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Vous voici réfugié aux Dryades, Monsieur...

L'été fut long Flavius et l’automne éprouvant ; à l’entrée de l’hiver, mon âme, tout comme mon corps, lassée, a besoin d'une pause. Sans relâche ici, puis là, là-bas, ailleurs enfin, plus loin encore nous courûmes, poursuite de plaisirs, rencontre d'autres mondes, altérité surprise ou parents retrouvés, ou amis, ou proches, trop souvent délaissés dans le tiroir caché de notre infidèle mémoire, bien au chaud dans nos cœurs mais si loin, si loin… trop loin de l'étreinte de nos bras.

Il est ainsi venu le temps de la méditation solitaire. Projeter le passé sur l’écran des regrets ou suivre assidûment le fil de souvenirs tendres ? Construire sur les cendres un havre neuf et frais ou se griser d’un passé qui le danger estompe ?

Laisse-moi boire un verre, tu te souviens Flavius, de ce fameux cognac… Je vais souffler un peu puis, m’armant à nouveau de mon noueux makila, j’irai sur le chemin.

Qu'elle est longue la voie, ingrate et silencieuse, qui nous mène – peut-être ! –, à cette fuyante sagesse… Nous y aspirons pourtant. Mais qui peut prétendre ici connaître le secret d’une route sereine ? Entre la force de l'ennemi qui frappe et la faiblesse de l'ami qui déçoit, qui sait éviter les blessures, sourire sans lassitude, aimer demain encore comme il aima hier ?

Arzier, 20 décembre 2002

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