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  • Un nouveau rivage, Monsieur ?

    Oui, j’ai bercé mes phrases au rythme de mes maux, au milieu de mes nuits, tels des cris d’animaux, amis mots surgissaient, apaisaient mes sanglots, accompagnaient ma plainte et mes verres d’absinthe, de vieux vins, d’alcools forts qui m’aidaient à parler à l’ange de la mort.

    Ce n’était point mon corps mais bien plutôt mon âme qui souffrait à tel point qu’elle croyait le trépas la guetter le matin, le jour, le soir, la nuit, et chacun de ses pas, l’orgueil, l’amour, l’envie et tous les purs envols qui tissent une vie étaient épiés, pesés, pesants parfois, trop lourds toujours.

    Mais je sais à la vie aussi chanter ma foi, face au souffle du vent pleurer avec émoi, et devant une image inventer un voyage, et devant un regard, dessiner un espoir, et devant ton visage, créer un paysage, et lorsque vient le soir te bercer dans le noir.

    Demain vers d’autres cieux je vais courir, demain. Et mes yeux si curieux observeront sereins de quoi la vie est faite dans ces pays qu’on dit amoureux de la fête. São Paolo, Buenos Aires, espace Piazzolla, le pavé de San Telmo un soir m’accueillera, courte nuit de tango avant que le cargo m’emporte vers Bahia.

    Vois, ces rayons de soleil qui bronzent à Salvador, caressés par les vagues de mon bel Atlantique, j’y serai ce dimanche, autre nuit féerique, je penserez à vous car mon souffle est ici même quand mon corps fou s’envole dans la nuit.

    KroniK

    27 février 2005

  • Deux mois, Monsieur.

    L’âcre odeur du tabac imprègne mes doigts lourds et la douleur est là qui rappelle l’erreur : ce n’est pas une fête mais un réel poison qui envahit mon corps. Qu’importe ! Je l’oublie, le mêlant à l’alcool…

    Et ce sont des grands crus qui guident la faucheuse, cigares renommés, cognac de grand lignage, vers le havre glacé au sommet des montagnes ou je veille le soir les pas de ma compagne.

    Coupable ou bien victime ! Ivrogne ou dandy péremptoire qui, d’un rire et ses éclats croit chasser la Camarde ? Inconscient fugitif ou combattant nocturne, Epicure moderne ou triste sire esseulé ?

    Nous balançons souvent entre peine et envol, de page griffonnée en nuit blanche transie, d’écriture légère en souvenirs amers.

    Aujourd’hui j’ai choisi, c’est le noir qui l’emporte, car il est le vingt-six et cela fait deux mois que la vague parut, que l’océan s’ouvrit… et je constate bien seul ce jour anniversaire.

    La vague de l’oubli, Flavius, la vague de l’oubli…

    Deux mois. Qui pense à eux, là-bas ?

    KroniK

    26 février 2005

  • L’homme se meurt, Monsieur...

    Il se meurt dans sa grande chambre blanche, ses draps blancs, sa blanche tenue, immaculée. Digne successeur d’un Pierre que certains comme un saint considèrent alors que d’autres hésitent encore, à qui d’autres encore refusent ce statut. Statue, icône fragile d’un monde judéo-chrétien, il vacille, fils de Dieu fragile aussi, sur le piédestal de marbre au centre de Rome dressé, par les bacilles éprouvé.

    Au commencement était le verbe, ce verbe qui aux chrétiens montrait la voie ; sa voix perdue qu’adviendra-t-il du chemin de la chrétienté, de la croix ? Et sur le chemin de croix, l’homme affaibli, qui supportera le fardeau de nos péchés, pénitence en un vendredi saint, que le saint, éprouvé, ne pourra supporter ?

    Bénédiction il n’y aura pas, s’il n’y a voix, il n’y aura voie ? Eglise, clergé, tes calculs, vois-tu m’égarent, vois-tu épars, les restes nus de ta foi perdue ? Ma foi, je ne sais…

    Gorge tranchée ? Dis-moi, pourquoi ?

    KroniK

    25 février 2005


  • JP II

    Ce n'est qu'un homme après tout, pourquoi cette violence, cet orgueil ? D'hospitalisations successives en trachéotomie, n'est-ce pas là de l'acharnement théocratique ?

  • Un jeu que j'adorais autrefois...

    Nouveau volet... mais un peu moins géométrique tout en restant très intellectuel ! Va falloir faire travailler la mémoire, cette fois...

    À télécharger ici.

  • Une histoire de boîtes

    Poursuite de la semaine de promotion du jeu... Après avoir compté les moutons, comptez et rangez les boîtes.

    Téléchargez le tout en cliquant ici.

    Le niveau présenté est celui où j'ai le plus coincé... Si vous voulez démarrer plus soft, cliquez sur "Game", puis "Go to world..." et choisissez le niveau de votre choix (1 n'est pas un mauvaise idée).

    Le meilleur recevra un prix (encore à déterminer).

  • Un petit mouton

    Chers amis, cette semaine sera ludique. Nous allons commencer par vous donner un peu de compagnie.

    Un petit clic ici pour télécharger tout ça.

    Vous le sauvegardez bien au chaud et quand vous voulez un peu de compagnie, vous l'appelez !

  • C'est dimanche, Monsieur.

    Ma brune dort.

    Après le tourbillon de la milonga, les talons hauts, les joues fardées, les hommes cravatés au regard sombre, le rouge et le noir mêlés, tradition des couleurs de la nuit argentine, le corps aspire à la sérénité d’un matin neuf.

    Le chalet, lui-aussi, sommeille.

    Comme assoupi, il rit au chaton noir et blanc qui, téméraire, poursuit un merle, d’un bond accroche une branche en croyant happer sa proie et reçoit, ultime humiliation, mille frimas et flocons ouatés qui d’un coup se décrochent et chutent tout autour de lui dans un bâillement étouffé. Il s’enfuit en zigzags imprécis vers le havre des jambes de sa maîtresse.

    Je suis serein.

    Le café dans la tasse chauffe mes mains qui, paysan attablé au meuble massif d’une cuisine ancienne, me rappellent des souvenirs de campagne oubliée et d’origines enfouies dans nos mémoires citadines. Suis-je fils de marin, d’artisan, de laboureur ?

    L’incertitude ne me trouble pas.

    Comme le chat surpris par la neige, je m’ébroue, me lève, quitte mon siège face à l’alpe et au Mont-Blanc. J’ai pris ma décision.

    Je vais reprendre un café.

    KroniK
    20 février 2005

  • Quel voyage, Monsieur !

    J’ai parcouru la lande et les monts de Castille, j’ai plongé dans les vaux et le regard des filles, j’ai poursuivi plus loin jusqu’au port de Lisbonne, j’ai galopé vers l’Est, les Remblas, Barcelone. Ma monture a souffert de ma soif de voyages, de ma lutte sans fin, poursuite de mirages, Don Quichotte moderne, chemineau sans répit, ce fut enfin Florence, Livourne, l’Italie.

    Un jour ce fut le Nord qui m’attira soudain, je passai la Tamise puis je franchis le Rhin, je me nourris de chou, de frites, de harengs saurs, buvant de table en table, dans les bouges du port, des liqueurs nauséeuses qui me laissaient sans vie, étau contre mon crâne, ivre, esseulé, transi.

    Le désert m’attira, je connus Tataouine, l’oasis de Gabes, les bains chauds de Tozeur, près des moines soufis, l’inspiration divine, et au Café des Nattes, la nuit et ses moiteurs.

    Je me lassai soudain, m’enfuis vers le Bosphore, dans les rues d’Istanbul, gouttai au corps à corps des étreintes subtiles qui me semblaient venir du Sud et des rives du Nil.

    Johannesburg et le Cap, pour goûter à L’Indien, les baleines qui chantent leurs étranges refrains, puis Maurice et sa canne, les pluies de Curepipe, ces vieilles burinées, un cigare à la lippe. L’Orient m’invita, Séoul, Busan, Kyoto, le marché au poisson à l’aube dans Tokyo, la muraille de Chine, les statues impériales d’une armée décimée d’un moine général.

    Pourtant je ne suis rien qu’un gosse de Bayonne qui regarde la mer, le soleil qui rayonne et couvre l’horizon de ses yeux de lumière. J’ignore d’où vient ce souffle qui me pousse si loin et m’oblige à rechercher ces espaces lointains, par delà l’océan, les steppes et leurs mystères.

    Ce n’est pas une fuite, c’est peut-être une quête, et un jour je saurai bien quelles seront mes conquêtes. Un parfum, une fleur, le regard d’une brune, un ami, une sœur, un baiser sous la lune ?

    Je ne sais, je m’en fous, j’avance et puis c’est tout, sous le regard discret de Flavius mon fidèle, qui se moque de tout, et qui veille toujours, serviteur éternel.

    KroniK

    19 février 2005

  • Journée chargée

    Mmm... Ecrire et poster une belle note ne va pas être simple aujourd'hui.

    Tout d'abord je dois (clic !) si je veux ce soir pouvoir aller (clac !) dans la vallée ! Et je ne parler même pas du (reclic !) cet après-midi, je fais une croix dessus.

    KroniK
    19 février 2005

    Pour les endormis, les anti-sèches :
    clic - déneiger
    clac - danser
    reclic - rugby

  • Rappel à ceux qui n'étaient pas là au début de l'histoire...

    Avant toute chose, toute pensée, et peut-être un nouvel éloge, laissez-moi vous guider vers le début de l'histoire, sur le chemin tortueux qui guida sa main vers ma main...

    Flavius vous rappelle cette belle histoire : cliquez ici.

    KroniK
    18 février 2005

  • Enfin le retour, Monsieur !

    Ah, Flavius ! Que de ces retours la saveur est douce, que m’importent le froid, la neige et le brouillard, lorsque je sais que derrière le cinglant rideau de blizzard, m’attend cette étreinte, cette jolie frimousse, cette brune au cœur tendre et au regard plein d’espoir !

    Ah, Flavius, ils sont déjà loin, ces hommes aux complets sombres qui à chaque instant, cachés derrière les ombres de leurs brillantes carrières, froids, opaques et distants, prennent de grands airs de maîtres du monde, pauvres esclaves perdus sur les ondes du néant !

    Ah Flavius, pourtant, la route fut belle autour de la rue d’Antibes, de la Croisette et d’un Palais des Congrès pavoisé à l’envi. Ne m’as-tu point remarqué lorsque heureux comme un gamin qui au cirque foulerait la piste, je me glissais, fort d’un laissez-passer aux vertus exclusives, sourire au vent et rêve à l’âme, par l’entrée bénie qui est celle des Artistes ?

    Gamin je fus, je suis encore et longtemps resterai, ce cœur d’errant, regard d’enfant, aux quatre coins de la planète je traînerai. Mais sans relâche sur me pas retournerai, pour au Dryades, quand vient la nuit, ma brune retrouver.

    KroniK
    16 février 2005


  • Saint Valentin

    medium_bas05.jpgHier c'était la Saint Valentin et j'ai pensé à elle sous la lune si tant tellement fort qu'elle m'avait rejoint dans mes rêves au petit matin, ma brune.

    KroniK
    15 février 2005

  • Votre chapeau, Monsieur !

    Un diable vent du Ponant s’est abattu sur la Baie des Anges. Les belles sont décoiffées et, sur le pavé glamour de la Croisette, les jupes s’envolent, les chapeaux s’égayent et, à la terrasse d’un café huppé, les moustaches du chat maître des lieux, épis rebelles, l’obligent à s’ébrouer sans cesse.

    Il n’aime pas ça.

    Jouer avec la souris piégée, lui imposer ces mêmes tours que le vent fripon manie aujourd’hui à sa guise, voilà ce qui lui plaît. Mais que nenni. Cannes, concentré planétaire de technologies avancées en cette veille de congrès à la gloire de l’instrument léger que depuis quelques années nous ne cessons de porter à nos oreilles, fil invisible qui nous lie à ceux qui nous sont chers voire à ceux qui nous dominent, Cannes ne sait que faire du feu follet qui l’agite, courbe le dos, rentre le cou, attend son heure.

    Mais le temps presse.

    Dans quelques heures, strass et paillettes, symboles planétaires d’opulence, d’arrogante réussite, devront-ils s’harnacher pour éviter de terminer dans l’eau douce et salée qui clapote le long des yachts pavoisés aux couleurs du gratin mondial de l’industrie du mobile ?

    Je ne sais… mais ris sous cape. Un peu d’humilité, face à la nature déchaînée, ne saurait faire de mal ce soir à ces hommes d’affaires endimanchés.

    KroniK

    13 février 2005

  • Encore sur la route, Monsieur ?

    Foule agitée, des yeux inquiets, corps qui se frôlent, exaspérés. Sans cesse, des coudes jouer.

    C’est le départ.

    Ou le retour.

    Chassé-croisé. Vacances blanches sous la neige. Mais déjà on se presse, oubliée l’ivresse, la sérénité de ces nuits de calme que sur l’alpage on était venu chercher. La lutte reprend ses droits.

    Aéroport de Cointrin, froid et cohue.

    Et parmi tous ces regards qui se croisent, le mien aussi, qui cherche son chemin. Une fois de plus, me voici sur la route, ou plutôt dans les airs, bientôt.

    Mais ce ne sera que pour un saut de puce, quelques minutes d’angle sur la grande carte du ciel. Des pentes du Jura, j’ai glissé vers le lac, et l’oiseau de métal, suivant la chaîne alpine, ira juste un peu vers le Sud.

    Aéroport de Nice, douceur et calme.

    Je vais à peine un peu plus loin...

    Si au bout de la Croisette, je rencontrais ma brune, ce serait le bonheur. Hélas, je dois encore ce soir me contenter, ici à Cannes, d’un pincement au cœur…