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C'est dimanche, Monsieur.

Ma brune dort.

Après le tourbillon de la milonga, les talons hauts, les joues fardées, les hommes cravatés au regard sombre, le rouge et le noir mêlés, tradition des couleurs de la nuit argentine, le corps aspire à la sérénité d’un matin neuf.

Le chalet, lui-aussi, sommeille.

Comme assoupi, il rit au chaton noir et blanc qui, téméraire, poursuit un merle, d’un bond accroche une branche en croyant happer sa proie et reçoit, ultime humiliation, mille frimas et flocons ouatés qui d’un coup se décrochent et chutent tout autour de lui dans un bâillement étouffé. Il s’enfuit en zigzags imprécis vers le havre des jambes de sa maîtresse.

Je suis serein.

Le café dans la tasse chauffe mes mains qui, paysan attablé au meuble massif d’une cuisine ancienne, me rappellent des souvenirs de campagne oubliée et d’origines enfouies dans nos mémoires citadines. Suis-je fils de marin, d’artisan, de laboureur ?

L’incertitude ne me trouble pas.

Comme le chat surpris par la neige, je m’ébroue, me lève, quitte mon siège face à l’alpe et au Mont-Blanc. J’ai pris ma décision.

Je vais reprendre un café.

KroniK
20 février 2005

Commentaires

  • Magnifique maîtrise de la prose poétique !

  • Bel instant, dans une quiétude sereine.
    gardes moi un café, stp...j'arrive dans 15 jours...

  • Un instant hors du temps...

  • Image paisible, l'homme , le regard droit devant vers la lumière du petit matin(?) les dessins du bol dissimulés parces grandes mains , le café fumant , quel philtre!Mais ou sont ses racines? Quelle importance, le bonheur est là palpable.

  • :) coucou

  • " Il est posé, tout guilleret
    Dans le pré, le petit chalet.
    Tout de bois vêtu, il rosit
    Dès que le soleil vient pour lui.
     
    Un délicieux balcon enlace
    D’un air fripon et plein d’audace.
    Ce doux nid caché dans le pré,
    Attend qu’on vienne le trouver.. "

    "Quel calme si soudain
    Nous sert et nous étreint,
    On se demande inquiet,
    Où les bruits sont cachés... "

    "Sont-ils tous endormis ?
    Où se sont-ils tapis ?
    Guettant, prêts à bondir
    Si l’on vient à gémir ?

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