous a fallu pratiquement une semaine entière pour apprendre qu’ils étaient rentrés. Le réseau n’est pas sans failles.


    Les anges de la mort. Juan Antonio Guttierez et Claudia Luschini. Deux tueurs travaillant en couple, pour le compte d’un ancien tortionnaire des années noires de la dictature argentine, Mariano Torres Bisbal, maintenant entre les mains de la justice et dont le sort dépendait du procès prévu dans quatre semaines et du témoignage déterminant d’Alicia, unique témoin de ses exactions encore vivant.


    Les autres avaient été abattus, ou étaient morts dans des accidents peu probables, ce qui revenait au même, ou avaient simplement disparu sans laisser d’adresse. Nul ne savait vraiment quel avait été leur sort. Alicia et Laura leur avaient jusqu’ici miraculeusement échappé, grâce à leur sang-froid et à l’appui d’Andrés.


    - Es-tu sûr qu’elle est au courant ? Se souvient-elle du Plan 4 ?


    Ils avaient mis au point un code de conduite, numéroté de 1 à 6. Plan 1 : rien à signaler. Plan 2 : vigilance renforcée mais sans autres précautions particulières, la vie devait suivre son cours. Plan 3 : limitation des communications, des déplacements, contrôle des domiciles par des amis du réseau. Plan 4 : dans un premier temps, Alicia et Laura devaient être regroupées dans un lieu secret et sûr avant l’éventuel au niveau suivant. Plan 5 : mise au vert. Plus de contact avec le monde extérieur. Plan 6 : fuite vers l’étranger.


    Andrés allait répondre à Laura que le réseau avait été mis en branle pour informer Alicia et qu’elle n’allait pas tarder à se signaler lorsque son téléphone cellulaire sonna. Il décrocha et un large sourire éclaira aussitôt son visage, pour s’effacer presque instantanément.


    - OK. OK. De acuerdo. Chao.


    - Que se passe-t-il ? L’anxiété n’avait pas quitté le visage de Laura.


    - C’était Alicia. Tout va bien pour elle. Elle vient d’arriver à Quilmes. Elle a voulu nous rejoindre mais elle a remarqué que l’appartement est surveillé. Nous devons partir au plus vite. Elle nous attendra à la Viruta.


    Il ferait nuit dans deux heures. Ils décidèrent d’attendre. L’obscurité serait probablement leur meilleure alliée.


    Puisque le réseau n’avait pas réussi à les protéger.


    De toute évidence, Bisbal n’avait pas dit son dernier mot.


    [à suivre]

  • Mi Buenos Aires Querido

    Dix-huit mois s’étaient écoulés depuis leur retour mouvementé en Argentine et Laura Ana profitait de la douceur de l’été austral confortablement allongée sur une chaise longue au bord de la piscine du Club nautique de La Balandra, à une soixantaine de kilomètres au sud-ouest de Buenos Aires, au bord du Rio de la Plata, lorsque son téléphone cellulaire grésilla. Elle attrapa le combiné et décrocha dans le même geste.

     

    - Allo ?

    - Ils sont de retour au pays.

     

    L’appel qu’elle attendait et redoutait tout à la fois.

    Andrés n’eut même pas à lui expliquer de qui il s’agissait. Les anges de la mort[i]. Le nœud qui lui tenait les tripes depuis qu’elle avait retrouvé Alicia, sa mère, et pris conscience des dangers qui menaçaient leurs existences, venait de se resserrer d’un coup. Elle ressentit une brusque douleur qui l’obligea pratiquement à se plier en deux, tandis qu’une langue acide lui triturait l’estomac.

    La peur. Celle-là même qui avait poussé sa mère à la tenir à l’écart de sa vie pendant près de vingt-cinq ans, afin de la protéger.

     

    - Depuis quand ?

    - Une semaine. On les a vu vendredi à Ezeiza[ii] mais la nouvelle ne nous est parvenue que ce matin.

    - Merde, c’est long. Des nouvelles de maman ?

    - Non, justement. C’est pour ça que je t’appelais. J’ai parlé à Jorge. Elle a peut-être déjà reçu l’info. Elle a dû passer en plan 4.

    - Elle m’aurait appelée.

    - Pas sûr, elle ne t'a pas toujours tout dit, non ? On va vérifier de toute façon. Il vaut mieux que tu rentres à la capitale. Plan 4, OK ?

    - T'es pas marrant. OK, j' arrive.

     

    Elle faisait déjà son sac et malgré elle, commençait à regarder nerveusement les autres touristes autour de la piscine. La traque avait à nouveau commencé. Et elle faisait partie du gibier.

    Elle n' aimait pas du tout ce qu'elle pressentait. Où pouvait bien être Alicia ?

    [à suivre


    [ii] Aéroport international de Buenos Aires.

  • PF#45

    Nous ne forgeons pas nos vies. Ce sont bien elles qui nous façonnent.

  • PF#44

    Certes, plus on pédale moins vite, moins on avance plus rapidement. Mais qu'est-ce qui compte vraiment : la distance parcourue ou le temps passé sur le vélo ?